J30Ç4S
A B B R E G E
B B VJ R T
DES
ACCOÜCHEMENS
ms lequel où donne les précepte! néçeflaires
>ourJe mettre Heureiifement eil pratique!
On y a joint plujieurs Observations inter efantes
fur des cas fmguliers ,
Ouvrage très-utile aùx jeûnes Sàges^Femities ^ &
généralement a tous les Élèves en cet Art, qui
défirent de s’y rendre habiles . , .
èfOÜVÊLLE ÈDÏTÏÔNl
inrichie de Figures en Taille-douce enluminées.
,r Madame LE BOURSIER DU COUDRAY ,
Libraire, îrapri-
Chez PIERRE.
meur
M. DCC. LXIX.
Avec Approbation & Privilège dit Roi.
dans les campagnes Çutilité de ma Machine\
Vous achever^ ce que votre illuflre P rédécëjfeirr,
ré avait eu que ledems de commencer : nombre 1 .
\ cle Sujets bênijfent le Protecteur de 1 Art, qui
Us a préfervés de devenir les trijles victimes de\
T ignorance. Votre Nom , MONSEIGNEUR J
à la tete de ce Livre , ne fauroit donc ternir,
f éclat des elogeS que la pojlérité vous devra:
\îl n éjl pas moins glorieux de veiller a la con-\
fervation des Sujets de Sa Majejflé dans te fein
de fort Royaume , que d’éloigner de fis Fr on-',
tieres > & de détruire les ennemis de fes Etats ; j
, 1! un.a plus de rapport que Vautre aux fintimens.
[ dé humanité:, qui vous animent : votre cœur fi
fatisfait tous les jours a foulager les malheu¬
reux ^ '& les marques de bonté, qu ils en éprou¬
vent , donnent un prix, nouveau a vos bienfaits.
Je me repofe fur leur reconnoijfance du foin
de les publier , & f ajoute a un fentiment fem-
hlable -, Vaffurance du profond refpect avec L-
Votre très - humble , &.
très-ohéijfante firvante 9 \
Le Boursier du Coudra ré
J E n’entrerai pas dans un détail fort éten¬
du, fuf ce qui concerne l’Art des Accou-
çhemens; j’ayoue même qu’il me feront im-
poflible d y parvenir , à moins que je netranf-
crivilfe ce que tant d’Auteurs ont écrit fur.
çe fujet. Tpüt mon objet eft de renfermer,
en peu de mots les vrais principes de cet
Art, & de les préfentçr fous un point de
vue qui puiffe les faire comprendre par des
Femmes peu intelligentes. Combien y en a-
t-il de cette efpèce, qui fans prévoir aucune
fuite fâcheufe fe mêlent d’accoucher ? &
-combien de malheureufes ne deviennent-
I elles pa§ les vi&iînes de cette ignorance r
,La feule compaijion ip’a rendue Auteur., &c
n’écrivant point pour les perfonnes éclairées,
je ne fçaurois me rendre trop intelligible.
' Après avoir appris dans, la Capitale, l’Art
que je profefle,**& l’avoir exercé f efpace de
feize ans, mon fort me conduiiit en Province*
Pour répondre aux marques d’eflime que me
'donnoient ceux qui m’y avoient appellée ,
j’annonçai que j&. donnerpis volontiers mes
dont je rendis les jointures affez flexibles
Avant - Propos. vij ;
pour pouvoir le mettre dans des portions
différentes, un arrière - faix, avec les mem-j
branes, & la démonflration des eaux qu'elles'
renferment, le cordon ombilical compofé de
fes deux artères, & delà veine , laiffant une
|moitié flétrie, & l'autre gonflée, pour imiter
! en quelque forte le cordon d'un enfant mort,
:& celui d'un enfant vivant, auquel On ïentj
les battemens des vaiffeaux qui le compofentJ
j J'ajoutai le modèle de la tête d'un enfant:
féparé du tronc, dont les os du crâne pafi
foient les uns fur les autres; je crus qu'avec
une démonflration aufii fenfible , fi je ne pou-
jvois pas rendre ces femmes fort habiles, je
leur ferois du moins fentir la néceffité de de¬
mander du feçours affez tôt pour fauver la
mere & l'enfant; fecours dont les Villes ne
manquent pas; mais qui feroit très-née efla ire;
dans les Campagnes, où l’habileté d'un Chi¬
rurgien appellé trop tard , devient fouvent;
inutile , ne pouvant qu’être le fpeâateur de
deux vi&imes expirantes, pour lefquelles Ion;
art & fon zèle font alors infruèhieux. Ainfi
mon projet fut de faire conoître a ces femmes;
les divers dangers où leur incapacité expofe;
jla mere & l'enfant, de leur montrer la nécef-j
viij Avant-propos .
fité de procurer au plutôt le Baptême à ceux
qui font prêts à périr , & de conferver des
fiijets à l’Ëtat. J’ai raffemblé les diffétentés!
leçons qüe je donnais à lire , & je me hazardé
aujourd’hui de les. fairë imprimer ; ce qui efl
moins l’effet dé la pféfomption, que vingt
années d’expériencê aüioient pu m’infpirer,
que le defir de me rendre \ pat ce moyen,
plus utile, à nia Patrie : trop heuréüfë fi je
puis y parvenir. C’eftparcë jfiotif que j’ef-
pere obtenir de mis Leâëùrs la gtaêè. dê fiè !
point faire attention aux fautes qu’ils pour-;
ront rémarquer dans ma di&ion , loriqu’ellesj
n altéreront point le fens dei préceptes que je
donne à mes Élèves.
J’ayôue qu’en compofant les Leçofis que je, ;
leur donnais'à lire, je n’avois en vue que les
.Sages-Fënimes de la campagne ; mais ayant
fait réfléxion que ces Leçons pourraient paffer
èntrelés mains de pérfonnes plus intelligentes','
par conféquent füfceptibîes d’une infiruilion \
plus étendue, j’ai crû que fans rien changer
à l’ordre que j’avois donné à ces préceptes ,
je devoïs ÿ ajouter quelques remarques par¬
ticulièrespoiir les faire lire avec plus de fa-
tisfa&ion & en même tèms plus de fruitl
Chargée
Chargée par ordre du. Roi, & comblé#';
dé les bienfaits, pour iîiftrulrë ; à l’aidé ’dé‘
iâ MaEfelne-rjue j’ai'imaginée, les. iemihes 6c'
hiles oui fe deiiinent à cét état*$ iur tout dan|
les Campagnes , j’ajoaîte à ma fecéïîdè Édb,
lion ? des Planches qui puifeit ia|âpelfe A'
unes . Elevés mes mentes démm^firwÿon&gM^
pour pouvoir leur rendre ë né ors plué {emi- :
Mes , Je iesr al fait enlumiheri --pQtlr - èmedes
différentes couleurs.àcaÀflehEuAp de-clarté
ionnes qüi
s ia connoillanî
mation
Mairie
V ^ ^ # ^ ^ * Sa * « ? ^ ¥ tt * Iflf
L ’Auteur fait fentir dans Ton Avant-Pro¬
pos , qu elle n’a pas eu feulement pour!
objet rinftruûion des Sages-Femmes de la !
campagne , mais aufli celle de toutes les per-
jfonnes qui voudront embraffer l’Art des Ae-
jcouchemens. C’ed pour répondre à ce zèle
•pour le bien public, *que l’on a jugé à pro- !
|pos de placer ici des Notes particulières fur
quelques endroits de FOuvrage 5 & d j join-;
dre quelques Obfervations intéreifantes qui
A B B R É G É
D E r A R T
DES ACCOUGHEMENS,
Des qualités requijes aux Femmes qui
de (li tient à i Art des A±c couche mens.
'ÿgcgj g? h H h 1 K £ h S de notre Religion 9 !
~|P |ÿ- nous ne devons pas ignorer quelle!
ffilpWk nous oblige à exercer avec honneur!
l’état que nous avons choifi ; mais;
puifque dans quelque profeffion que ce foit 5 |
ion doit y faire de bonnes œuvres, nous!
n’aurons là-deffus rien à nous reprocher
Ci nous pratiquons celles que notre Art nous
met à portée de faire par nos veilles & nos
foins pour les pauvres femmes qui ont befoin
de notre fecours. Nous fatisfaifons au Com¬
mandement d’aimer Dieu dans fes mem¬
bres, & nous devons nous empreffer de les
foulager, & de leur donner même la préfé¬
rence fur celles qui par leurs rieheffes
'■% Abhrêgé de 1 Art
font moins exgofçês à périr faute de foire
;Àinfi nefaifcms point acheter à ces pauvres 1 1
dhalheureufes nos fervices, en les obligeant '
; de mauvaife- grâce , & avec un air dur. Ne'
nous impatientons pas de la longueur de leur
travail ; raffurons - les fur la Çtqinte qu'elles 1 .:
‘6 fit fpüvent qùe nous les abandonnions pour’
j aller fecourir celles qui font plus fortunées.;
I Ceft une allarme qui augmente leur peine ;
|êUès ne ientent que trop , que ce n’eft point ï
{intérêt qui nous fixe auprès d'elles, n’atten¬
dant que de notre charité les fecours qui leur;
font néceffaires. Calmons leurs inquiétudes J ;
compatifidns à leur fituatiori '; c’efl. le feui
moyen- de les confoler : fouirons mille in-; :
| commodités & tous les dégoûts ■ que l’on; [■
trouve-dans leurs chaumières ; la:renom-:j
penfê que Dieu, y a-attachée 9 doit nous don-;
j'ner la. force-ôt-le ^courage de les fupperterJ
^Gardons-nous bien-/ ceque je n’ai vu .quel
jptrop feuvcnf 5 les femmes étant dans les der-j
i uiéf es douleurs 5 l’enfanî au paffage f de;
les abandonner, inhumainement pour 'courirj
au fecoùrs de quelqu autre plus en état de'
I;payer -nos-ioîns ; c efi un crime affreux lansj
I doute. Mais, de - quel: ppurrois-je* caraÇ-
des Accauchemêm. >|
Itérifei ceux qui pour ne pas abandonner la|
ifemme, & pour s’en défiarraffer prompte-''
ment 3 accélèrent l’aGCoiicïtemeut; §€ . vfolend
lient 4a mere & l’enfant , fans rougir d’être;
[la cauie de la mort prochaine de deux-
fortunés, que leur obfeufiîé empêche defe-j;'■
jgrettér. Mais que faifons *- nous ? Ignorpns-j
| nous que ces deux vi£limes ^éfoienî' ehered
iaux yeux de Dieu, utiles à leur famille, & :
||néceifairês, à l’état ? G’éîoit un dépôt qui nôps ;
jiavoit été confié. Pouvons-nous, en iêâfkeri?;
[fiant à un vil intérêt, ne pas trembler for le [
[compte exaQ: que nous en rendrons un jour
à celui qui leur a voit donné l’être,
! On commet un autre crime dont orucher-;
I ché vainement à fe juftifier par des fophifines [
auxquels on donne l’apparence de la vertu ai
on refule tout fieçours à une fille qui a cellej
de l’être, & qui donne les marques de maf
ternité ; on l’abandonne , on la réduit au. déd!
fefpoîr; on la détermine fou veut , faute de. j
| confiance & de confolation , à donner la mort- \
| à. un.innocent, que le crime de fa mère-ne; 1
l'doit pas rendre indigne de nos foins. Il; femqj
|;ble que dans les petits endroits a ces bonnes|
j.gens fe çroyent des .élus du Ciel;,.qpptp mejj
4 Abbrégé de F-An
rien biffer à la vengeance divine , s’imaginant
que c’eif participer au crime, que defoula-
ger les criminels ; mais le zele, la charité &
la prudence s qui animent es femmes qui fe
■ deitinenî à l'Art des Âccouchemens, doivent
leur faire méprifer des préjugés fi contraires
à la religion & à l'humanité, & les porter à
donner à ces infortunées tous les fecours que
leur fituation exige.
H devrait être inutile de recommender
aux femmes de ne jamais fe prendre devin;
mais les Accoucheufes font obligées d j faire-
plus d'attention que d’autres, fe trouvant dans 1
le cas d’être appellées à toute heure, &dV'
voir la tête faine , afin de ne point expofer■
la mere ni l’enfant à quelque danger. Mais fi
les bonnes mœurs font néceffaires à la femme
qui fe ddtine à l’Art des Accouchemens ,
pour fe concilier l’effime de celles qui auront;
befoin de fon miniifere, il lui ëfl eflentiel auf !
fi , pour mériter leur confiance , êr pour na-,
:Voir rien à fe reprocher far les mauvais fuc-j
!eès qui pourraient lui arriver dans le cours;!
H de la pratique, de s’inflruire des chofes efen*
jjtîelles à fa profeffion , c’efl - à - dire, de con-i
jjtiokre les parties du corps humain , ou du
'moins celles qui ont rapport a îaecoucne-
'ment, & d’avoir une connoiffance fuffifante , 1
(tant de la théorie que de la pratique de fon-
|Art, ce quelle pourra acquérir i°. par la !
Jeâure réfléchie des bons Livres, qui en
renferment les préceptes ; en voyant tra¬
vailler des personnes habiles ; 3 0 . en s’exer¬
çant foi - meme ; & enfin en affiliant , autant
qu’il lui fera poffible , aux difle£lions anaîo-j
iniques, . |
j Je n’a vois connu que des malheurs caufés
par l’ignorance des Sages-femmes de campa-
| gne * & j’avois tâché , comme on le voit, dé
les engager de . s’inflruire, ôt à fe conduire'
avec plus de charité; mais ma miffionm’ap-'
prend tous les jours combien il périt d’enfans
après être fortis du fein de leur mere, par le
manque de foin; premièrement de îa part de
la Sage-femme & par la fuite de celle des
Nourrices, ce qui m’engage d’entrer dans un-
plus grand détail.
| Lorfque l’enfant vient au monde trop foi-
.ble & fans aucun mouvement, ces Femmes fe
^hâtent de Fenvelopper dans un chifon ,Tex~|
’pofent par terre dans un des coins de la cham¬
bre le plus reculé, pour éviter à la mere ce
% -jtbhri '0 éc 1 Art
M&é fpeàacîe : ion ne pèut douter qu il sert
lêâtetrè de tons- viva-ns., & toujours maibeu-
jfeufefrtèîit értècrtë. farts Baptême > témoins
]îei quaîfe qui eüffèht été facrifîës ^ êê à qui
fpetB : !e bonheur de fendre là vie de les;
: fàire b&ptifèf à FEglHe, Je trouvai un de eës
fêrtfans I qui ürt eMen- avoit déjà mange un
jdoigt des pieds ÿ -farté- que péflbnne s’en fut
àppëfçti- fort lent cPnifeiett dette rtégËgence
eft douloureufe à l’humanité; on trouvera au
jêhapiffë quatorzième la. manière dont if faut
ifecôufir F ârtfaiit5 <êt où verra quit ne faut jà
[maià : l^aBtüdqrtrtëf que Fort rte : fort.bien ton
'Vàirteu defa--morrt
Âpfês fdrts : ees ; ;î&mf 9 s’d ■revient à la vie
Ôu qu’il naît riért éfairtt pouf Ia : pëfdrëy h
(Sage-femme fur - font dans dès Paroiffe de
(campagne -, fera. avertir Monfiréur- lé Gare
(afin dé ÿaffdrèf de l’heufè du Baptême * fautei|
ide nette ' pféèâùfion_, il arriver! foüvertt qrt’tKf |
l'Curé occupé à la vifite de les-malades ou àj
fes propres- affaires- -, fè tfouvèfa-abfênt dans!
Je terni tjdèTort aura porté Fénfant-a -FEgfiféÿj
Pet mèértvénienr Fexpofe aux: rigueurs- de la
tfaifort 5 quelques fois pendant piufiëufs heiïp
jfes , 6ë déifia fa-fanté : : à quel danger 1 enfant;
des Accouchemens. J
feroit-il pas expoie, fi ceux qui âccompa-
ent le Baptême, s’arrêtaient à boire, & en¬
voient la Sage-femme à en faire autant.
Ï1 j a ordinairement du danger à porter les
fur-tout
i Baptême pendant la nuit
’aroiffes de la campagne ; les mauvai si
les foffés,les planches, lesfaüîoirs, les!
les mauvais tems , les rencontres des!
&c. tous ces inconvéniens, defquels j
;on ne peut fe parer en plein jour i ne per-
Imettenî pas que l’on y expofe pendant la
[huit un dépôt fi précieux, un faux pas de
celui ou celle qui porte Fenfant, peut lui
Ijfaire perdre, la vie fans Baptême ; on peut lui'
donner dans la maifon fous condition ; auffij
voit-on des Paffeurs Pages qui défendent d’a¬
mener à FEglife Fenfant lorfquil eff nuit*
! Il eft encore du devoir d’une Sage-femme’
d’avoir foin pendant l’hiver de recommander |
aux Clercs de la ParoiiTe de chauffer tant fok
.peu l’eau des Fonds , de forte quelle lait un;
peu tiede , faute de cette précaution, l’en-1
jfant pourroit s’enrhumer, il pourroit même
js’enluivre des infirmités qui le conduiroienP
à la mort. ;
j Quand une Sage-femme propofe Fenfant
;cmens
8 Abbrcgé de l'Art
pour îë Baptême , elle doit détacher Pépin-
pie du bonnet de deffous le menton, & ne
point arrêter le maillot deffous le col, afin
.de faciliter léls bnêfions qui fe font fur la
'poitrine & entre les deux épaules.
| Quand elle préfente Fenfant au Baptême,
|il faut quelle rétende le long du bras gau-
lehe , en foutenant de la main la tête tant foit
!peu penchée far la poitrine, enforte que la
tête foit un peu plus haute que les pieds
Il fè trouve des femmes fi embarraffées,
quelles présentent Fenfant des deux mains
; & par les épaules : cette attitude eft fi vio¬
lente pour lui j qu’il en devient fur le champ
tout violet , parce qu’il n’a pas la force de
feutenir fa tête : je dois tout ce détail à des
Curés, qui, pénétrés de fentimens d’humani¬
té, m’ont prié d’en inftruirè mes Eleves.
C’efi: par cette cbnfidération que Meilleurs
les Curés confenîent volontiers que les Pa-
rains & les Maraines fe contentent de toucher
Fenfant quand on le fsréléntè au Baptême ,
ët Regardent commë^propre aux Sages-fem¬
mes d’avoir toutes les attentions : ces Met
fieurs favent aufix tous de quelle cohfequence
il eft de ne pas verfer l’eau de trop haut , com-
J + ÿ&b — des Accouchement. 9
Ifne auffi de trop appuyer fur la future du
crâne de l'enfant dans Fonôion, du Saint
Chrême. |
| Les Sages-femmes doivent encore s’inté-
reffer à ce que les Accouchées ne fa-ffent leur ,
première fqrtie pour venir à FEglife avant:
qu’elles foient bien remifes : on ne fauroiî I
comprendre combien ces pauvres femmes;
contraient d’infirmités à leur première for-1
tie dans des tems de pluye ou de froid, ou !
par la lailitude à caufe de la longueur duché- j
min 9 ou enfin à caufe du fcrupuie quelles fe
font de prendre quelques nourritures avant
'que d’avoir entendu la Meffe.
Les Nourrices * celles même qui ne font!
pas meres, s’attachent naturellement à leurs,
nourriiTons, celles qui les 1 aillent fouffrir,
quand elles peuvent les foulager font des
monftres de nature : que les Nourrices n’ou¬
blient donc jamais que les plus précieux tré.-i
fors que l’on puilTe confier, efr entre leurs
mains, & que la religion, F humanki ê^Thon-l
neur exigent tous leurs foins pour la confer-1
vaüon de ce dépôt. 1
L’Eglife défend aux Nourrices de mettre j
leurs enfans avec elles dans le lit, avant qu’ils |
jo Abbrègé de l'Art
ayenî atteint une année complette. NoffeiJ
gneuxs les Evêques en font communément!
un cas réfervé, fur-tout lorfque les Nourri-!
: ces s’endorment pendant ce tems-là : j’ai oui*
dire bien de fois a des fages Payeurs 5 que!
le nombre des enfans étouffés à caufe de cette!
indifcrétion , eff plus grand qu’on ne penfe^
on en reeonnoît facilement le danger.
En effet, fi la Nourrice met l’enfant à côté|
d’elle, elle fe met de côté pour l’alaiter ; le!
chatouillement du nourriffon Fa fait bientôt!
fommeiller, elle penche infenfiblement vers
luis elle s endort, l’enfant n’a pas la force
pour fe défendre ni pour la réveiller, il étouffe.
Une Nourrice plus courageufe s’allied fur
fon lit avec l’enfant entre fes bras, mais il!
n y a pas plus de sûreté % la Nourrice fom-j
meiflera également bientôt, en fomm alliant
elle craint que l’enfant ne lui échappe, dans
cette crainte, elle le ferre un peu plus, l’en¬
fant- plus ferre fe débat, la Nourric e roui ours 1 '
dans lâ même prévention, le ferre encore da¬
vantage , enfin elle s’endort, l’enfant eff trop!
ferré à la mamelle , il ne peut ni crier ni fé
; débattre , la Nourrice à fon réveil trouve Fem
iz Ablrégl de F Art
habitude en fuivant cette pratique; d’ailleurs
les Nourrices par ce moyen pourront dormir
[plus tranquillement, leur lait ne fera point vi-
cié par les infomnies , elles ne feront plusex-
pofées au froid de la nuit, ni par conséquent
aux douleurs & aux maladies qui en font la
fuite-. . . I
[ J’ai vu un ufage bien louable dans le Dio-
cèfe du Bugey ; Mrs. les Curés cfioidffent
,!ün jour de Fête dans la belle faiîon pour in- 1
^viter-les Nourrices à apporter leurs enfans a
i’Eglife ; quand elles y font alfemblées le
Curé leur repréfente patétiquementie prix du;
, tréfor qu’elles ont entre les bras, le foin quel- j
[ les doivent en ayoir, les
précautions qu elles
| ont à prendre pour le conferver, le mérite
qu’il y a dans tout cela, la récompenfe qu el¬
les en ont à efperer dans cette vie & dans Tau
jtre ; enfuiîe il donne la bénédiâion à ces en-
ifans dans la forme prefcrite au Manuel de. ce
iDiocèfeo
| Combien d’enfans morts gu eftropiés par
la négligence de leurs Nourrices ? Il efl bien
malheureux que l’Etat perde tant de fujets ;
-mais il lui en relié encore un nombre 3 qui
: par la fuite ne peut que lui devenir à charge :
des Accouchemens . 1f j
ce font les imbéciles, les punais, les fourds ;
comme l’enfant qui vient de naître n’eftencore ■
qu’une cire molle, fufceptible , à ce que l’on
|croit, de pouvoir être pétrie à fon gré, l’on
[veut que ce foit à une Sage-Femme à réparer
les défauts de la nature, en réformant la tête
■del’enfant, pour la lui rendre plus ronde, de
lui faire aulli un nez plus petit & plus agréable.
Ce malheureux préjugé eft de tous les Païs,
& les Sages-Femmes nont garde d’y man¬
quer ; les prieras même de la mere , & les
reproches qu’elle feroit dans la fuite, & la <
tête de fon enfant étoit trop longue, large cm
trop greffe, les rend très-exaûes à cetùlage:
il eft aifé de penfer avec quelle violence cette
manœuvre fe pratique. J’en ai vu ne furvi-
vre que quelques jours après, & d’autresref
ter infirmes pour toujours , d’autres auffi ne
pouvoir refpirer pour avoir les os du nez'
trop refferrés. Mais pour corriger cet abus, 1
il faudroit que les meres dommençaffent les
premières à devenir raifonnables fur cet arti-j
cle-là, quelles fuffentbien convaincues quel¬
les participent par am our de mere à la perte &j
aux infirmités d’un bien qui leur eilfi cher, j
L A Matrice:, que Ton fçait être Forgane
principal de la génération, efl:un vifcère
creux, fitué au bas du ventre, dans cette cavité;
que Ton nomme le Bajjln , entre la veffie ,qui
eft placée en devant, & Finreitm rectum , vul¬
gairement'' appellé le gros boyau , qui eft par
derrière; Fun & l'autre lui fervent comme de
! couffin, Sx la garantiffenî des impreffions aux¬
quelles elle fe trouve expofée de la part des
jos voifins. Ces os lui fervent de rempart dans
lies accidéns auxquels la femme eft expofée ;
tels que font les chutes , les coups, &c.
Le baffin eft fait par deux grands os y dits
innominés , qui s'uniffent par devant, & fe joi¬
gnent par derrière à Fos facrum , qui achevej
jde former cette cavité. Chaque os innommé
ieft çompofé de trois piéces> qui font déparées
■S hanches, les
CeOe première^figure représente le Bassin pendu en avant
Pour/aire apercevoir la distance cpù se trouve entre les Os
Pubis A, et le Coccic BC, l'Os sacrum DD, les Os des illes EE, les
Os Ichions FF, les deux trous Ovalaires GG, les cavités Cotdcides HH,
Les échancrures des Os de,s illes aidant affermer Us trous Ciadc/ues
i deux os pubis, vulgairement appelles os bar¬
rés * fe joignent par devant, & c’efl à ces deux!
P os que la partie de la femme répond. L'os
façrum çil i itué au bas des reins , & forme la!
ipartie po&érieure du baffin : il eû joint à un’
'autre os, qui fe termine en pointe ; on le nom¬
me coccyx , & vulgairement le croupion. La
Ifoupleffe des ligamens qui l’attachent à Vos
|facrum 5 lui permet de fe porter en arriéré ;
^ce qui facilite la fortie du fétus , & la femme
relient quelquefois dans cet endroit une vive
douleur , par lextention confidérable de ces
ligamens.
| Â l’égard des os Ifchion y qui forment la'
Ipartie inférieure du baffin 9 en inlmuant le
doigt indice, dans le conduit appellé vagin y
on les fent de chaque côté. L'efpace que ces
deux oslaiflent entr'eux , : efl pour l'ordinaire'
allez large , pour donner à l’enfant la liberté
; de pafTer. Mais lorfque ces os fe trouvent
: trop rapprochés, c'eft un vice de conforma -\
ption d’autant plus dangereux pour i enfant J
1» n .. .___ J. i_ /_i
Ï6 A'bbrégè de TArt
mier enfant ; car lorfqu'elle en a déjà eu, & !
quelle en a porté à terme , on ne doit pas 1
craindre que ces os fe foient rapprochés :!
cependant fx l'enfant étôit monflrueux par feu
volume , pour lors le peu d’étendue du petit
baffin rendrait l'accouchement très-difficile,
pour ne pas dire impoffible, & ce ferait vai¬
nement que Ton atîéndroit que ces os fê fé-
paraffent pour biffer un paffage
fant, préjugé dont on ne peut gin
revenir les Àccoucheufes non *
attendent avec
libre à len :
Ires faire
infimités. Elles
fécurité pendant plufieur s j ours
auprès d'une femm<
pour faciliter la forîie de l'enfan
fouyent dans les cam-
s que ces os fe Réparent,!
t^yCette er¬
reur ne. cauie que trop
pagnes la mort à un nombre infini de.femmes:
& d’enfans. " j
La figure particulière de la matrice , qui;
approche de celle d'une poire un peu applatîe,1
tant à fa partie antérieure qub la poilérieure,!
y a fait diflinguer un corps & un col : elle
fe trouve attachée en devant par foncolyou
don étroite , à la veffie, & par der-
riiiteflin rectum ; elle efl outre cela at-
aux parties voifines par quatre liga-
deux à droite & deux
à gauche y ils
[mens
pi. ir e
Gîte second.- fi.nue fait voir le Bassin et /a matrice avec lentes
S es dépendances dans la situation naturelle ainsi/ ijue la vessi/ et lin —
leslin rectum A le corps de la matrice B son orifice a l'extrenuk de sen
toi CC ses trompes DV les Ovaires T,P tes morceaux Ji'anefces FF
les deux Lfaaments larcjes GG les deux Lijamtnts ronds avec la patte dCi/c a
leurs extrémités IJ ta partie supérieure de lIntestin rectum I sa partie inférieure ou
Anus K la vessie L son col avec le méat uruuurc a son extrémité
P C/iapparrs
des Àccouçhemens. XJ !
font diftingüés en larges & en' ronds.
. Les iigamens larges ne font que des replis
membraneux, qui après avoir couvert la ma¬
rrie e s s’attachent aux régions iliaques & lom¬
baires où Ils é fe terminent dans le voifinage
j des reins. •.=
| Les Iigamens ronds nalfient des parties la¬
térales & fupérieilres de la matrice , defcen-
j'dent vers les ouvertures dès mufcles du bàs-
! ventre, appellées anneaux , par où ils paflent,
| & vont.fe terminer en fe divifant en forme.
Lde patte d’oie, à la partie antérieure &- ftrpé~j
prieure des ctiilFes.
| ; Les Iigamens larges & les ronds fervent à
affujettir la matrice dans fa fituation naturelle,
fans s’oppofer néanmoins à l’extenfion confi-
dérabie.. quelle acquiert pendant la grofïefîe;'
les douleurs que les femmes refîentent vers,
la fin dans les aines & aux cuiffes , ontpourj
caufe les îiraillemens que les Iigamens ronds|
J reçoivent alors, à mefure que le volume de^
j; la matrice augmente.
Quoique la matrice foit rétehüe. de tous les
| côtés, au moyen de fies Iigamens , elle fe dé¬
place néanmoins quelquefois, fies Iigamens
•pouvant prêter, 6ç ainfi ocçafionner les ablh
Ab b régi de l’Art
quités, fa chute & fon renverfertient. Les
mouvemans convulfifs dont elle eft fuieepti-!
ble , en font une preuve , puifqu elle
& defcend alors d une maniéré afe&fenûblej
La matrice eft compofee dune- iuMance;
membraneufe & mufcuîeufe, qui lui permet
de fe dilater ôjt de fe refFeffet plus ou moins 3
fuivant le volume de ce qui eft renfermé dans
fâ cavité- Le fônd ou le corps de' la matrice
L Extrémité du col de la matrice eft em
braffée par un conduit en partie charnu 3
\ & en partie membraneux * qui a environ cinq
l'àrftx pouces de longueur: il eft finie cblL|
des Accouchemens. 19
quement de bas en haut. Ce conduit appelle
vagin , efl capable de fe dilater & de îerefi-j
ferrer. L’orifice de la matrice qui répond dans!
ce conduit, laifie couler en certains tems lesi
Imenftrues ou réglés, & reçoit auffi dans- les
■approches la femence du mâle pour lagcné-j
ration. ^
Cette ouverture eff capable d’une I
grande dilatation, puifqu’elle permet la fortie !
ja.--.-/rù»!
du fétus & du placenta , &c. On la nomme affez
■communément Xorifice interne de la matrice .
jj L’entrée du vagin ou fon ouverture exté¬
rieure^ beaucoup plus d’étendue dans les
femmes qui ont eu beaucoup d’enfans , que
dans celles qui n’en ont point eu, ou qui en
ont eu feulement un ou deux. Cette ouverture
eff affez étroite dans les filles ; elle y eff fer¬
mée en partie par un cercle charnu & mem¬
braneux. C’eff ce cercle que l’on nomme hy-
\rnen . Au lieu de ce cercle,, on rencontre dans
Iles femmes qui ont été meres , & même dans
Icelles qui ne Font pas été, mais qui ont foufi
jfert les approches du mâle, trois ou quatre
jbouîons charnus , connus fous le nom de ca¬
roncules my rtkifiormes , qui font formés par
le déchirement que le cercle ou Fhymen a’
fouifert dans les approches eu dans Fintro-
2ô - Àbbrégè de /’Art
du&ioîï trn peu forcée de quelque Corps dans
ce. conduit : d’où ion doit conclure que fr
rintégrité: de ce cercle dans une fille neffi
pas une preùye r afefolue de fa fagéffe, elle doit
du'Moins; faire, préfaier avantageufement
pour la fille en qui elfe fe trouve*
Le vagin eft joint ; adeux autres conduits.-
Fun placé en devant, & f autre fitûe ' en are
riefe. L’ouverture de celui-ci appelle .anïisÿ
répond à FiriîefHn rectum. Le conduit anté-i
rieur nommé urèthre 5 :eft la continuation du
col de la veflie ? fituée immédiatement der¬
rière les os pubis. L’orifice de ce conduit'
! connu fous le nom de méat urinaire, donne]
ifiue à l’urine que la Veille fournit.
L’on fçait que pour découvrir l’entrée du
i;vagin & l’ouverture de luréthre, il faut ë.car-
; ter deux replis formés par la peau, qu’on nom-
; me les grandes levres 5 pour les diiringuer de
: deux autres qui ont moins d'étendue, & qu’on
appelle les petites levres ou les .* nymphes.
Celles-ci fe portent obliquement. de bas en
haut pouf aller s’unir l’une à l’autre ; imfflé-
[diat ement au-deflbus de leur union fe yôk !
lune éminence charnue ? qui a quelque rapport
à un grain de grofeille, Onia nomme le gland
des Accouchemens . .21
du clitoris , qui eft un corps caché fous la
.peau , attaché aux os pubis , & dont la druc-
tute ed prefque la même que celle de la par¬
tie de l’homme. Au-deffous du gland du cli¬
toris fe découvre le méat urinaire.
Les grandes lèvres fe joignent par leur par¬
tie inférieure, &’ leur union fe nomme la
fourcheùerAébpjz e qui ed au-de flous, & qui
fe termine à Fanus , ed connu fous le nom de
périnée ^.dont l’étendue diminue par les fré-
Iquens ajccouchemensj & fe détruit quelque-
! fois par c eux qui font- laborieux. ^
j Mais outre l’orifice de la matrice, qui fé
prouve dans le vagin , elle a encore deux au¬
tres ouvertures très-petites s . dtué es a ies par¬
ties latérales & fupérieures.. Elles répondent
chacune à un conduit particulier, dont la ça-
ivité va toujours en augmentant à mefure qu’il
2,2. Abbregé de U Art
ries latérales de la matrice , k laquelle ils font
(attachés par un ligament arrondi, qui a peu
dé longueur. La membrane qui couvre Fq.
vaire étant divlfée , on découvre un tiiTu lpon-j
igieux, dans lequel fe rencontrent de petites^
jvéficules remplies dune humeur claire. On
[regarde affez communément ces viëficules j
comme autant de petits œufs defiirrés à la gé¬
nération.
C H A P I T R E I V.
De la Génération de l'Homme .
E Ntre -les divers fent-mrens qui partagent
les Auteurs .fur/cette importante opéra - 1
don de la nature, le plus vraifemblabie eft
celui où l’on veut que l’homme & tous les
-animaux-, tant oviparesque yjvipares * 5 ti¬
rent leur origine d’un œuf, & que de mêmé
‘que dans l’œuf fécond dune poule , toutes
| * On nomme ov/pare^ceux .qui mettent dêh.ors leurs germes.',
'que-le temps &’îa'châleur font éclore. Le germe avéc la nourri¬
ture qui y eft attachée, & fes enveloppes forment l’œuf. Les
vivipares au contraire confervent leurs germes un allez long¬
temps dans la matrice pour en développer toutes les parties , de
forte qu’ils donnent naiilance à. des animaux vivans, ce qui les a
lait nommer vivipares.
valre par la femenee du mâle , s'en détache , j
qu'il eft reçu enfuite par le pavillon de ]a|
trompe, & que continuant fà route par ce-
conduit, il va fe rendre dans la matrice^ où
il fe développe, & produit ainfi le fétus , lej
placenta & fes membranes, comme je le dirai j
ci-après, . . . j
Quoique la matrice foit le Heu où l’œuf;
>e. ordinairement^
éclorre dans l’os-
me ; d’antres fois dans la trompe , &
1 '_ 1.1 3 . _' IX M 1.1. .
[qui a ete fécondé te develop
on a vu néanmoins cet œui
ivalre même %*'
enfin dans la capacité du ventre où il étoit tom»
extraordinaires font or-
le fétus qui §n eû Je!
le nam-;
générations
dinairement mortelles , 1
produit , ne pouvant fortir par la jgb
2,4; Ah b régi de l'Art
, <KX><><XKKX:<XKXX XKKXXKKKXXKKXXXXXKX
CHAPITRE Y.
Du Fétus 5 du Placenta , du Cordon ombiüé
cal , <&c.
L ’QEuf fécondé qui eft.pafle dans la matri¬
ce, produit par fon développement, non!
feulement le fétus, le placenta & le cordon,
mais encore les membranes & les eaux-qu el¬
les contiennent.
Le placenta ou farriere-faix eft une maffe
charnue & fpongieufe, formée de l’entrelaf-
îfement dune infinité de val (Te aux, tant artèfi
jres que veines. Le placenta efl arrondi dans;
fe circonférence, il a deux faces, i’une plane,!
:& .l’autre un peu convexe. Ceft par cette der*
niere face, que le placenta efe attaché à la
;maîrice. La face plane efe couverte de deux
: membranes unies lune à fautre ; elles for-
itnent: une.. efpece de fac qui renferme non 1
feulement le fétus, mais suffi fon cordon
Iles eaux dans lefquelles il flotte pendant fon
I féjour dans la matrice.
jjj La plus extérieure de ces membranes, fe
|lnomme Chorion , & la feconde Amnios . La
des Accouchemem. a.5
un peu épailfe , & parfemée de
v aideaux. La fec ondeeft très-
phane. Les eaux contenues dans
s forment empêchent que le fé-
louvemehs, ne bielle îa matrice,
tent fa fortie par leur épanche-
paifage.
du environ de la limace plane du
hache le cordon ombilical formé
:s vaiffeaux qui compofent le pla-
llî rampent fur cette face. Ces
t au nombre de trois , favoir,
pellée ombilicale ., & deux arte-
e même nom. La longueur du
û environ de demi-aulne , donne
liberté de fe mouvoir fans que le
expofé à aucun tiraillement. Ce
e perdre dans le ventre a h en-
nbril. Le fang qui a palfë' de la
s le placenta efh porte par tk
icale dans le corps de fenthiit
rriture , & le rélidu efl rapporté
>ar les artères du même nom ; ce
t une circulation continuelle en-
es fages-femmesj
feroient la mere
circulation * dont dépend!
mpue y foit par la
I compreffion du cordon , foit par le détache¬
ment du placent a,
| Il faut obferver que les vaifféâux qui com¬
ptaient le cordon , ont des ufages tout diifé-
}rens de ceux du telle du corps , püifque céft
jlâ veine ombilicale qui porte le fang du
^placenta au fétus * ôc que ce font les artères qui
le rapportent du fétus au placenta; au lieu
i f'que dans toutes les autres parties du corps., ce
f jiont' les artères, qui diflribuent le fang que le
Mcœiar leur fournit, & que ce font les veines
jtfiïb en rapportent le réfidu au cœur ; cfofl ce
fjdonî ne permet pas de douter le gonflement
fjtjui furvient aux reines placées au deffousdei
| : ïa ligature, faite au bras pour la faignée ? puift
Irqtie le gonflement de ces vaifleaux n'eft pro-
j.duit que par le fang qui revient de la main * &
j, dont le cours fe trouve arrêté parla ligature.
|j -Lë's artères ont deux mouvemens paftieu-
jifes , appelles diaftolè fiflale, c'efoà-dire,
dé dilatation & de refferrement; ces meuve*
| tuens forment le pouls -, qui fe découvre aifo
fuffifalitè pour mettre les j
en état de fentir le danger
& l’enfant, fi cette
ila viéj fe trouvoit interro:
cordon , i
• 1B Abbrégé de L’Art
point pénétré jufqu au fétus , en
il’eau : un morceau du poumon d'un enfant
;mort dans le fein de fa mere; car on le voit
auffi-tôt tomber au fond de Feâü, tandis, que!
[le contraire arriverôit, fi l'enfant n'étoit mort!
que quelque temps après fa naiffaîice, en un|
mot , après qu’il auroit tefpiré* On verroit
dors le morceau du poumon refter au-deffiis
de l'eau, ce qui n'arrive que.par mie portion
de Faut qui étoit entré dans le poumon pen¬
dant Fiiifpiration, & qui n’en a point été
t baffe par l'expiration, deux mouvemens qui
partagent la refpiratiom
| On auroit recours à cette expérience, fi
Ifo^étok requife de porter fon jugement au
fujet d'une mere accufée d’avoir donné la
•mort à Ton enfant, immédiatement après fa
naiiTance. On conçoit aifém-ent,. par ce que
je viens de dire, que fi Fon voyoit un mor¬
ceau. du poumon de c et ènfamt jette dans F eau,
au lieu de tomber au fond, comme il arrive
au poumon de celui qui n’a point refpiré,
que fi , dis-je 5 on le voyoit au contraire aller
jjâii-deffus de Feau, cette circonilance con-l
Jidamiïeroiî la mere, quelque aiîiirance qu'ellej
|donnât que fon enfant fût venu mort, étant!
des Accouchemens. 2,9 :
une preuve que l’air a pénétré fon poumon ,
par coiiféquent qu’il a vécu..
Au relie, il eli bon d’obferver que les ar-
jtères ôc les veines ne-font pas les feuls Ysif-
feaux qui fe rencontrent dans le corps hu¬
main ; il y en a d’autres appelles nerfs, dont
lia cavité n'eli point apparente, mais qui n’en
;font- pas moins deilinés à la diliribution d’un
liquide fpiritueiix, connu fous le nom àlefprit
animal , fourni par le cerveau, le cervelet,
& la moelle de l’épine, & dont la préfence
eft abfolument nëceffaire, tant pour le fenti-
'ment, que pour l’exercice de tous nos mou.?
yemens.
C H A P I T R E V L
De la vraie & de la faujfe Grojfejfe.
L ’On ne fçauroit trop fe défier des con-
noilfances que l’on croit avoir dans l’Art
des accouchemens, lorfqu’il faut décider fi
la femme efl enceinte ou non. La fupprefiîon
des réglés produisant à-peu-près les mêmes
iymptomes que la vraie groifeffe; mais l’on
n’aura rien à nous reprocher, fi nous diffé-
j'j'o Abbrégé de L'An ,
; rons un peu de donner nos avis, ou de con-
jfeüler des remedes, à moins que la femme
ne fût en danger; car alors il eft de notre
devoir de foire notre rapport de l’etat de la
femme au Médecin ou ati Chirurgien qui fera
appelle. Tout amour-propre doit céder lorf-;
jqiTil s'agit , de la confervation d'un enfant.;!
Comment peut-on fe confeier de fa mort pré -1
maturée, qu’on a lieu de fe reprocher, lorf-
qu’eile a pour caufe la trop grande confiance
qu'on a eue en foi-même, & que dans cette
idée Ton a négligé de s inâmire à fond des,
chofes 9 dont la connoiffance empêcfieroit de
commettre de pareilles fautes ?
Pour ne point fe tromper , en prenant pour
vraie groffeife ce qui n'eft fouvent que l’effet
du-retardement du flux menffruel, il faut
I s’informer fi |a femme a été quelquefois fii-j
! jette a des fuppreffions, & fi, depuis quelle]
l ne voit plus, fon ventre s’eft applati dans les
premiers temps. Quoique plufieurs Auteurs;]
né veuillent pas que la matrice fe refferrej
pour contenir plus étroitement Fembrion, ce;
: que fe ne muviferai pas de combattre ; il eftj
pourtant très-fur que toutes les femmes fe]
îêntent plus à Faite dans leur ceinture au com-j
mencemep?
des Accouchemens. J 1
'mencemcnt de la vraie groffeffe ; mais que
fur la fin du deuxieme mois, le ventre s’accroît
par degrés, le nombril faillit plus en dehors,
i& Ion fent tout autour une tenlion égale, ce
!qui eft bien différent dans la fauffe groffeffe ;
car le ventre augmente dès l’inflant de la fup-
predion; il s’étend par-tout, & le nombril fe
trouve concentré. Les naufées , les vomiffe-
mens, les dégoûts, les envies déréglées des
alimens ne font pas toujours des lignes cer¬
tains de la vraie groffelFe * puifque la limple
fuppreffion produit les mêmes accidens. Le
fein groffi & douloureux n’en elt pas non plus
un ligne affuré, à moins que. le mammelon
ne foit plus dur, & qu’il ne s’élève de petits
I*boutons fur l’aréole ou le cercle qui fe noircit
j! plus qu’à l’ordinaire.
C H A P I T R E V IL
De VAttouchement , improprement appelle
Toucher .
A Près avoir examiné les difFérens fympto-
mes dont je viens de faire mention, l’on
pourra encore mieux s’affurer de l’état de la
K
\qz Ahbrégé de F Art
femme en la touchant. Pour cet effet, on
fera coucher fur le' bord du lit,, la tête un
peu baffe,; on infinuérâ le doigt indice dans
le vagin, pour toucher l’orifice de la matri¬
ce, auquel ou donnera un petit mouvement
pendant que l’on appuyera la main gauche
cl ::a ~ " "* " ~ *.
de l’enfant
fur le nombril, Sc l’on fentira les môuvemens I
car îi arrive, foüvent que la fem¬
me ne le fient pas remuer au cinquième , au
fîxieme mois , & même quelquefois: plus tard ; |
thaïs fi cetoit dans Jes premiers temps de la
groffeffe, & qif on ne pût efipérer de fentir
les mouvemehs de l’enfant> à caufe de fa pe-
titeffe y onfieroit tenir la femme debout, &
en la touchant, on trouveroit 1 orifice de la
piatrice exaâement,fermé,: plus uni, un peu
plus recourbé en arriéré, du coté dé îos 'fi-
v crum r & on fentiroit aufli un poids dans la
matrice, qui étant
groffeffe , né
Sans le cas; dufauxgerm
ifiqùirré.'L’on examinera "
ces fignes, pour
un rapport jufte ,' & ne
lie jugement que Ion
I Les jeunes Sages
jere dans la vraie
pefe - pa# fur -l’orifice cbmme
e, de -la mole & du
fcrupuleufement tous
fé mettre en état d’en faire
point fe tromper dans
portera.
^ Femme s ne ^auraient
des Accouchement
trop s appliquer à découvrir, par le toucher
les divers changemens qui .arrivent à l’orifice
de la matrice, puifque c’efi: de ces change-,
mens que l’on peut juger , i°* fi la femme
eft enceinte; i°. des difFérens temps de la;!
groffeffe; 3°, ii l'accouchement eft prochain
ou éloigné; 4 0 . fi les douleurs que la femme
’reffent font raufîes, ou fi ce font: cilles dit
travail ; <Vfî l’en fan t eft bien ou mal fîtui ;
34 Abbrégé de l’Art
CHAPITRE VI IL
■De la nêcejjité de la falgnée dans la GroJfejffe.
S I l’on pouvoit faire revenir du préjugé où
font bien des perfonnes, de ne point faire
faigner la femme enceinte qu’au terme de
quatre mois & demi, Ton éviteroifbeaucoup
de faufles couches , qui arrivent plus com¬
munément aux deuxiemetroifieme & qua¬
trième mois, qu’aux autres termes. La raifon
;en eft toute naturelle , puifque le fétus ne
! peut, dans ces premiers temps, confommer
jjla quantité du fang dont la matrice regorge,
qui, par fon abondance , détache l’arriéré
! faix qui lui ed adhérent, & prive l’enfant de
! la vie, qu’il ne tient que de la communica-
| tion des vaideaux de la matrice avec ceux
] du placenta; mais il arrive fouvent que lai
| Nature , plus;fage que la réglé que Ton s’ed
: prefcrite * fe décharge d’elle-même de ce
: qu elle a de trop dans ces commencemens,
j & laiffe les femmes dans le doute fur leur
i état, parce quelles ont eu leurs mendrues
; une ou deux fois avec moins d’abondance ;
des Accouchemens. 35'
| ca r il eff des femmes d’un tempérament fi:
fanguin , que cette légère évacuation n’efi
pas fufiifante pour les préferver du danger
d’une fauffe couche, fi l’on ny remédie par
de fréquentes fiaignées. On peut les faire en
tout temps, lorfqu’elles font indiquées par
quelques-uns de ces fymptomes, fçavoir, la
difficulté de refpirer, le crachement de fang,
Ile faignement du nez, des étourdiffemens,|
[l’engorgement des veines, des cuiffes•'& desl
jambes, les engourdjffemens dans les mem-|
bres , les affoupiffeméns involontaires , une!
pefânteur dans le bas-ventre, des maux de
reins, des coliques fréquentes-, de trop grands;
vomiffemêns, ou de trop violens efforts pour
vomir, & des hémorrhoïdes engorgées. On
i doit alors, de toute nécefiité, diminuer la
| quantité du fang pour fauver la mere & l’en- j
faut, & ne point s’embarrafier du terme où 1
3 6 Abbrégé de T Art
peuvent même s’en paffer ; mais on doit ij
purger plus fouvent , pour prévenir une;
; maladie * qui quelquefois fe déclare pendant
les couches, & qui devient mortelle. On ju¬
gera fi la femme a befoin de la purgation pari
les figues fuivans : fi fon teint eft livide , g
elle vomit de la bile , fi la bouche efi: pâteufe,
o-u fi elle a un goût défagréable, fi elle efi fu-
jette au dévoiement & aux vomiffemens. Les
légères purgations lui feront alors néceffaires
je dis; de légères purgations , car il faut bien
le donner de garde d’en faire prendre de tropj
fortes ; elles ne doivent au contraire être çom-
pofées que de ce qu’il y a de plus doux ,
comme la Manne, la Rhubarbe, la Gaffe &
les Tamarins , ou bien le fyrop de Chicorée
compofé de Rhubarbe, S’il étoit néceffaire
de la purger deux fois de fuite, on laifferoit
un. jour ou deux d’intervalle, crainte de la
trop fatiguer.
On doit lui confeiller aufii d’évirer les ragoûts,
fauces , viandes grafles, & tous les ali mens
dé fantaifie, qui font toujours d’une difficile!:
digeffioti, ne forment qu’un mauvais chyle,!
qui, fe mêlant avec le fang, ne peut qu’en:
altérer la bonne confiitution.
des Accouchemens . 37!
Il eff encore des femmes qui font d un tem¬
pérament fi refferré , pendant leur groffefie , j
jqu elles ne peuvent aller à la felle qu’avec I
beaucoup d’efforts : on doit leun faire fentir
le danger quelles courent alors , fur-tout la-
vertement, un relâchement de matrice 5 celui
du vagin, & les hernies , fait de faîne ou du
Nombril ; on les réfoudra, ; pour prévenir CCS
aecidens , à faire ufage de lavemens fimples ÿ
foit d’une . déco£fion de fon, avec un peu
d’Huiie ou de beurre, ou d'herbes émollien¬
tes , telles que la mauve,. la guimauve , là pa¬
riétaire , &c* foit d’eau fimplement : celle de-
riviereeff à préférer. On leur recomjnendera
! aufii de fe tenir à faife dans leurs habits, pour
ne point empêcher l’enfant de faire la culbute,
,dont je parierai dans la fuite, "f
j Du Faux - Germe & de la Mole V
T E faux-germe ne fi; autre chofe, félon
plufieurs . Auteurs , que le vrai germe ?
«qui dans les premiers jours de la conception,
ja fouffert quelque altération, & ne forme plus
quune elpece üe canos> qui ne lame aucune 1
marque d’enfant ; ce n’eft plus alors qu’une
petite maffe charnue.* qui reffemble au géfler
: d’une volaille; On trouvé:, en l’ouvrant, une
cavité rempli/ d’une eau glaireufe.
Le faux - germe fe détache communément
dans le cours des. trois premiers mois -, mais!
lorfqu’il féjourne plus long-tems dans la ma¬
trice , il s’y accroît, change de nom * & de-:
vient ce que nous appelions Mole . La fortie
du faux-germe eft touj ours accompagnée : d’u¬
ne perte de farig plus ou moins conftdérâble.
On ne doit point, pour l’expulfer, agir avec
violence^ comme bien des perfonnes le font ;!
car fouvent, avec un peu de patience, la na-
ture s’en décharge d’elle-même. On doitrou-!
cher la femme doucement, pour s’afîurer fi
la perte eft occafionnée par un corps étranger ;!
ce que l’on reconnoît par le poids que l’on:
lient fur l’orifice de la matrice ,&urie prépa¬
ration à la fortie par là fouplefle & la dilata¬
tion de'cet orifice. On fera daigner la femme
! fur le champ, on lui donnera un lavement
fimple , & on lui fera garderie lit. Cette pré¬
caution pourra empêcher fabondance de la
Iperte ; mais fi le fang vient avec plus de force,
des Âccôuchémens .
& s’écoule pendant quelque tems; il faudra
de toute néceffité délivrer la femme du faux^
! germe , fans quoi elle feroit en danger de
perdre la vie.
L'opération n’eftpas bien difficile , car fou-
vent ce corps étranger neft retenu que parj
l’orifice, qui * à la vérité , ne fe dilate pas
auffi facilement aux femmes qui n’ont point
eu d’enfans., qu’à celles qui en ont déjà em
On infinuera le doigt indice oint d’huile ou de
beurre non falé, dans l’orifice, pour le dila¬
ter peu-à-peu ; on le tournera tout autour ,
en le pliant à demi > pour former une efpéce
!de crochet , & par ce moyen , on retirera ai*
fément le faux-germe , ayant attention de ne
rien forcer , parce que la partie mollaffe du
faux-germe j qui fe préfente la première , fe|
fépareroit bien-tôt de l’autre. Pour rendre
l’opération plus facile j on recommendera à
la femme de pouffer en bas , tandis qu’on tâ¬
chera de retirer le faux-germe. Il arrive quel¬
quefois qui! fe trouve très-adhérent, on fé
|conduira alors , comme je le dirai au Chapitre
de l’Arriere-faix , 1 a méthode étant à^peu-près
la même , pour faciliter i’expulfion de l’un_&:
de Tautre*
prendre à la femme des remedes violens ; loin
dé procurer la fortie du faux-germe , ils ex-
eiteroient la perte , & pourroient même .eau-
fer la fievre. On doit agir avec beaucoup de
prudencey pour ne pas avancer la mort d’un
enfant, que la matrice contiendroit avec le
faux-germe 3. ce qui arrive quelquefois ; car
la femme peut concevoir deux ou piufieurs
enfans à la foisy à quelque diftance l’un
de l'autre y félon le fentiment de ceux qui ad¬
mettent la fuperfétation * ; mais l’un de ces
enfans ayant péri dans les premiers jours,
comme je l’ai dit ci-deffus 5 la matrice s’en
débarraffe, & retient le fétus jufquau terme
ordinaire. En pareil cas, l’on doit agir avec
■beaucoup de ménagement 5 n’employant au¬
cune violence 3 pour débarraffer fur le champ
jla femme du faux-germe, à moins quelle ne
ne fût en danger à raifon de la grande perte
de fang* On examinera les linges/pour ju¬
ger fi la perte eft confidérable. Il eft effem
* La fuperfétation eft une conception réitérée^ qui fe fait
! or (que la femme, qui eft déjà grofle, vient à concevoir une
fécondé ibis. Tous les Auteurs ne conviennent pas de la fu-
peribtation, & ceux qui l’admettent, affurent qu’elle eft très-
des Accouchemens, 41
tiel de ne pas s y méprendre, car il faut
peu de fang pour gâter beaucoup de linge.
On examinera foigneufemeîîtles caillots, pour
^découvrir fi le faux-germe n’y feroit pas ren-1
[fermé : on recommendera, dans cette vue, d&
conferver tous ces caillots, comme je le dirai;
! dans le Chapitre fuivant.
De la Faujfe-Couche ou de lAvortement
T ’A vertement fe fait lorfque l’enfant vient
avant le terme de fept mois; car fa fortie,
à fept mois, doit être regardée comme un
accouchement, puifque les enfans venus à
ce terme peuvent être élevés; mais avant ce
temps-là on ne peut y compter, & fouvent
iis n’ont pas le bonheur de recevoir le Bap-|
terne. Ces couches prématurées viennent quel¬
quefois de çe que la femme n’a pas été aflez
faignée , ou des efforts qu elle a faits pour
* Quelques-uns diftinguent la faufle-couche de l’avortement,!
tonnant !e nom de faiîjjts-couches à 3a fortie du faux-germe,|
le-la mole 8e autre corps étranger, & celui tfavonemem aux
accouchemens prématurés, c’efl-à«dire à la fortie d’un enfant!
‘Vant le terme de fept mois. j
42, Abbrégé de L Art
aller à la felle, ou elles font caufées par quel¬
que maladie aiguë, ou par une toux violente.
la colere, la danfe, les chûtes, les coups,
les fardeaux trop pefants, les fecouffes des
voitures, & par plusieurs exercices, qui
quoiqu’en apparence de peu de cônféquence
deviennent nuifibles à des tempéfâmens de
liçats. En effet, il eft des femmes d’une com
plexion fi foible, quelles font obligées de
garder le lit pendant tout le temps de leur
groffeffe, pour éviter cet accident,
Lorlque la femme reffent des douleurs, &
quelle nous appelle, il faut d’abord s’infor^
mer de ce qui a pu y donner lieu, &; s’il y
avoit du temps quelle n’eût été faignée, on
la feroit faigner fur le champ, & garder le
lit. Il eft certain que par ces précautions on
pourroit prévenir le danger quelle court;
Imais fi fes douleurs dépendoiént de quelque
accident particulier, quoique cés précautions
foient toujours néceffàires pour empêcher la
trop grande perte de fang, elles ne la garan¬
tiront point de l’avortement. On connoîtra
que ce malheur eft inévitable, lorfque la fem¬
me perdra des caillots de fang, & que les
eaux du fétus s’écouleront. Si ces eaux font
des Accouchemens, 43
d’une couleur noirâtre, & quelles aient une
odeur çadavéreufe, on peut affurer que l’en¬
fant eft mort 5 ôc même depuis long-temps;
& lij en touchant la femme, on ne trouve
pas l’orifice affez dilaté, on l’oindra avec du
beurre fans fel, ou de l’huile , & on aban¬
donnera l’opération à la nature ; mais fi la
perte devient plus confidérable, il faudra de
toute nécefïité accoucher le femme promp¬
tement, On infinuera doucement un doigt
dans l’orifice de la matrice, & on y fera em
trer les autres fucceffivement, les ayant au¬
paravant bien graiffés : fi les membranes n’é-
toient point percées, on les perceroit avec
un gros grain de fel ^ un curedent, ou bien
en les grattant avec l’ongle, quoiqu’on doive
avoir les ongles toujours coupés d’affez près ;
mais ces membranes font fi tendres, que le
moindre mouvement qu’on leur donne eft
fufHfant pour les rompre. On tirera l’enfant
en le retournant, s’il eft néceffaire, par la
méthode que j’indiquerai çi-après. Il eft bon
d’obferver que l’enfant, avant fîx mois, a ra¬
rement befoin d’être retourné. Lorfqu’on re- ;
tourne l’enfant, 011 doit le faire avec beau¬
coup de ménagement, pour ne pas rompre^
! caution
des Accouchetnens. 43 j
qui expoferoit la Femme à de grànds dan¬
gers , il faudra fe réfoudre à laiffer rarrierë-
faix , & l’on tâchera d’en faciliter la fortie par j
les remedes fuivans, qui la procureront , fi- 1
non en entier, du moins en fuppuration.
On fera dans la matrice des inje&ions, qui
feront compofées d’une déco&ion de mauve ,
de guimauve , pariétaire & graine de liri, à
laquelle on joindra un morceau de beurre
frais : on pourra donner un lavement un peu
fort, fans néanmoins faire prendre aucun re-
mede purgatif, crainte d’exciter une perte,
|même la fievre. On fera prendre à la malade^
une potion faite avec trois onces d’eau d’ar-
moife , une demie once d’eau de canelle ,
une once de firop d’armoife, & une once
d’huile d’amandes douces, le tout mêlé enfem-
ble. On lui en donnera la moitié fur le champ,
;& le relie deux heures après, ayant attention
de faire un peu tiédir cette potion. L’on ex¬
primera le jus d’une orange dans fon bouillon,
ou bien on mêlera dans fa tifanne , qui fera
faite avec du chiendent, un peu de firop de
limon ou de grenade. Ces fîrops font bons
Ipour l’edomach, & fortifient le cœur contre
les vapeurs qui furviennent dans ces cas.
4 6 Abbrégé de VArt
! J’ai dit au précédent Chapitre qu’il fajJ
loit faire garder les caillots de fang ; cette
précaution ed très - iiéeedaire ; car fouvent
les femmes qui font autour de la malade , en
jettant les caillots -, jettent âufïi un petit fétus,
ou embrion, kns s’en àppercevoir, & affii-
rent qu’elles n’ont rien vu. L’on ignore ainfi
4 e danger dans lequel k femme vàfe trouver;
& faute de-s’y prendre affez à téms , elle pé-
ïit. Il ëd encore un moyen de procurer la
ifôrtie de f arrieretfaix redé depuis quelques
jours dans la matrice ; c’ed de faire mettre
lés jambes de rÂccouchée dans un vafe le
•plus profond que ldn pourra tfoüvér, de le;
remplir- d’eau allez chaude, dë frotter lesj:
eûmes toujours vers le bas, Si les premières-
fri&ions ne fudifent pas, on laiffera repofer l
la Femme , & on les recommencera, Ces
.fri&ions font une reffource immanquable ,|
& l’arriéré-faix fort peu de tems après.
Je demande en grâce que l’on ne me taxe
point de m’ériger enDoéleur , je ne parle ici;
que par un pur zèle pour des malheureufes:
dénuées de tout fecours, foit que l’éloigne-j
ment des villages ne permette pas d’y faire;
venir à temps un Médecin , du un habile!
Chirurgien >
Cette fiqure représente le bafidin h nud dans lequel est située la Ala-
tri ce dans sa position naturelle avec toutes les parties qui en depetl •
dent A. le Vaqin ouvert, B /'Orifice de la Adi/rice, C le corps de lad
meme Alatrice qui étant ouverte laisse voir l’enfant qu’elle contient a
vec les membranes, D qui l’envelopent, EE les Trompes, FF les Ovairei
GG les morceaux jr an qe Z , IIH les deux Liqaments larqes, II les deux.
Liqaments ronds avec la patte d’Oqe a leur extrémité, K. la Vessie 1,
L l’Intestin Rectum .
On a représenté ce b afin évasé afin de mieuxfinir e connoitre la )
-Matrice et toutes ses parties dans leur situation naturelle^A .
« Cou/rttrJ- par . r .
H
Abbrégé de FArt
|refte dans cette attitude jufqu’au feptieme
mois, auquel tems il fait la culbute, parce
que la tête devenant plus lourde, fa pefanteur
rentrante en bas & en devant. Pour lors le
; fommet de la tête vient péfer fur l’orifice,
le nez tourné vers le fondement de la mere ,
: & les pieds font en haut & touchent au fond
de la matrice : c’eff cette attitude que Ton
nomme fituation naturelle.
Lorfque l’enfant préfente quelqu autre par¬
tie que la tête, on regarde cette fituation
comme contre nature 3 & ce n eft que par le
moyen de l’Art r * que l’enfant peut fortir de
fa prifon. Gette culbute occafionnê quelque¬
fois des douleurs fi 'vives , & qui durent affez
de tems, pour faire croire à la Femme quelle;
accouchera bien-tôt. En effet, nous pouvons;
des Accouckemens. 49
tien eü quelquefois fi confidérable , que|
voyant les douleursfe ralentir, on feroit tenté
de les réveiller par quelques remedes ; mais
'en évitant de tourmenter la femme, comme
bien des gens le font, elle achevé Ton temps,
'& accouche heureufement. Lapremiere Fem¬
me que je vis en cet état, me furprit. Au hui¬
tième mais, elle fentit de vives douleurs ,
! qui s’étoient augmentées par degrés , à ce
[quelle me dit ; je trouvai l’orifice dilaté de
la largeur dlmpetitécu ,.& tout-à-fait émin-
ci, & les eaux qui fe portoient au devant de
la tête à chaque douleur, meperfuaderentque
la femme accoucheroit bien-tôt ; mais tout-a
jcoup ces douleurs cefferent
jattendu quelque-tems,elpéran
•es avoir
citer j
pour;
De la préparation a /’Accouchement naturel.
T 9 Àccouchement eft dit naturel , lorfque
JM 1’enfant vient au terme de neuf mois, que
fa fortie n’eil précédée d’aucun accident fâ-
plieux ? que la tête fe préfente la première &
toute feule 9 & que les eaux s’écoulent quel¬
ques momçns avant fa fortie. En un rpot pn
des Accouchemens. •$ i
appelle Accouchemens naturels ceux qui fe[
paflent felont les règles prefcrites par la Na-!
ture à toutes les femmes qui finirent heu-
reufement ; & on donne le nom d’Accouche¬
mens contre nature à ceux-qui font accom¬
pagnés d’accidens extraordinaires , & qui fe
terminent fouvent malheureufement & pour
la mère &. pour Fenfant : il n’y en a que trop
'd’efpèces de ces derniers 5 dont je parlerai en
particulier dans la fuite.
i Quoiqu’il ne faille pas grande fcience dans
F Accouchement naturel, pour recevoir l’en¬
fant qui fè préfente bien ; il y a néanmoins bien
|des précautions à prendre pendant le travail J
pour que ces favorables difpofitions n’ayenî]
pas de fuites fâcheufes.
On connoîtra que la femme eft en travail
d’enfant , & que fes douleurs annoncent un
prochain accouchement yfi elles proviennent
des reins, & qu’elles répondent au bas du ven¬
dre, s’il s’écoule de la partie des humidités
Iglaireufes, quelquefois fanguinolentes, & fi Fo-
irifice de la matrice fe trouve dilaté 5 & éminci. j
Quand Fenfant fe préfente bien, la tête fe fait
connoître par fa dureté 5 & on la diflingue ai-:
fement de tout autre partie par fa rondeur éga^
Abbrégé de l’Art
le : on fent dans les douleurs que les eaux ren¬
fermées dans les membranes fe portent au de¬
vant delà tête , quelles s’accroilfent à mefure
que le travail avance, &que la poche que ces
i membranes forment , au lieu de s’allonger dans
le vagin , préfente une rondeur moilafîe , où
fe trouvent contenues non feulement les eaux
mais encore la tête du fétus.
Il faut prendre garde de ne point fè trom¬
per ; car fouventl’orifice forme un bourlet du
coté du conduit de l’urèthre. Cette grolfeur;
efl allez confidérable pour en impofer ? la pre¬
nant pour les eaux ou pour quelque corps
jétranger, qui précède lafortie de l'enfant. J’ai
vu auffi quelle a été prife pour la fortie du cor¬
don ombilical. L’on doit juger des fuites fâcheu-
fes pour lamere jlil’ontiroit à foi ce bourlet,
le prenant pour les membranes qui contiennent
les eaux , c’eft à quoi on doit faire beaucoup
d’attention en touchant la femme avec délica-
telfe. Cette groffeur eff fou vent facile à voir,
lorfque l’enfant s’avance au paffage , en glilfant
doucement le doigt indice en bas fousle cerd
cle de l’orifice 3 & la partie que l’enfant pré-
fente. Lorfque l’enfant fe préfente mal,fi fon|
eft appellée afîez-tôt pour qu il ne fé trouve.
Pi. V.
Troisième déqrc de dilatation de l'orifice de la Æatrice et son
bourlet 'a sa partie supérieure avec locciput de l’Enfant qui
commence a paroitre .
Peintpa/' JP. Chappar
Grave en Couleur par J. Robert .
des Accouchemèns . 5 3 ’
! point engagé dans le paffage , on donnera à laj
femme un lavement , pour vuider l’inteftin
rectum ', le paffage fe trouvant plus dégagé ,
l’enfant fortira plus aifément. S’il y a du tems
que la femme ait été faignée , & quelle ne foit
point trop foifale * on lui fera tirer deux palet¬
tes de fang. Cette précaution eft extrêmemenîj
'utile, pour lui rendre la refpiration plus aiféej
la matrice plus fouple * & plus difpofée à fe
jdilater, & on prévient parce moyen la perte
'qui pourroit fiiivre l'accouchement.
I Ce que je viens de dire fur la préparation!
au travail , doit engager à attendre patiemment
avant de faire pouffer les premières douleurs,
& de mettre la femme en fituâtion pour accou¬
cher.
Lorfque au contraire Ton aura lieu de croi¬
re que les douleurs font véritables, & qu’elles
jannoncent un accouchement prochain, on fera
: mettre la femme au lit , méthode infinim ent
meilleure que celle qu’on a dans les campagnes,
qui eff de faire tenir la femme fufpendue en
l’air , préfumant quelle accouchera plu-tôt.
L’on ignore le danger auquel on expofe la
femme en la mettant dans cette fituation, qui
menace d’une perte inévitable , outre qu’en
■ j4 Abbrégè de l’Art
la délivrant dans cette attitude, on rifqueroit
, d’entramer le fond de la matrice avec l’arriè~
! îre-faix. Les vents que la femme reçoit alors
font aüffi très-prejudiciables ; ce qui doit en-j
(gager à repréfenter, tant à la femme qui efi
(prête d’accoucher, qu’à celles qui font autour|
Ifdelle 9 quelle doit être mife au lit , principa-
'jlement daiis ces derniers momens. Le lit doit'
[être liiffifamment garni, fur-tout du côté des
(pieds , parce que l’Accouchement étant fait,
(on n’aura qu a tirer la femme en haut , & elle
le trouvera àfec.
j L’on doit fe donner de garde de faire ufer
(à la femme pendant Son travail * d’aucune
hoiffoiî capable de l’édbaufer comihe.de vin!
pur 2 ou autre liqueur fpiritueufe, car on pour-
rôit exciter une perte:, & même la fièvre. On
doit lui faire prendre Simplement un peu de
|VÎn bien trempé, ou de la nourriture légère r
pour ne point trop., charger l’efeomac. On aura!
(attention que l’air de là chambre ne foit pointj!
(trop froid , en un mot , on tâchera de tenir,
la femme le plus chaudement iqu’il fera pofii-
jWe de crainte que le froid ne railentifie fes
douleurs.
L’on doit éviter de toucher trop fouvent la
des Accouchemens. 5 5
femme, comme bien de gens le foijt, croyant
par là l’aider * au lieu qu’on ne fait au contrai¬
re que la fatiguer , & fouvent irriter fes par¬
ties , quife tuméfient aifémenti On doit crain¬
dre aufîi qu’à force d’avoir le doigt dans l’o¬
rifice , on ne perce trop tôt les membranes *
ce qui rendroit l’accouchement laborieux.
L’onfë contentera d’oindre le doigt de beurre
non falé , oü d’huile * & on le promènera tout
autour de l’orifice pour faciliter fa dilatation.
Si en touchant la femme auffi-tôt quon efi
âppellée, on a lieu de préfumer que le travail
fera long,on l’en avertira avec ménagement, &
en lui faifant efpérer que fon état peut bien¬
tôt changer. Cette attention à l’avertir d’abord
ide fa fituation efl très utile, car en lui promet-]
f $& Abhrigé de £ Art
Uneclrconffance qui n eft point à négliger,
c’eft de faire garnir la tête de la femme avant
quelle accouche ; elle peut le peigner, & fi
elle metteit de la poudre 9 elle obferveroit
qu’elle n’eût point d’odeur , elle doit avoir
de bons bonnets , & de greffes cornettes *■&
s’accommoder la tête, de manière qu’elle n y
fente point de froid & quelle puiffe être
douze ou quinze j ours fans y toucher.
C H A P IT RE XIIL
De tAccouchement naturel ..
A Près avoir obfervé les ménagemens dont
je viens de parler , on aidera la femme de'
lia manière fui vante o Si les douleurs augmen-
jtent, que le vifage foit animé, le ventre baille;,
le pouls elèvé, l’orifice dilaté au moins de la
largeur d’un écu de fix livres , fies bords très-
êmincis , les e aux bie n tombe es , fur-tout dans
les.douleur s , la tête de l’enfant les fuivant de
près par les efforts; que la femme ne peut s’em¬
pêcher de faire pour pouffer In bas , toutes
ces circonltances annoncent un accouchement
■prochain, fur-tout aux femmes qui ont eu des
5 8 Abbrtgè de U Art
de délivrer la femme, on doit la confolerlei
plus afFeftueufement qu’il eft poffible : fon!
état douloureux y engage ; mais il faut le faire
d’un air de gayeté, & qui ne lui infpire au¬
cune crainte de danger. Il faut éviter tous les
chuchotemens à l’oreille, qui ne pourraient 1
que l’inquiéter, & lui faire craindre des fui¬
tes fâcheufes, On doit lui parier de Dieu,&;
l’engager à le remercier de favoir mile hors
cje péril. Il faut éviter de lui faire faire des'
aftes qui ne pourroient que la contriiter.Si elle;
a recours à des reliques, il faut lui repréfentey
quelles feront tout aufîl efficaces, étant mifies !
fur le Ut voifin , que fi on les pofoit fur elle-
même, ce qui pourroit la gêner,
On évitera de comprimer le ventre de la
femme, efpérant^par ce moyen d’accélérer la
ferrie de l’enfant. Cette pratique efi: très-mau-
yaifp : on fie donnera bien de garde auffi de
PIftrf dans la partie de la femme un doigt
d# chaque main en forme de crochet , com¬
me biens des femmes le font. Ce tiraillement
npû d’aucune utilité pour faire avancer lai
tête de l’enfant. On fie contentera de dilater
V orifice de la matrice, encore doit-on le fairej
bien doucement, Qn ne doit point efipçrer fi
des Accouchemens. 59
qu avec un doigt on puiffe faire avancer la tête* 1
on rifqueroit, à force de la tirer, de la bleffer
& d’y faire des égratignures, ce qui n’arri¬
ve que trop fouvent. En touchant la femme *
on doit toujours avoir égard au col delà vef-
fie, crainte qu’il ne foit trop fatigué; car fau¬
te de ménagement * on poürroit y occafiom
ner une inflammation , qui feroiî dangereufe.
On ne doit point infinuer le doigt dans le
fondement, pour faire avancer la tête de Fen-
fiant, cette pratique ne peut être que préjudi- i
’ciable ; Firritation de cette partie eft capable
d’y faire naître quelque ulcération , qui feroit
de difficile guérifon ? ôf poürroit caufer la défi
truâion de la cloifon qui fépare les deux ou¬
vertures * ce quirendroit la femme fort dé¬
goûtante, On fe. contentera d’oindre avec du
beurre ces parties * fi elles n étoient point
aflez hume&ées , foit par les glaires * foit par
1 écoulement des eaux, & fi elles fe trouvoient
a fec depuis long-tems , Fon aurok foin de les
hume&er fouvent ? pour les rendre plus dif-
pofées à prêter.
Les eaux étant retenues dans les membra¬
nes , & la poche quelles forment, s’avan-1
Ç a lit toujours au point de fortir de la partie, la j
6 o Abbrege' de P Art
tête de l’enfant fuivra de près, la matrice f e
trouvant affez dilatée pour ne plus la retenir,!
comme elle faifoit dans le commencement ,j
l’orifice ceignant alors la tête, comme une ef i
pèce de couronne, c’eflpour lors qu’on dit 1
que l’enfant efl au couronnement. Après avoir
laiffé pafîer quelques douleurs 5 on fe déter¬
minera à percer les membranes, ce qui doit
fe faire dans le moment de leirort, ©u de la
douleur , & l’enfant fort fouvent en même-
tems, rien ne s’oppofant à fa fortie. L’on fe
fervira pour les percer du bout du doigt,
d’un gros grain de fel, ou de la pointe d’un
curedent , évitant d’empioyer la pointe des
cifeaux, ou autre infiniment trop aigu * ca¬
pable de bleffer "l’enfant.
On ne doit point mettre la femme a décou¬
vert ? comme plufleurs le font , fi l’on ne rou¬
git point de l’indécence qu’il y a de la laiffer
ainfi toute nue, expofée à la vue des fpe£ta.
trices, on doit au moins la cacher avec foin,
pour garantir fes parties de l’impreflion du
froid , qui pourroit lui être préjudiciable ;
d’ailleurs la Vue en ces cas là nous efl: inutile,
puifque ce font nos mains qui doivent fentir,
|& nous faire diAiiiguer ce qui fe paffe. On
des Aücouchemens. 6 1
devrait dès le commencement que Ton pra¬
tique l’Art des Accouchemens , fe faire un
exercice d’apprendrë, les yeux fermés y & de
reconnoître tout par le tâÛ.
j Lorfque Fenfant parôîtra difpofé à fortir ,
|on tiendra une main de chaque coté de la par¬
tie , pour que les pouces en les applatiffant
Técartent à mefure que Fenfant s’avancera 9 ôc
l’on repouifera les grandes levres pendant fa
fortie. La tête étant fortie , il faut le retenir
tout de fuite, en gliffant les doigts fous la mâ¬
choire , fans prendre la tête par les oreilles,
crainte de les arracher ,ce qui'eft arrivé plus;
■d’une fois» En tenant ainfi la tête, on ne doit
point tirer Fenfant avec trop de violence, par
le danger auquel on l’expoferoit , file cordon
fe trouvoit autour du col, ou de quelqu’au-H
jtre partie, comme Je le ferai obferver.
| Il arrive quelquefois, comme le dit M.
jDionis, que Fenfant parvenu au couronne-;
i-Hient, y refie pendant quelque tems par la;
réfiflance que cette couronne , c’efl-à-dire,!
l’orifice fait à s’ouvrir fuffifamment pour fa;
fortie, & que la tête de Fenfant, dont les fu¬
tures ne font pas encore formées, s’allonge
jCn pointe dans le vuide de la couronne, mais
6 i Ahbrégé de T An
! qu’enfin par les efforts reitérés de f enfant , q U j'
font alors plus violeris, parce qu’il a la liberté
de s’étendre davantage, efforts d’ailleurs fécond
dés de l’aâion de la matrice, de celle des'
mufcles du bas ventre , ôt du diaphragme ; il
force cette barrière , & entre dans le vagin ,
c’eft alors que l’on dit que l’enfant eil au paf
fage. Sur quoi il efl à remarquer que la fortie j
de l’enfant dépend bien moins de fes efforts j
particuliers que de l’àûion de ces trois 1 <
organes.
Quoique le plus fort foitfait, l’enfant n eff
pas hors d’affaire , il trouve fouvent de la ré-| :
jfiftance à l’entreë de ce conduit ; les nymphes;
& les grandes lèvres ne prêtant point affez 1
pour permettre fa fortie. La tête de l’enfant
fe préfente , on la voit, & elle ne peut fe dé-j
barraffer fans le fecours d’une habile Sage-fem-|
me , ou d’un Accoucheur qui avec fes deux
mains , qu’il gliffe entre la tête & les grandes
lèvres, les oblige de s’écarter pour la laiffer
avancer : alors coulant fes doigts jufques fous
les mâchoires de l’enfant, il le tire dehors ;
mais il ne fufüt pas que la tête foit fortie , il efl
néceffaire que les épaules fuivent. Il ne faut
pas tirer la tête avec trop de violence , ni la lui j
élever
.
I
Cette fùjure représente iEnJ-ant cpii trient nature lement avec la position 1
convenable des mains aux deux cotes de la trie pour le tiret' en bas.
des Accouchement. 6j
-eiever comme on voit dans cette figure *
on doit la tirer un peu à droit pour dégager
;uné épaule, & enfuite à gauche pour faire venir
l’autre, & fi l’on ne peut réuffir par ce moyen,
il faut couler deux doigts le long du col juf-
qu’à une des aifielles , pour débarraffer une
épaule, & en faire autant de l’autre côté pour
débarrafîer l’autre ; de cette manière les épau¬
les étant paffées , le refie du corps fuit fans
peine.
En parlant delà matrice, j’ai dit que lavef-
fîe, dont la figure approche de celle d’une
bouteille renverfée * étoit fituée à fa partie
antérieure , immédiatement derrière les os
pubis. L’on ne doit donc point s’étonner , fi
jl’on voit quelquefois des femmes enceintes
ne pouvoir retenir leur urine , & d’autres qui
ont une indifpofition contraire / ne rendant
leur urine que difficilement ; il arrive meme
quelquefois que l’on efi obligé de fonder ces
dernières, c’efi - à - dire d’introduire dans le
inéat urinaire , ou l’orifice du conduit de i’u-j
fine , une fonde creufe nommée Algalie , qui!
pénétrant jufques dans la veffie, facilite la 1er-I
f ie des urines. L’on fent bien que la premie-
re de ces indifpofitions, nommée incontinent
K
De la Ligature du cordon .
pAi dit au Chapitre précédent qu il ne fal-
1 loit point tirer Fenfant avec trop de vio-
nce ; cette précaution efi fi néceiTaire , quej
il arrivoit que le cordon formât un ou deux!
>urs au col, ou à quelqu autre partie , F ou
Durroit en tirant ainii Fenfant ? détacher 1
des Accouchemens. 65
tout-à-coup l’arrière-faix, & exciter une per¬
te de fang confidérable. On pourroit encore'
caufer un renverfement de la matrice , en
entraînant fon fond vers l’orifice, fi l’arrière-j
faix J étoit très-adhérant ; on rifqueroit en¬
fin de rompre le cordon près du placenta,
ce qui rendroit l’opération plus difficile, étant
obligée alors de porter la main dans la ma¬
trice pour, en faire la féparation ; fouventmê-j
me les gros cordons fe caffent plîîs aifément
que ceux qui font déliés.
L’enfant étant forti, on l’approchera de la
partie de la mere, prenant garde que le nez ne
foit en deffous,crainte qu’il né foit fuffoqué, ou
qu’il n’avale ce que la femme perd dans ces
momens : on le retirera enfuite &on le met¬
tra fur le dos, ou encore mieux fur le côté.
Lorfque par fes cris il aura donné des mar¬
ques de vie , on lui nouera le cordon 5 en
tournant deux ou trois fois le fil que l’on
ferrera aiTez , pour prévenir Fhémorragie qui
pourroit arriver, fi l’on n’avoiî cette précaü
tion, & qui feroit capable de caufer la mort!
de l’enfant , ce que Fon a vu arriver ; on!
évitera aufîi de le lier trop ferré , crainte de
le couper , ou d’occafionner des douleursj
66 Abbrégé de L’An
très-vives qui font quelquefois fuivies de con-
vulfions y ce que Viardel dit avoir vu.
La ligature du cordon étant faite , pour
saffurer fi on la allez ferrée , il n’y a, après
l’avoir coupé, qu’à en effuyer Je bout avec
un linge , & examiner s’il n’en fort rien ; s’il
feinte quelque chofe, c’eft une marque qu’elle
pft point affez ferrée , & il faut néceffai-
rement la ferrer davantage; &Fon doit re?
garder comme une preuve que le cordonift
ïfuffilamment ferré, lorfque rien ne fort.
La diffance de la ligature au nombril doit
||re de deux travers de doigt au plus., on
fera une fécondé ligature , à trois travers de
doigt de la première , &*on coupera le cor?
jlon fntre les deux, Quelques-uns confeiilent,
Iayant que de couper le cordon 1 , de faire une
jfrpifième ligature immédiatement au-delïus
! |f la première, pour prévenir l'hémorrhagie,
||ui ne manqueront pas d’arriver , fi cette pre-
Iffiiere ligature yenoit à fe lâcher.
J |'ai dit qu’il falloit couper le cordon entre
jles deux ligatures, pour faire fentir la nécef-
.|Jté 4 e ljfr la portion du cordon qui répond
1 !au placenta encore attaché à la matrice ; car
|| fome du f|ng qui s'écoule par la veine!
des Aceouchemens. èj\
ombilicale, mettroit la raere en grand dan-;
iger, fi elle ne lui caufoit la mort. On lit dans’
lun Ouvrage de M. Méry, premier Chirur-j
igien de l’Hôtel-Dieu de Paris, une Lettre quij
lui fut communiquée par M* Aubert, Chi¬
rurgien de la meme Ville, qui prouve la né-
ceffité de cette ligature. Ce Chirurgien fut
appelle au fecours dune perfonne qui avoit
caché fa groffeffé à fa famille. Le terme venuj
quelle devoit accoucher, elle fut furprife lai
nuit, & entra en travail fans autre fecours que!
celui de fon frere, qui accourut aux cris que s
les douleurs lui faifoient pouffer. Etonné de!
voir un enfant, qui parut dans le moment,
il prit , tout embarraffé qu’il étoit * un fil!
dont il lia le cordon proche l'ombilic, le cou¬
pa au-deffus de la ligature, & fe retira enfuite,
ne fçachantpas qu’il y eût autre chofe à faire.
Peu de tems après cette infortunée fille, fe fen¬
dant aiïoiblir confidérablement, s’écria quelle
fe mouroit ; ce qui obligea le frere d’appel-
ler M. Aubert qui trouva F Accouchée bai-j|
gnée dans fon fang. En l’examinant, il fentit
le placenta attaché au fond de la matrice 3 le
cordon pendant hors de la vulve fans liga¬
ture , par lequel il s’étoit déjà écoulé deux;
:à trois pintes de fang. Ce Chirurgien ayant
.noué le cordon, la perte ceffa dans le mo-
Iment , ■& F Accouchée étant délivrée, fe trou¬
va hors de danger.
! Ces ligatures étant faites, on remettra fen-
jjfant entre les mains d’une perfonne entendue,
3 n , oc meme iur la tete,
tre , des linges trempés
ou de Feau de-vie ; on
quelques gouttes de ces
oignon près
narines de I entant , pour
lui en faire recevoir l’odeur. Lorfque par ces
différens moyens fes forces commenceront a
revenir , ce dont on s’appercevra par les
des Açcouchemens. 69
couper, le cordon entre les deux , comme j
je Fai dit. . j
Si Fon avoit fait la ligature du cordon F
fans avoir fait attention à la foibleffe de l’en¬
fant , joint à ce que je viens de dire que Ton
kiiferoit, on lui délieroit encore la ligature,
& cette faignée par Fombilic , d’environ
d’une douzaine de goûtes de fang, le rappel-
leroità la vie ; c’eft avec cette reffource que
j’ai eu le bonheur de la rendre, en plufîeurs
occafions, à desenfans tout-à-fait abandonnés.
M. de la Motte , dans fon Traité des Accou-
chemens , rapporte trois Obfervations , pour'
montrer ce qu’il a à craindre de la ligature
trop ferrée du cordon , comment on doit y
remedier, & ce quil faut faire à celui qui
a été arraché.
Il dit que l’enfant d’un de fes amis , ayant
eu le cordon lié trop près du ventre, avec un
ni tres-délié , & trop ferré , ce qui joint à la
délicatefle du cordon, qui étoit très-menu ,
lui donna lieu de fe rompre tout près du ven¬
tre dès le lendemain de la ligature. Le fang
qui s’écoula par la playe , quoiqu’en petite
quantité , mit Fallarme dans la maifon. Les
Chirurgiens qui furent appellés, craignant les
jo Abbrégé de l’Art
fuites de cette hémorrhagie , jugèrent qull '
failoit pincer , avec un infiniment en formé
de bec de corbin, un peu de la peau voifine
& tâcher de faifir l’extrémité des vaiffeaux
rompus , perfuadés qu’en ferrant tout ce qui
auroit été pincé avec un fil ciré il viendroient
à bout d’arrêter l'hémorrhagie. Ces Chi¬
rurgiens né furent point trompés dans leur!
^'attente , l’hémorrhagie çelTa ; mais les effets'
de cette ligature trop ferrée , devinrent fu-
neffes à l’enfant, qui mourut par les grandes
douleurs quelle lui caüfa, & par l’inflamma¬
tion des parties voifines, qui s’étendit même
Jufques dans le ventre, qui lui fiiccéda, M. de
la Motte blâme ces Chirurgiens d’avoir em¬
ployé d’abord un moyen fi violent, eu égard
à la déliçateffe de l’enfant, & aupeude fang
qui couloir par la playe ; car c’étoit plutôt
un fuintement, qu’une hémorrhagie d’aucu¬
ne conféquence , & ce fuintement, eût été
arrêté par l’application de quelque remède
fimple , fans en venir à l’extrême qu’ils ont
employé, comme il eff prouvé par l’Obfer-
vation fuivarite
M. de la Motte fut appellé au fecours
d’une femme en travail à deux heures après
minuit,
des Ac'coucheméns v> fî
minuit , quelque diligence qu’il pût faire *
Î1 n’arriva qu’après la fortie de l’enfant, qui
étoit tombé fur lé plancher * la femme ayant
été furprife de la dernière douleur , étant
|debout ,, dont l’arrière-faix étoit relié dans
lia matrice , & le cordon de l’ombilic rom-
!pu, ou plutôt arraché jufques dans le ventre
de l’enfant ; de manière qu’il n’étoit pas relié
la moindre extrémité d’aucun des vailîeaux qui
le compofoient, pas même aucun vellige * ôè
d’où il ne fortoit aucune goutte defang;té
lieu étant comme une excoriation un peu
profonde qui fe feroit faite; ce qui détermi¬
na M. de la Motte, à donner d’abord fes foins
à la mere , qu’il lit coucher dans fori lit * après
quoi il détacha l’arrière-faix 5 qui étoit fort
adhérant à la matrice , & le tira au dehors j
le cordon qui étoit très-foible & très-petit Me
lui ayant été d’aucun fecours. Il appliqua en-
fuite fur la play e du nombril un petit tampôM
de charpie féche , qui remplilfoit le lieu d’où
le cordon avoit été arraché, & le foütirit pàf
june emplâtre dé poix noire 3 ürle petite cdim
iprelie , un bandage contentif lait d’un linge
plié en trois ou quatre doubles. L’emplâtre fé
[détacha quelques jours après d’elle-même.
L
\j V Abbrégé de L’Art
j & la pîaye du cordon fe trouva # cicattifée.
La crainte que l’hémorrhagie ne furvînt
après que l’enfant feroit revenu de fa fynco-
pe , obligea M. de la Motte de foutenir le
petit appareil par un bandage.
La troifième Obfervation concerne une
petite fille de trois jours, à laquelle le cordon
de l’ombilic venoit de fe détacher > & dont
il avoit fuinté affez de fang pour imbiber une
petite compreffe pliée en qüatre, ce qui caufa
dit M. de la Motte, une allarme d’autant plus
grande, que l’âge de la mere ne laiffoit guéres
efpérer d’autres enfans ; mais il rétablit bien-tôt
le calme, en promettant une prompte guérifon,
!qui fut fuivie de fon effet. Il appliqua fur la
playeom plumaceau de charpie féche , qu’il
| couvrit d’une emplâtre de diapalme y &
foutint le tout par un petit bandage , jufqua
)cë que l’endroit A’où le cordon s’étoit dé-
Itaché trop-tôt, fût cicatrifé,ce qui arriva fept
I à huit j ours aprè s.
des Accoüchemens,
1 er doucement en bas , on la fera foufEer
dans fa main ; & on lui frottera- légèrement
ie ventre à la région de la matrice ; fi barriè-l
re-faix n eft pas trop adhérant, il fë détache¬
ra comme de lui-même , par ces différens
moyens.
Si le placenta ne fe détachoit point alors f
Abbrége de l’Art
l’on s'y prendroit de la manière que je le
dirai dans le Chapitre trente - quatrième , où
je ferai mention" de harrière^faix adhérant à
}a matrice.
L’on obfervera de ne point mettre la fem¬
me debout, ni de la faire promener , comme
mmaillotçr l’Enfant,
t néceffité , la'/er la tête
du vin chaud, & un
pour ôter Forçhire qui
maniéré
des Accouchemens. 75!
affez fouvent , & ne point:
recevoir le Baptême dans;
s ’y rencontre
le préfenter pour
'un état dégoûtant. Si la maifon étoit dénuée
de tout, on le laveroit feulement avec de
l’eau chaude. Pour le çoeffer, on lui mettra
ipreffe de ling
afin de couvrir la fontai-
que Fenfant
~ t n 1
tge ou d’étoffe atta-
|une petite com|
jchée à fon béguin
!ne. Cette précaution empêche <
!ne s’enrhume. L’on nettoyera auffi le relie du
•corps de la craffe qui le couvre 3 avec du vin
chaud & du beurre au moyen d’une petite
éponge fine ou d’un linge, On enveloppera
Je cordon avec un morceau de linge blanc
& ufé , fur lequel on aura mis un peu de
beurre fans fel, d’huile ou de fuif ; enfiiite on
éprendra un autre morceau de linge double
de quatre travers de doigt de largeur ? pour
lui faire une bande, qui étant paffée fous les
reins, reviendra affujetîir par devant la peti¬
te ^ compreffe qui renferme le cordon ; un
point d’aiguille en fait la façon , & eil pré¬
férable aux épingles. Cette bande efi: indif-
penfable ; on doit la ferrer légèrement ; elle
^ rî à contenir le nombril, qui pourroif for-
tir par les cris de Fenfant, & lui caufer une
hernie ? incommodité que je vois tous Içsj
,<76 Abbrege de L An
jours arriver, pour n’ayoir pas eu cette atten¬
tion.
La manière de mettre Fenfant dans Les
langes , eft meilleure dans ce pays qu’ailleurs;
la bande qu’on ne doit point trop ferrer,.finit
aux genoux, les jambes ôdes pieds font tou¬
jours à Faife dans les bouts des langes, qui
ne font arrêtés qu’ayeç une épingle. Cette
méthode eft fi bonne, qu’il eft rare dç voii
ici des enfans qui foient bancroçbes.
On ne doit faire ftetter Fenfant qu’au boui
des Accouchemens. 77
s’il étoit fermé par une membrane , ou autre¬
ment, ôn appellerait un Chirurgien pour y
remédier.
On recommenderà enfin qùe fenfant foit
toujours couché fur le côté , pour qu’il puiilej
rendre plus aifément les phlegmes qu’il doitj
rejetter ; car fouvent il en eft fufFoqué, pour;
n’avoir pas eu cette précaution^
De. la maniéré d’accommoder VAccouchée J
& du régime quelle doit ohjerver.
F E temps qu’on a employé pour accom-
nioder l’enfant , efl fuffifant pour que lâj
mere fe foit repofée. L’ayant placée fur le'
pied du lit, comme je l’ai dit , on peut en
la tirant en haut la coucher, fans lui faire faire \
aucun mouvement, & par conséquent fans;
jla fatiguer. On évitera par ce moyen de laj
jmettre debout. On prendra une ferviette pliée ;
en trois , ou quelque linge qui puiffe faire
l’effet d’une bande : on la paifera fous les reins,
& on l’arrêtera en devant avec des épingles.
Cette bande, ou ferviette , ne doit pas être
Un ne doit point lerrer cette bande, ou
:te ferviette , les premiers jours ; ce que
n obferve quelquefois fi peu , que l’on
)it faire beaucoup de bien à F Accouchées
la ferrant extraordinaifement, ce qu’il eft
s-important d’éviter ; car en la ferrant ainfiJ
pourrait exciter non feulement de vives
uleurs, mais même une inflammation aubas-
ntre. Les premiers jours étant paflés, on
ra foin de refferrer un peu là bande chà-
une
dès Accoiichemens. yÿ
A l’égard du régime que doit ôbfefvër la
nouvelle Accouchée * il eft prefque impoffî-
|ble d’en prefcrire un à ces pauvres malheu-*
reüfes. Peu s'en fallut que je ne caufafle la
mort à une que j’avois accouchée; croyant
que pour rétablir fes forces le bon bouillon
fefoit ce qùe je pôurrois lui faire prendre de"
meilleur; mais je la jettai dans un très-mauvais
état par Ce changement de nourriture ; il lui
fürvint un dévoiement qui l’auroit réduite à
la mort, fi je ne lui avois donné un remède *
qui fut cependant moins efficace que fa nOUf-
riture ordinaire , à laquelle je fus obligée de
la remettre* D’ailleurs prefque toutes les fem¬
mes de campagne nourrilfenf leurs enfans ;
cette évacuation de leur lait les garantit des
fuites fâcheufes des couches ^ pourvû qu'elles
ayent été ménagées dans leur accouchement*
On doit prendre garde fi elles perdent afief,
fi elles urinent fouvent & fans douleur , fi le
Ventte neft point tendu * fi elles vont facile¬
ment à la Telle ; & fi elles étoient quelqués|
jours fans y aller , on leur ferôit prendre uni
lavement fait d’une déco&ion d’herbes émol¬
lientes, ou feulement avec de l’eau, où l’on j oin- j
droit un peu de beurre, ou de la graifie du pot , 1
8o Abbrégé de £ Art
j Quoique ce Livre ne
les Aeoouçheufes de
comme elles peuvent
quelques Dames d’i
& qui ne
»it deltine que pour!
pagne , cependant
•ppellées- auprès de
une complexion délicate,
font point accoutumées à nourrir
leurs enfàns, j’entrerai dans un detail plus cir~
eonllaneié fur les foins que Ton doit fe donner
auprès d’une Accouchée; -
Les femmes délicates fe conduifent d’une
manière. différente , que les femmes de la
campagne. Lorfquelles font, dans- leur lit ^ on
doit leur donner un bouillon ; & fuppofé que
la Garde ne feit pas bien entendue 3 on lui
fecontmendera d ? en donner un de trois en
troislieufesAce ne fera cependant qu après
avoir feu de; F Accouchée, fi elle eff d’un grand
appétit : on ce cas., les iimples bouillons ne
foffiroient pas, on y j oindroit quelques peti¬
tes loupes de pain blanc ,, coupées très-min¬
ces i & en petite; quantité, qu’on laifferoit
ûmfdemem tmmpev dans le bouillon , fans les
fake mitonner, ce qui les rendroit de difficile
digeffion.. L’on aura: foin que dans le bouillon
il ni entre point de veau étant contraire à
certains. teinpétanjens:,: .& pouvant d’ailleurs
exciter le dévoiement.
des Accouchemens. 81
On donnera pour boiffon ordinaire la ti-
fanne de chiendent, que l’on fortifiera avec
un peu de bon vin , fuppofé que la femme foit
accoutumée à en boire ; mais fi elle nen bu-
voit pas, au lieu de vin, on y ajouteroit un
peu de firop de capillaire,obïervant toujours
! que la boiffon foit donnée tiède.
1' L’on ne doit point exciter la fùeuf par un
! air trop cbaud dans la chambre, ou par trop
de couvertures. La précaution que bon aura 1
de faire obferver à V Accouchée beaucoup de
ménagement dans fes alimeris , ofi très-faîu-
taire; lajfièvre de lait née fera pas fi violente
& durera moins. Lorfque la fièvre eÉ ceiee f
on peut laiffer à la femme la liberté de man¬
ger, mais avec modération pendant quelques
jours , c’efi-à-dire , que le cinquième ou le
fixième jour , elle peut manger en peu de
volaille le matin, & elle doit sen abflenir
le foir, jufqu’à ce quelle commence à fe le¬
ver, & à faire un peu d’exercice
Il efi: efTentiel de smfiruire fi les lochies
ou vuidanges coulent fufhfamment; on doit
demander à la Garde à voir les cbaùJFoirs,
ce que l’on ne'peut chez la plupart des fem-i
Imies <fe la campagne, qui men font -point d’u-;
8z Abbrégè de l'Art
fage. On obfervera fi la perte eft confidéra-
ble , afin de ne rien laiflerà appréhender pour
les fuites , foit qu elle fût trop grande, pu que
î§ femme ne perdît point affez. Le premier
jour 9 le fang doit être d’un beau rouge , &
couler affez abondamment ; le fécond jour,
il doit fluer avec moins d’abondance 3 & le
tpoifieme il perd de fa couleur, fe trouvant
plus pâle. Il arrive même quelquefois que
î’Âccpuchée ne perd prefque pas, parce que
le lait montant au feiii, fufpend la perte ; ce
dont il ne faut pas s’inquiéter, pourvu que
q§m fuppreffion ne foit accompagnée d’au-
cuti accident fâcheux, comme de la difficulté
de refpirer, de la fievre ÿ de la tenfion du
ventre ^ car alors il faudroit demander du
fonféiî, y ayant à craindre pour la malade ;
cependant en y remédiant de bonne heure,
pn préviendra les accidens que le lait peut
pcçafipnner, & pour cela on fera ufer les!
premiers jours d’une infufion d’armoife, f
lies vuidanges ou lochies ne couloient pas fuf-
jfifamment ; & pour empêcher que le lait ne
jfe porte au fein avec trop de violence, &
!n’y féjourne trop long-temps, on lui donnera
;un bouillon de cerfeuil, dans lequel on fêta
des Accouchemens . 8 3
difloudre un gros ééarcanum duplicatum, ou
de fel de Glauber. Ces fels font très-bons
pour empêcher que le lait ne fe grumele dans
le fein* que l’on aura foin de tenir couvert
& chaudement s ou ne s’épanche fur quelque
partie du corps. On mettra fur le fein de
l’onguent popuLeum , ou de l’huile d’olive avec
de l’étoupe de lin ; le miel eft encore fort
bon. On préférera ces remedes à tous les au¬
tres, parce qu’ils font très-doux.
CHAPITRE XVII J.
Des tranchées qui arrivent aux Accouchées ,
des hémorrhoides , & de la nécejjité de bajjiner
la partie .
O N emploie divers remedes pour foula-
ger la femme dans les violentes dou¬
leurs de colique quelle relfent les premiers
jours de fa couche. Je puis dire avoir mis
en ufage tous ceux qu’on m’a alluré être bons,
fans en avoir trouvé aucun d’efficace ; le feul
que je confeillerois , c’eft Tufage des lave-
mens faits avec la décoélion des herbes émol¬
lientes * & d’appliquer ces herbes furie ven-.
84 Abb.régé de T. Art
tre : on aura foin d'en entretenir la chaleur
au moyen des linges qu’on fera chauffer de
temps en temps. Voilà ce que j'ai trouvé de
: meilleur pour calmer ces douleurs. On a cou¬
tume de faire avaler de l’huile d’amandes dou-
; ,ces
même en quantité ; fi néanmoins eilej
provoquoit le vomiffement, l’on en donne-!
roit peu ; car les vomiffemens feroient plus!
dangereux que les tranchées, dont on na|
point à craindre les faites, lorfqu’elles ne font;
;que momentanées, & que la femme fent quelle 1
perd à chaque douleur.
Il eft des femmes qui, après être accou¬
chées , fouffrent des douleurs d'hémorrhoï-
des : on leur fera prendre une tifanne faite
avec la graine de lin; on appliquera fur la
partie un linge couvert d’onguent populeum .
•Il y a quantité de remedes dont je ne parlerai
•point, chaque perfonne ayant le lien pour
ces fortes de maladies.
j Je fais qu’il eû. difficile d’engager les feul¬
âmes de la campagne ,& même quelques-unes
des Villes, à fe h affiner dans leurs couches; il
faut pourtant les y déterminer en leur remon¬
trant la néceffité de le faire. On peut leur
ven parler fans bleffer la modeffie; elles -fouf
ifrent iouvent ,-ians oler le plaindre, mr-tout
| aux premiers accouchemens, .où la partie efl
•jprefque toujours: un peu déchirée ce. qui
forme une petite plaie, qui peut ^augmenter
[par Fâcreté du fang & des lochies.. On leur
Ifera faire d’abord des lotions avec du lait &
|du cerfeuil, ou de Feaü de guimauve./ S’il
furvient des démangeaifons > on fera; ces. lo¬
tions avec un mélange d’eau & de vinaigre ,
!& enfuite avec du vin fuffifamment chaud.
Du dévoiement qui furvient a la Femme les
premiers jours des couches.
L E dévoiement dans les premiers jours des
couches devient quelquefois dangereux,
.frondenéglige, ou qu’on 1 arrête touta-coup-;
ù’eil à quoi il faut bien prendre garde. L’on
ae doit point employer indifféremment tous
les remedes enfeignés par des bonnes Fem¬
mes, ou par des Gardes mal inflruites. Le
jdévoiement efl fouvent occafionné pour avoir
86 Abbrégé de V Art
medes trop violens dans la vue d’exciter fe§
douleurs, ou enfin parce que l’on ne s’eft
point informée, avant que la femme accou¬
chât , s’il y avoit du temps quelle eût été à
la felie. Les excrémens retenus trop long,
temps occafionnent très-fouvent le dévoie¬
ment. On fera prendre à la Femme des la-
vemens compofés de lait, auxquels on joindra
le jaune dun œuf frais & un peu de fuccre.
Ces remèdes font très - adouciffans. Après
avoir ufé quelques jours de ces lavemens,
l’on pourra en faire avec la déco&ion de la
plante appellée queue de cheval , ou preLe , ou
avec celle de Fécorce de grenade, en dé¬
layant dans chaque lavement un jaune d’œuf,
On en donnera deux petits par jour , & Ton
aura foin de faire prendre de bon bouillon
à TÂccouchéè * polir quelle ne foit point
trop affoiblié; mais fi la fièvre furvient, &
que les évacuations commencent à fe fuppn-
mer, l’on ne fauroit trop-tôt appeller un Mé¬
decin, ou un habile Chirurgien.
Cette figurejuit voir le bafin par devant et un peu de coté afin de
faire apercevoir an vice de conformation provenant de la trop gran¬
de saillie de la partie supérieure de l os \Sacrunt en dedans du bféin-
ainsi y ue de la rentrée des os Pubis auféi en dedans ce (fui ne peut
permettre-a la tête qui est appuyée deféus. Et la face tournée du’
coté des Vertèbres des Lombes de trouver son pafiâge .
Gravé en Couleurspar J.Robert,
P. Chapparre .
Cettefg ure fait voir un bassin renversé vu posterieurement etof-
Jé'P un autre vice de conformation dé pendant de, la tropgrande cour
bure de la partie inferieure de l'os Sacrum A.et du (occis B .canon,
aufèidu trop grand prolongement des deux épines des os IschionJ
repué CC. ce ejaino-peutpermettre a la tète de l'enfant de sortir
Ceint par- P. Chapparre.
Gravé cri Cmi/eurj- par' J'
w
Autre vice de conformation produit par le r effarement des br
ches des os Pubis AA. ce qui rend l’arcade queforme ordinairement
les os, si étroite qu'elle ne permet pas a la tête de l’enfant de sortir,
laquelle est en outr'e preféee de chaque cçtépat' les épines des os P-
ch ion BB. et c’estce qu'on nomme communément unefemme barrée
éPeintpari*. Chapparre.
Grave an Couleurs par
des Àccouchemens,
:XXK>:X<XXXKK5<XXX>CXXXX>OCXX
88 Abbrégé de tArt
tion extraordinaire du baffin, appeüa plufieurs
de fes Confrères des plus renommés, qui ayant!
auffi reconnu cette difpofition contre nature,!
jugèrent qu’il n’étoit pas poffibie d’accoucher!
la femme par la voie ordinaire, & c on vin-!
rent de la néceffiîé de l’opération céfarienné,
c’eft-à-dire, de faire une incifion, tant aux
parties contenantes du ventre, ^qu’à la ma¬
trice, & d’ouvrir la poche ou fac , formé par
lies membranes chorion & amnios , pour en
uetirer le fétus. L’enfant qui vint au monde
!jpar cette opération, avoit le volume d’un en¬
fant à terme : il vécut plufieurs jours , & la
mère/jouit aujourd’hui d’une parfaite fanté.
|: Mais fi l’accouchement n’étoit laborieux
que par la difpofition particulière du coccyx
qui fe porteroit trop en devant, & que ce
fût dans une femme d’un certain âge, qui
jaccouchât pour la première fois ; les cartila¬
ges ,& les ligamens qui permettent à cet os
de fe porter en arriéré, lorfquul efi: compri¬
mé par la tête de l’enfant, ne prêtant alors
que difficilement : auffi remarque-t-on que
ces femmes foufixent plus long-temps que les
jeunes : pour faciliter leur accouchement, on
infinuera la main toute"entière dans la partie.
des Accouchemens. 8 y
on la paffera fous la tête de l’enfant, en ap¬
puyant un peu fur le coccyx, pour le forcer
à fe porter en arriéré, à mefure que l’en¬
fant s’avancera; ce qui facilitera beaucoup
fa fortie.
Lorfque l’enfant relie trop long-temps au'
paffage, on doit lui affurer la vie fpirituelle!
par le Baptême, ce qui fe fait toujours fous|
condition, en lui verfanî de l’eau fur la tête ,i
|ou en la lui faifant parvenir parune canule de;
;feringue, & prononçant ces paroles : Enfant ,
I fi tu es vivant , je te bapdfe au nom du Pere ,
du Fils , & du Saint-Efpnt ; ÔC lorfqu’il fera
porté à l’Eglife, on avertira le Prêtre que
l’enfant a été ondoyé.
Dans tous les accouchemens contre natu¬
re, aufîbtôt que l’on peut faire avancer un
pied dans le paffage, on doit donner à Ten¬
tant le Baptême, avant que d’aller chercher 7
l’autre pied; le temps que Ton méttroit pour
le faire venir , pourroit priver l’enfant du
bonheur éternel. C’eft un des grands repro¬
ches que l’on puiffe lé faire, li l’on y man- j
iquoit. La même chofe doit être obferyée,j
llorfqu’au-lieu d’un pied , ou de la tête. Tené
tant préfepte quelqu’autre partie»
|jq: Abbrégé de J Art
CHAPITRE XXL
De F Accouchement où VEnfant ejl arrêté au :
pajfage par des épaules trop larges .
|TL arrive quelquefois que les épaules dej
j JL l’enfant font trop larges à proportion du
jfolume de la tête» On ne s’attend point à.
Ifrouver d’obftacle à fa fortie , lprfque la tête}
éfi hors de. la partie ; le fëcours d’une main
{labile e ft néanmoins très-néceffaire pour con-
iferyer la vie à l’enfant; car fouvent il meurt j
Ipar la faute de celle qui pratique cet Art,
||e que j’ai vu arriver plus d’une fob. On!
jfe donnera bien de garde de tirer de toutes!
.fes forces , l’enfant étant foible, la tête pour-:
voit fe féparer. Torique la tête fera - fortie,
fi le tronc ne fuit pas, on cédera dans l’inf-
jtant, & on palfera la main gauche fous le
menton, pour foutenir la tête, afin d’empê-
jcher que le nez ne foit porté vers le fonde-
jment de la mere, & que par cette attitude
l’enfant ne foit fuffoqué. En lui tenant la tête
en droite ligne, on infinuera le doigt indice
de la main droite fur la poitrine, pour le
des Açcouchemens. pï
’gliffer fous l’aiffelle ; on recourbera ce doigt
en forfrie de crochet, on dégagera l’épaule *
que Ton fera fortir de la partie, & par l’ef¬
fort que la femme fera obligée de faire, on
aura l’enfant en vie , fans lui avoir fait aucun
mal ; mais fuppofé qui! ne cédât point à cette
Façon de sy prendre, à raifon de la largeur
extraordinaire des épaules, on fera foutenir
la tête par quelqu’une des affilantes, ou par
la Garde ; précaution abfolument néeeffiaire,
{& on dégagera les deux épaules , l’unè après
l’autre, ou toutes les deux en mémehîemps,
en infinuant un doigt de chaque main fous té$ !
aiffelles, & lorsqu’elles feront un peu avan¬
cées, on aura l’enfant dans finftanî. On in¬
troduira les doigts du côté du fondement de
la mere, parce que le vagin , étant une partie
charnue & membraneufe, prête facilement;
ce qui n’arriveroit pas, fi l’on paffoit les doigts
au-deffus,.les os ifchion ne prêtant point, il
fcroit impoffible d’en venir à bout, Par cette
tnéthpde, on cpnferyera la vie à plufieurs
jenfans, qui pendent par lignprance de cer- ;
; tains Chirurgiens de village, ou de femmes |
Ans expérience, qui ndnt d’autre reiîburce \
.^ue celle de féparer la tête, ou de fe fervir:|
9 2/ Abbrégé de T Art
de crochets , ou dune cuillier à pot, pour
faire fortir par morceaux le rede du corps.
. —. . . *-
CH APURE XXII.
De-la difficulté df accoucher, lorfque Vorifice
de la matrice fe refferre tout-à-coup , après
avoir laiffé paffer la tète .
I L eil encore un obftacle à la'fortie de Fen-
fant, quoique la tête foit à moitié hors de
:1a partie; fçavoir, lorfquel’orifice de la ma-;
trice fe refferrant tout-à-coup, les épaules ne;
peuvent fuivre à caufe de cet étranglement,;
qui feroiî capable de caufer la mort à Fen-
! fant, fi l’on m’y apportait du fecours fur le
champ. Il faut alors fe donner bien de garde
de tirer l’enfant à foi; car l’on entraîneroit
en même-temps la matrice, ce qui feroitper¬
dre la vie à la mere.
Après avoir tenté, comme je l’ai dit, de
tirer l’enfant avec ménagement, fi l’on fent
de la réfiftance, on infinuera un doigt pour
j en découvrir la caufe ; on reconnoîtra par
jce moyen que la difficulté vient de l’orifice,
ieii le fentant tout autour du col de l’enfant f
9 *
Quatrième dépré de Dilatation de la Matrice, lequel a permis
a la tête de sortir, mais qui s'étant contractée sur le champ
•serre le col de l'Enfant.
pint par' P Chapparrc .
Grave en Couleur par J. Robert.
des Accouchemens. 9 5
l à qui il forme une efpece de collier : on le
dilatera facilement, en infinuant un doigt de
jkhaque main, que Ton paffera entre l’enfant
| & l’orifice ; on tournera ce doigt tout autour
pour en procurer la dilatation, & il faudra
aller chercher les épaules : on empêchera la
femme de pouffer en bas, crainte que la ma¬
trice ne fe refferre de plus en plus. Si la ma-
trice étoit refiée à fec par l’écoulement des
eaux, on fe graifféroit les mains avec du beur¬
re fans fel, ou de l’huile, ce qui rendroit l’oi
jjrifice. plus Toupie, en obfervant toujours de
||faire foutenir la tête de l’enfant, crainte qu’il
ne foit fuffoqué. j
CHAPITRE XXIÏI.
De VAccouchement ou la matrice précédé là
fortie de l'Enfant,
¥L arrive quelquefois que la matrice def-
cend confidérablement dans le vagin, &
au point que l’orifice fe trouve au bord de
la partie, fans pour cela que l’enfant foit en¬
core defcendu. Cet accident * efl plus com¬
mun dans les campagnes que par-tout ailleurs,
94 Abbrégé dé F An
les femmes y étant plus fujettes au relâche¬
ment de matrice, par la faute de Celles qui
les accouchent , fait eh les faifant tenir de-
leur recommendant de pouffer
bout, foit en
en bas dès Fi
leurs, fouvent même fans qui! y ait appa¬
rence d’acc duc hë ment :
Lorfqu on s’apperce^fa que la matrice s’a¬
vance au-devant de la tête de l’enfant, on fe
gardera bien-de faire pouffer la femme : oh
la fera coucher -de façon quelle ait la têtej
plus baffe que dans l’accouchement ordinaire.
On in&uera la main toute entière dans la
jpartie; car lin feul, & même-deux-doigts ne
jîuffiroient pas; On repouffera tout doucement'
[la matrice ^ en écartant les doigts ; on la fou-
rièndra^ & Ton attendra que la tête fe falê
fentir fans retirer la main, attitude qu’il faut
|nécéifairement garder , jufqu’à ce que l’en¬
fant foit prêt à venir : on repouffera alors*;
avec le bout des doigts O’orifioe, â -mefure
que la tête s-avancera, êt que la femme fera
valoir fes douleurs. Après avoir délivré la
femme avec beaucoup de précaution, c’efl-à-
dire, en ne la faifant point pouffer , & ne ti¬
rant point trop fort le cordon, crainte que
des Act'ouchemens. 9 5
je fond de la matrice ne fort entraîné par l’ar-
f iere-faix, l’on remettra, après la fortie de
l’enfant, la main dans la matrice, en la ré»
pouffant dans fon fond; l’on attendra quelle
jcommence àfe refferrer, & alors oii retirera
Itout doucement la main. On fera obferver à
jla femme d’être couchée la tête plus baffe qui
Il ordinaire.
De 1 Accouchement accompagné du relâchement
ÏL eft encore Une difficulté pour Faccôti-j
-^chement, elle a pouf caufe le relâchement'
du vagin. On diftingue ce relâchement de
celui delà matrice, en touchant la femme \
car celui du vagin ne laiffe point de vuide
du côté du fondement : il ell auffi plus lifïeij
que la matrice, parce que s’étant dilaté, tou¬
tes les Tugofités qu’on y fént dans l’état Or¬
dinaire , îe trouvent alors effacées; Il efl de
toute néêeffité d’y remédier, avant que lâ
femme accouche ; car l’enfant ne pourroif
fortir qu’avec beaucoup de peine, & fa for-
Abbrégé de /’Art
îie, jointe au efforts de la mere , cauferoit un
relâchement plus confidérable. Pour y remé
dier, on s’y prendra de la maniéré fuivante.
On repouffera un peu l’enfant, en mettant
d’abord le bout des doigts d’une main du cote
du fondement 3 évitant de le toucher du bout
des ongles, crainte de le bleffer, & conti¬
nuant à pouffer doucement dans la partie, on
y fera rentrer le vagin ; on continuera d’a¬
vancer la main, jufqü’a ce quelle fë trouve
fous l’orifice : on lai-ffera la main dans cette
poiîtion pour retenir le vagin, l’on attendra
que l’enfant avance, & à mefure qu’il appro¬
chera, on reculera la mam.
Après avoir délivre la femme , on peut ai-
fément faire rentrer le vagin, en mettant la
main dans la partie, comme je viens de le
dire. . ;:e .. .j
On recommenderai a la femme-de ne . point
faire des efforts pour aller àla felle , - ce que l’on
obtiendra, par le moyen des layemens, ainfi
qu’on en ufe dans la chûte delà matrice. Ï1 ëfi
néceffaire de coniulîer un Médecin:, ou un ha-
des Accouchemens. 97
Je fus un jour appellée pour un pareil acci¬
dent , il n’étoit plus te ms de prendre, cette fage
précaution, le relâchement étoit confidéra-
ble, reiTemhlant à du boudin replié fur lui-
même. Je ne pris d’autre parti que de le
foutenir avec mes deux mains , en joignant
les deux pouces près Fun de l’autre du côté
du méat urinaire , en écartant les mains, les
;deüx indices fe rejoignirent par en bas; je
le foutins tout entier par cette maniéré, fans
j mettre les ongles ; je lis dégager la tête
de Fenfant, & je foutins de toutes mes for¬
ces le vagin, pour nfoppofer à ces mouve-
mens convulfifs , pendant que je la faifois
! délivrer ; la femme ne fe reffentit point après
de cet accident; c’étoit pour là fécondé foisj!
qu’il lui étoit arrive, & dans le premier, elle
avoir refié trois heures évanouie.
Des différentes obliquités de la Matrice.
T’Ai traité dans les Chapitres précédées des;
y pbftacles qui peuvent rendre les açcou-
chemens funeffes à la mere & à Tentant r quoi¬
qu’il fe préfente bien, c eft - à - dire, par le
fpmmet de la tête, que la matrice Toit bien;
placée , que Ton orifice, fe trouve vis-à-vis de
Fentrée du vagin, & de la partie de la fem-
■me , & qu’en la touchant ? on fe fente direct
'jtement au milieu. Il eft encore des : difficultés
'qui ont pour caufe les différentes obliquités
jde la matrice, & qui rendroient la forpe de
l'enfant impoffible, fi Ton n’y apportpit du
fec-ours.
Les relâchemens de la matrice prouvent
âffez que les ügamens qui l’affujettiffent, ont
de Ta facilité à s’étendre. J’ai fouvent trouve
que les ügamens d’un coté, ayant plus prête
que les autres, avoient donné lieu à la ma-[
\ trice de fe porter vers le coté oppofé, ce que
! j’ai reconnu par le toucher ; car au lieu de !
j rencontrer l’orificè de la matrice au milieu,'
Cettejuqure représente le bassin vu etvjuce et un peu penche en
avant avec l'obliquité latéralle de la Matrice, dont l'orifice est^D
appuyé sur la partie droite du bassin.
Grave en Couleurs par J. Robert.
Dans cettefpare la situation oblique de la Mat/dce est directe -
ment oposée a la précédente,son fond étant couché su/' la face)
in te/'ne de Vos des Isles droit, et son orifice appuyé sur la partit
cjauehe du bassin .
Peintpar F. Chafrparre . Gravé en Couleurs par J. Robert^
des Accouchemens. 99
je le trquvois de côté , & paffant la main fur
le ventre, je fentois aifément que la matrice
étoit penchée. Je remarquois en même-tems
que lorfque le corps de la matrice étoit in¬
cliné du côté droit, fon orifice étoit tourné
vers le côté gauche du baflin : or la tête de
l’enfant appuyant alors fur l’os innommé, elle
y trouve une forte réfiflence, ' & il faut de
nécellté que l'enfant & la mere périffent,
malgré toutes fes douleurs &~les efforts quelle 1
pourroit faire, fi l’on n’y apporte du fecours. !
Il en fera de même, fi l’enfant fe porte du
côté gauche ; car alors l’orifice fera tourné
du côté droit. Quelques fâcheufes que foient
ces différentes fituations, & quelques diffi-
1 culte,? qu’elles préfentent, on les furmontera
aifément, en s’y prenant comme je vais le dire.
Si l’orifice de là matrice efl tourné du côté
gauche, il faudra faire coucher la femme du
même côté; car le poids de l’enfant qui fe L
trouve du côté droit, le fera avancer dans
le milieu ; & tandis que la femme refiera dans
cette attitude, Ton Jnfinuera deux ou trois
; doigts de la main droite dans le vagin, on
les paffera entre l'orifice de la matrice &
X enfant, & avec la main gauche, on pouffera
icement le ventre pour le taire encore!
On ne doit point faire ces fortes
-âions avec violence; il faut au con-i
y prendre à plufieurs fois. On re-l
ndera à la femme de ne point pouffer,
ce que l’orifice foit remis en fa place;
efforts quelle ferait alors augmente^
i difficulté, en preffant plus fortement
fur l’os innommé.
Il eft encore deux fortes d’obliquités de la!
matrice; la première eft lorfque l’orifice vient
s’appuyer fur l’os pubis. Il eft impoffible, dans;
une pareille fituation, que l’enfant forte fans|
le fecours de l’Art. Il faudra donc alors faire
mettre la femme à genoux fiir le lit,; & quelle!
s’appuie fur les coudes le plus qu’il fera pof-
fible. Cette 1 attitude fera tomber l’enfant en
devant , & donnera plus de facilité d’amener
l’orifice en fon lieu naturel : on fe fervira des
doigts pour le reculer doucement du côté de
l’os facrum , & l’on empêchera la femme dej
faire des efforts pour pouffer ; c’eft à quor!
on doit bien prendre garde dans ces fortesi
d’accouchemens. 1
La fécondé & derniere obliquité de la ma*"
i trice, c’eft lorfque fon fond fe porte en deq
roien
Pl. VIL
Çô
Cette ffure étant l'opposée, de la précédente ) elle fait voir la.)
partie postérieure du b a fi in avec l'oblùjuité de la ÆatriceS)
postérieurement son crrifee par enflant un peu au de fus dt>
los Sacrum .
Peint peu-' P Chafïpc
Gravé en Couleurs par J. Jtobd't'
des Accouchemens. loi
yant, tandis que fcn orifice eft jette en ar-
i r iere du coté de l’os facrum. Cette fituationj
Ije la matrice approche plus % de la naturelle;
'que les autres, parce que le ventre faillit fur
le devant, lorfque la femme eft debout, &
l’on eft fouvent obligée de foulever un peu
Üatête de l’enfant pour pafîer le doigt, afin
:de connpitre.fi elle eft en travail : il arrive
'quelquefois quen pareil cas, on ne touche!
que le bord de l’orifice* fans pouvoir fentir ;
les différens degrés de fa dilatation : lorfqu on;
trouve cette difficulté* il faut faire mettre la;
femme fur le lit, & quelle foit un peu ren-
Iverfée : pour lors le fond de la matrice tombe ;
fur le dos, & donne la facilité de fentir l’o-i
rifice. Si l’orifice ne pofoit pas fur l’os facrum
confidérablemenî, comme il fe rencontre clans
les femmes à qui le ventre ne tombe pas
jtout-à-fait fur les cuiffes, en la laiftant cou-
loi Abbrégê de VArt
A l’égard des femmes, dont le ventre eg 1
trop pendant, il n’efl pas pdffiblé que Fac-
couchcment le falïe de lui-même ,• il faudra :
que là femme ôc l’enfant périfféiit faute de
fecours ; Forifice venant à pefer fur Vos fà\ 1
crüm , l’enfant y fera pouffé violemment par
les efforts de là mère, & ne poiirfà jamais
fortir. Si en touchant la femme, le doigt ne !
peut atteindre l'orifice, on la ferà coucher,
& l’on infinüérâ dans le vagin toutë la main ,
apres l’avoir graiffée : on foulevera un peu I
| la? tête de l’enfant que l'on fent dans la nxa-
itrice, on fera encore pencher la femme én
arriéré le plus qu’il fera pdffiblé , -6c on pouf¬
fera tout doüceirient le vefttre en haut avec
lia main gauche, & des deux doigts de la main!
droite que l’on aura introduits dans forificë,
on la tirera doucement en devant, obfervanf
toujours que la Femme ne doit poufféf que
lof f que l’orifice fera réduit, & que là tête dé
l'enfant s’avancera. Ces rédu&ions doivent!
fe faire avec beaucoup de ménagement, &
il faut y employer tout le temps néeefiaire
pour ne point violenter la matrice.
Dans les accouchemens ou l’enfant fe pré¬
fente mal, fi la matrice efi oblique, il faudra 1
des Accouchëmens. îa$
dé toute néceffité la remettre dans fon lieu
'naturel, avant que de vouloir retourner ren¬
dant; car autrement il ne feroit pas poffiblë
d’en venir à bout.
Lon pourroit empêcher les Femmes d’êtrë
expofées à ces fortes d’inclinaifons de la ma¬
trice , en leur confeillant, lorfqu’elles fe plai¬
gnent de porter leurs énfans plus d’un côte i
que de l’autre, en leur confeillant, dis-je,
de fe coucher du côté oppofé. A l’égard de |
celles dont le ventre tombe fur les cuiffes en |
forme de belace, il faudra leur faire mëttrë {
de bonne heure, autour du corps, une fer-!
viette en forme de bande , qui ne foit point |
trop ferrée : par cette précaution l’on empê-|j
chera que l’enfant ne eroiffe dans*cette mau-j
ivaife fituation. .
Ue L Accouchement ou L Enfant préjente lin
pied^ ou tous les deux enfemble,
L Accouchement ou l’enfaiit préfentc un
pied, ou tous les deux enfemble, efl le
plus aile de tous ceux où l’enfant vient mal.
104 Abbrégé de F An
puifque quelque partie qu'il préfente à Kori-i
jfiee , fi l’on en excepte le fominet de la tête J
l’on efi: dans la néceflité de le faire venir pari
jles pieds, étant la feule reffource que l’Art!
pour faciliter fafortie.
fourniffe pour faciliter fa fortie.
On peut difiinguer facilement les pieds,
même avant que les membranes foient rom¬
pues, Dans cette pofition, la partie allongée
qu’il préfente, fait prendre aux membranes la
même forme, & lorfque la douleur efi: paf-
fée, on fent un pied, où tous les deux que
l’on reconnoît aux talons, aux chevilles & aux
orteils. On ne fçauroit prendre les mains pour
les pieds, leur forme fe trouvant très-diffé¬
rente. Il ne faut pas attendre que l’enfant s’en¬
gage trop avant dans le pafiagé, ce qui ren-
droit l’accouchement dangereux pour deux
jraifons.
fi la face étoit tournée
La première eit que
du côté du nombril de la mere, ce qui ar¬
river oitfi l’enfant avoit le ventre en deffus,
la mâchoire s’accrocheroit aux os pubis, &
! tous les efforts que l’on feroit pour le tirer,
| ne ferviroient qu’à lui féparer la tête davec
| le tronc.
La fécondé difficulté qui furviendroit, c’efi
Prtntp ar P Chappai-rc .
Grave en Cou/curs par J. Robert.
Cette Planche représenté encore une fnufe manceuvt'e en pi'éffrant de ti -
rer l'enfant la face en devant plutôt pie de lui avoir tourné par derri¬
ère , ce pii donne lieu au menton de lenfant de s'accrocha' sur les os Pu¬
bis et en continuant de le tiret' dans cette positioji la tête se renversant
en arrière la mâchoire peutse luxer, d’ailleurs l’occiput par ce renverse •
ment appuyant sur l’os Sacrum, il est impofible defaire pafer la tète
dans le détroit du petit b afin, il faut donc en repoufant l’enfant un.J
peu en haut lui retourner la face en arrièt'e .
des Accouchemem. 105
que fi l’enfant ne préfentoit qu’un pied, com¬
me cela arrive fouvent, en tirant ce pied for¬
tement , l’autre étant plié derrière fon dos, &
le genou venant à s’appuyer fur l’eftomac, ce
pied pourroit pofer fur l’os pubis, & l’effort
que Ton feroit pour le tirer, ne ferviroit qu’à
le preffer plus fortement fur cet os, ce qui
rendro.it la fortie de l’enfant très-difficile, &
peut-être même impoffible.
Lorfqu’on aura reconnu qu’un des pieds
fe préfente, que la dilatation de l’orifice efl
fuffifante., & qu’il fe trouve éminci, on rom¬
pra les membranes, fi elles ne Fétoient pas ;
l’on attendra pour cela une forte douleur, la
tenfion qui leur arrive alors les difpofant à
être percées plus aifément. Les membranes
étant percées, on prendra un pied ou tous
les deux, que l’on tirera également, on les
amènera hors de la partie : on prendra un
linge, fec & doux, dont on les enveloppera,
pour qu’ils ne gliffent pas des mains. Lorfqu’on
aura pafie les genoux , fi l’enfant vient la.face
en-deffus, on le retournera à mefiire qu’on
le tirera, pour que le nez le trouve en-def-
fous du côté du fondement de la mere. Cette |
précaution efi; abfolument néceffaire pour em-
:io 6 Abbrégé de L’Art
pêcher que la mâchoire ne s’accroche aux os
pubis. On abaiffera les bras l’un après l’au¬
tre, & fi la tête ne fort pas dans l’inftant, loin
de la*tirer avec violence, ce dont il faut bien
fe garder, car on pourroit la féparer du tronc ;
pu s’arrêtera, & on fera foutenir l’enfant par
quelqu’un, pour empêcher qu’il ne foitfuffo-
qué > & faihffant la mâchoire inférieure, on
gliffera le doigt indice de la main gauche
dans la bouche, pendant qu'on infinuera la
fiiain droite fur le derrière de la tête, pour
la faire baiffer du coté du fondement de la
rnere ; on la tirera à foi, tandis qu’une autre'
perfonne tirera l’enfant par les épaules,
Plüfieifrs Auteurs veulent qu’ayant abaiffé
un bras on laiiTe l’autre, pour que la t|te fbit
conduite plus direâement; mais je penfe que:
forfque la tête eft un peu groffe, on rifque-|
roit alors de rendre la fortie de l’enfant plus
.difficile ; la longueur du temps que l’on met-;
troitàl’avoir , deviendroit préjudiciable pour;
le bras, qui, en fe gonflant, formeroit une,
autre difficulté.
jj Si l’enfant ne préfentoit qu’un pied, lorf-
qu’on l’aurpit un peu avancé dans la partie,
on Fafrüjetîiroit par un ruban, auquel on fe-;
Cettefiqure représenté Vendant soi'ti mais dont la tête est encore engagée
sous l’arcade clés os Pubis et pour la débaraficr on représente, les doipts
d'une mam cjauche appuyés sia' los Occipital et en defous une mam d/'oiâ
dont le doipt indice va chercher la bouche de l’enfant dans laquelle il s’intro¬
duit et tirant avec ce doipt la mâchoire inferieure en bas et l‘autre mam ap ■
pupanten meme temps sur l’occiput, la tête se fléchit nécefaircmcntctpar ce
mouvement elle sot't avecfacilité.
Gravé en Couleurs par J- Moirrt.
î>>.
des Accouchemens. 107
roitun nœud coulant, fans trop le ferrer, &
en fuivant le genou, on conduiroit la main
fur la çuiffe pour la paffer fur la partie de
l'enfant, ou fur le derrière, fuivant fa por¬
tion, &l’on fuivroit l’autre cuiffe & la jam¬
be : pour lors on prendroit ce pied que Ton
ameneroit au pafiage. Quelquefois on efl
obligé de repouffer le premier, fur-tout s’il
étoit trop avancé, & en le faifant rentrer un
peu, on fe faciliteroit le moyen de faire ve¬
nir l'autre.
Il eft effentiel de s’aifürer que le pied que
l'on tâche d’avoir, efl celui qui appartient au
même enfant; car il arrive quelquefois que
la matrice contient deux enfans , & même
trois. On conçoit bien qu’en tirant indiffé¬
remment le premier pied que l’on trouveroif,
on pourront en tirer un d’un autre enfant, &
les corps s’embarrafîant fun & l’autre, il en i
arriveroit la mort, tant des enfans que de la i
mere, étant de toute impoffibilité qu’ils vinf !
fent enfemble.
Cet inconvénient de tirer le pied d’un fé¬
cond ou d’un troifieme enfant, ne peut néab-
jmoins avoir lieu que lorfque ies membranes,
qui renferment chaque fétus en particulier,
I * -S
%é de VArt
x qu’enfin deux fétus font
ar la poitrine , ou autre 1
: on fçait qu alors- ils font!
même enveloppe ; mais 1
105 At
.ont été déchirées
unis l’un
l’autre p
corps; ca
renfermés dans une
ce dernier cas eft fort rare.
De l'Accouchement où V Enfant préfènte les.
genoux ., ou le fondement,
I L efl aifé de diftinguer fi l’enfant préfente
les deux genoux, ou un fou], fur-tout lorf-
que les membranes font rompues ; car l’on
fent l’os qui efl en devant, nommé la rotule :
fa rondeur & fa fermeté n’empêchent pas qu’il
ne différé beaucoup de la tête ; puifqu’en tou¬
chant, on fent un vuide de chaque côté, &
qu’en y paffant le doigt, on trouve le pli que
fait le genou, lorfque la jambe efl: fléchie.
On ne le laiffera point engager trop avant,
ôc en fuivant la jambe l’on ira prendre un
pied; lorfqu’on l’aura, oxi dégagera l’autre,
des Âccouchemens. 109;
que la douleur eft paffée ; car alors on fent
u n vuide au milieu,.& une gfoffeur de cha¬
que cote, niais fouple. S’il ne fe prëfentoit
jque de côté, cette partie Te diffingüera en¬
core au toucher; car en pariant le doigt tout
autour * on fent le pli que fait la cuiiTe, &
de l’autre côté le fondement ; on ne peut fe
tromper fur la différence qu’il y a entre cette
partie & là tête;
Si la mauvaife fituation de 1 enfant donné
jlieu à la compreffion du ventre, il rie man-
jque pas alors de rendre le mœconium renfer¬
mé dans le gros boyaux ; c’eff une matière
noire qui reffemble à de la poix, & dont on
prouve alors fon doigt couvert, fi Ton touche
jla feriime dans ces momens.
! Lorfqu’on fera affurée que l’enfant préfente .
|le fondement,-on ne doit point le laiffer en¬
gager trop, avant ; car il feroit très-difficile
! d’aller chercher les pieds, il vaucïroit mieux,
ifi l’on n’étoit point arrivée affez à temps, &
|qu’il fut trop engagé dans le paffage, le laif-
jfer venir dans cette rituaîion : on rifqueroiî ]
|moins pour lui & pour la mere ; mais s’il ne
prëfentoit qu’un côté du derrière, cette po-1
fîtion de travers deviendroit très-laborieufe, |
11 1 o Abbrégé de L’Art
jparce que l'autre côté de la hanche, s appuyant
jfortement fur l'os du badin dé la femme , il
ne fer oit pas podible que l'enfant pût fbrtirJ
ILorlqu’il ne préfentera qu un côté du derriè¬
re, on le repoulfera tout doucement ^ . pour
jle faire rentrer, & Ton pafiera un doigt de
l’autre main, pour aller chercher le pli de
Faîne : on avancera l’autre côté* afin que le
^fondement fe trouve dire&ement à l’orifice.
jSi on le laide venir dans cet état, on lui dé¬
gagera les jambes, auffi-tôt que le derrière
fera pade.
Si l’on arrive auprès de la femine adez à
|temps ,& que l’on ait reconnu que l’enfant
Ipréfente îê fondement, ori terminera, l'accou¬
chement fans attendre qu’il s’engage. On in¬
firmera la main bien graifiee , & en fuivant
la fede, la cuide, le genou & la jambe, Fon
ira prendre Un pied que l'on amènera au pafi
!fage, & on ira chercher Fautre.
111
On représente, par cette Planche l'enfant couché en froncis dans le bas
sin, la te te appityee sur l'os des Isles droites et le dernière sur le gauchi
avec la position d'une main pii va chet'cher les pieds de l'enfant pour h
fà re soi'tir.
Gravé en Couleunr par J-JtapOj
Ceint par S. Chapparre.
dès Accoücfiemens,
De ïAccouchement ou F Enfant préfemè
ventre , la poitrine , ou ïe dos.
S I en touchant la Fenimë on ii
l’enfant fe préfente mal, on
fe conduira
différemment, fuivant la partie qu’il offrira,
Si c’efi le ventre , ou la poitrine , les meUi-
branes feront plus applaties, parce que l’en¬
fant étant de travers, les retient dë^ deiTx
cotés ,■ & ne leur laifîe pas la liberté de s’al¬
longer : il arrive fouvent que dans céttë p6-
fitioii le cordon ombilical fe préfentë le pre¬
mier, & lorfque les membranes ne font point
tendues, on fent les Battémeris de les artères,
à travers les membranes. La dilatation deio-
rificé étant devenue fufKfantë, on rompra hs
membranes ^ & on reconnoîtra la partie qiiiil
Te préfente. Si c’eft la poitrine , en glifiant la:
jmain deffus, on trouvera le ventre Î’ôîii- '
ibilic : l’on fiiivra avec la fnain jufqu’à iâ par ;
jtie de l’enfant, en trouvant une cuiffe, on
.ira au genou, & l’on amènera les pieds auj
: i ï z. Abbrege de i Art ,
Lorfque Fenfant préfente le dos
peut s 'y tromper, l’épine fe fait fenti
;que le dos étant courbé, les vertèbre
[tinguent aifément les unes des autre
jles fuivant jufquau fondement, Fon
;aux pied's, la méthode étant la mêi
T Orfque Fenfant préfente le Bras, cette
J" fhuaîion lui eâ fouvent funefie, parce
'que ceux qui ne font pas au fait des aceou-
chemensj ne connoifient que le fcul moyen
ide faire rentrer le Bras, avant que d’aller
|chercher les pieds , & à force de fatiguer ce
Bras, on le meurtrir fi confiderahîement, que
la matrice irritée le ferre au point de ne plus
laiffer de. reilburce, que celle de le couper
[pour terminer Faccouchement : malheur qui
jnefi: que trop commun dans les Campa-
Cettefigure fait voir comme dans la précédente un enfant couché en ù'avers
lans le InffJin mais elles sont différentes en. ce que la première indique
benne manœuvre et que celle cy en démcmà'e
bras ch'oitde l'enfant qui se présente .
e mauvaise en tirant sur le
Pont paréP. Chapparrt
Grave en Couleurs par J. Robert.
des Accouchemttis. ï i]
L’on diftinguera aifém-ent fî !e bras fe pré
{ente ; car -en ce cas les membranes font al
travers F on fent la main cru
longées.
différé beaucoup de la forme du pied par fes
doigts allongés & déliés. Si la dilatation de
Formee eff fuffifanté, •& que les membranes,
ne fuient point rompues , on les
main jufqu amddTiu
percera
littbnüérà la
de Fenfant, fans toucher a fa main ni au bras,
& on le repouffera en haut tout doucement
pour le faire rentrer; mais fouvent cela ne
Iréuffit point dè.s la première fois, parce que
l’enfant, alors trop gêné dans là Htiiation, ne
peut fe prêter aux mouveniens qu on veut lui
faire faire ; dans ce cas , oh changera dé ma¬
nœuvre. Ces tentatives étant doulotireufes
pour la mere, on les lui épargnera, en con-
duifant tout de fuite la main fur le coté de
fenfàht, fur la hanche, la cuiffe,le genou
& la jambe, êc îorfquon aura un pied, le
premier mouvement que Ion fera pour le ti-;
rer à foi, éloignera de toute, néeeffité Je bras
du paffage : ayant été alors chercher Fautre
pied, on amènera Fenfànt.
Par cette méthode
l’enfant & à la mere ;
, on lauvera la vie al
car dans les accouche-j
ï ?4 Abbrégç de VArt
mens traînés en longueur par la faute de celles
gui opèrent, il ell toujours à craindre que la
matrice, irritée depuis long-temps, ne s’en¬
flamme, & ne çaufe la mort à la femme.
Si lenfant préfentoit le coude, pn le re-
connoîtroit aifément, parce qu’étant plus poin¬
tu que le genou, on ne peut prendre l’un
poiir l’autre. On fe donnera bien de garde
de le laiffer trop avancer, crainte que le bras
ne vienne à fortir jufqu’à l’épaule ; ce quiar-
riveroit, il l’on n’alloit chercher les pieds
| promptement. En répondant doucement le
; Coude, l’accouchement devient plus facile,
■parce que le bras peut s’étendre aifément le
long du corps. Il efl au contraire plus mal-
aifé, lorfque ï’avant-bras efi fortj tout-à-fait
€ H A P I T R E XXX.
D& £Accouchement où /’Enfant préfenu l’é¬
paule , Voreille ou le menton .
T ’Enfant préfentant l’épaule, l’on ne doit
; A-J point efpérer de réduire la tête aifément,
| pour.quelle vienne fe préfenter direâeinent
là l’orifice : on peut le tenter , mais ne pas
On reconnoîtra que c’eft en effet Fépaule
qui fe préfente, loriqu’en conduifant le doigt
tout autour, Ton fentira le défions de l’aiffelle
d’un côté, & de l’autre le col de l’enfant, ce |
qui ne peut biffer aucun doute ; mais comme !
jil pourroit arriver que dans cette fituation J
{il eût la face en deffus, & que l’épaule étant|
jrepouffée, il vînt dans cette attitude, Faccou-j
|chement de viendront laborieux, alors il fau-
| droit fe déterminer à faire fortir l’enfant par
[les pieds, en fuivant les parties du corps,
{comme je l’ai dit. La femme à la vérité en
ifouffrira davantage; mais ce moyen eff pré¬
férable a la réduâion de la tête dans fa fitua¬
tion naturelle , qui demanderoit beaucoup de
temps.
] A l’égard, de Foreilîe , on ne peut s y trom¬
per, & par le fens dont elle fera tournée, on
pourra juger fi la face eff en deffus ou en deff
fous, le bord de l’oreille la diffinguant aifé-
ment, puifqu’ü ne fe trouvé jamais du côté
de la joue. Ayant fait l’examen néceffaire,
U 1 6 Abbrégé de T Art
'pour s’affurer que Fenfant a la face tournée*
en deffous, on aura lieu d’efpérér qu en re-!
culant F épaule j la tête fe préfente-ra à l’ori¬
fice ; mais fi le col étoit trop penché fur l’au¬
tre épaule, après avoir fait inutilement de lé^
gérés tentatives , on fe déterminera à faire
fo-rtir l’enfant par les pieds.
L’accouchement où Fenfant préfente le men¬
ton, ou le vifage tout entier, peut fê termi¬
ner aifément , en le faifant venir par la tête.
tant la main applatie, & la conduifant iou-
cernent jufqü’à la poitrine de Fenfant, pour h
foule ver un peu, on fera reculer la tête, for
poids la fera tomber d’elle-même, .& Fobli
géra de le placer direâement à l’orifice, es
qui le fera venir naturellement. Il en fera d
[même, fi l’enfant préfente la-face toute en
tiere.
On doit obferver que les recherches qu
;Fon fait au moyen du toucher, pour difiat
! guer ces différentes parties , doivent-fe fair
invec beaucoup de délicateflè pour n’en ble
Pl. Xl'JT.
Cette Planchefit voir une main qui tire lajambe droite de l'enfant tan -
dis (jue l’autre fléchit et se b'ouve accrochée sur les os des Isles gauches,
on doit sentir gu'une semblable manœuvre ne paît manquer de luxer la
cuisse sionfaitb'op deffort et qu’il eut bien été plus pmident d’aller cher¬
cher l’aub'e pied avant d’avoir la témérité de brer sur celui qui se pre -
sente s ad.
feint par P Chapparre ,
Gravé en Couleurs pat' J.Robert-
~^nr4
IV
On représente dans cette Planche deux enfants dans le b a fini dont /un
■pi'ésente.une jambe droite et l’autre la (jonche, l'Opérateur ou lyL'coucheus\
ne s’étantpoint a/duré s’il y a deux enfants dans la Æati'ice voyant
pied droit et un pied cjauche tire sur ces jambes et il résulte de cette mati
vaise manœuvre Ijue les deux autres cuisses appuyées sur quelques pi
du contour du bassin ne manquait pas de se luxer et defoivner
cle invincible a la sortie des enfants. jj j ■
Peint par P. Chapparrc.
Grave e/l (auteurs par S P**
I
des Âccouchemens. i17 j
fer aucune. J’ai vu en pareille oecafion des j
jyeux crevés, & la face rendue difibrme par
les meurtrifiiires qu’on j avoir faites;
Ôn s’y prendra comme je viens de le dire,
pour tâcher que la tête ne préfente que le
fommet, & fi après avoir tenté plufieurs fois
avec beaucoup de ménagement fa réduêfion
1 dans ces deux diverfes polirions, on ne peut
; en venir à bout, le parti le plus fur & le plus
jj avantageux, eft d’aller chercher les pieds, &■
[de terminer au plutôt l’accouchement.
De F Accouchement où
e rencontrent
heurs
T Orfqu’on a lieu de croire y par l’étendue;
1 j confiderable du ventre de la femme J
qu’elle eif enceinte de deux, ou de trois en-j
fans, il efi d’une conféquence infinie de s’afi j
furer fi le fécond pied que l’on va chercher!
dans la matrice, efi: celui du même enfant;
dont on en a déjà un, parce que s’il arrivait,
cômme je Fai dit, que l’on tirât en même-
temps le pied d’un autre enfant, les corps
± 18 Abbrégé de V Art
jauxqüeîs ces pieds réporidroient ; s’embarraf'
jferôient l’un & l’autre, & fi Ton s’bbftinoit à!
jles tirer,- Ton expoferoit la mere & les enfansj
à de très-grands dangers* étantImpofTiblë que-
' :C r . r r . i i i
livrer la femme elt là leule choie que je croie!
née affaire d’expliquer ici, puifquil nj a point':
d’autres méthodes que celles dôîit j’ai fait men-|
jtion, pour favorifer la fortie des enfans dans!
Iles différentes portions où ils peuvent fe ren-j
I contrera
| L’on peut préfumet que la ferîimè éft en-
jceinte de deux enfans, fi fon ventre eff gros
làrge,- fi elle .a été plus incommodée dé
! cette groffeffe que des autres, fuppofé que ce
j'ne foit pas fa première•& fi elle a les jambes,
jenflées, de même qiie la partie; Le volume j
jde l’enfant que l’on reçoit, peut aufïi en an-;!
jnonCer un fécond, le ventre reffant gros, &
Lenfant étant très-petit, peut faire juger qu’il
\y en a un fécond.
| L’on doit obferver en général, comme je
Fai déjà dit, de ne point tenter dans aucun
jaccouchementde délivrer la femme, fans a voir
^auparavant paffé la main fur le ventre, pour
s’afluref
dès Accouchemens. i ip
's’âflufer s’il ne fe trouve point encofe quel¬
que chofe dans la matrice. Par cette précau¬
tion, ôri évite le dangér auquel on expoferoit
la mere & le fécond enfant, fi l’dn tiroit totit*
à-coup l’arriére - faix. Il peut même àfrivér
quë lé premier enfant que l’on a reçu, foit
beaucoup plus fort que celui qui relie, ce
dernier même pdüvant être, mort depuis plu»
fleurs jour s.oLôrfqu on aura reconnu qu’il relié
un fécond .enfant ; on fera au cordon ombili¬
cal les deuxiigatures dont j’ai parlé, avant
de le couper : elles feront à qüatfe traverà :
de doigt de idiliance l’une de l’autre; & ,ori
le couperârrentre - deux. Le premier enfant j
étant forti, on né fera aucune tentative pourj
tirer l’arrieré-faix : on profitera de la première ;
douleur pour rompre les membranes du fé¬
cond. Il arrive quelquefois que chaque en¬
fant a fon placenta particulier ; mais plus or¬
dinairement les différens arriere-faix font unis,-
& par leur union n'en font qu’un feul j
auquel répondent les* cordons de chaque en-
En admettant le fentiment de la fuperféta-j
>n * qui hippofe, comme je l’ai dit, ünej
sonde génération à quelque difiance de laj
î me que piuiieurs jours, ou peut-être piuiieuts
mois après la conception du premier, Oiiem-
pêcheroit fa perfeélion; mais ne pouvant être
affinée s’ils ont été formes l’un après l’autre,
&: fi chaque enfant a fon placenta particulier,
on rifqueroit auffi de faire périr la mere, &
l'enfant qui refie encore dans la matrice, en
voulant la délivrer : le premier cordon &i
Farriere-faix fe trouvant communs aux deux!
enfans on détacheroit l’autre partie encore
! adhérente à la matrice, la perte de fang ve¬
nant alors avec abondance, fufFoqueroit l’en¬
fant , & mettroit la mere en danger de perdre
la vie. : ai
J’avoue une crainte que l’idée de la fuper-
fétation m’a toujours donnée ; car n’ofant pas
délivrer la Femme fur le* champ, par la rai-
fon que je viens d’expofér, & ne pouvant
deviner fi Farriere-faix eft commun aux deux
enfans, j’appréhendois qu’en laifïant ce corps
étranger dans la matrice, il ne vînt à s’y cor¬
rompre , fi elle fé refferroit, & qu’elle ne put
Fexpulfer, ce qui mettroit en grand danger
& la mere & Fenfant : ainfi il vaut mieux at-
des Accouchemens. m
tendre que de tenter de tirer le premier cor¬
don; & li Tarriere-faix fe détache de lui-mê¬
me, & que les douleurs ceffënt, il ne faudra
point tâcher de délivrer la Femme du fécond;
'enfant, ni lui faire ufer d’aucun remede pour
[faire renaître les douleurs ; mais on attendra
‘patiemment que le terme de l’enfant qui relie,
doit expiré.
CHAPITRE XXX11.
|De rAccouchement ou le cordon Je préfente
le premier a-ve-c quelque partie de U En-
fimt.
L ’Accouchement où le cordon fe préfente
le premier avec quelque partie du corps,
efi le plus funelle. Lorfque c’eft la tête qui
vient avec le cordon, il faut, pour fauver la
vie à l’enfant, fe déterminer à le faire venir
par les pieds, parce que la tête remplilfant
; le petit baffin, comprimeroit le cordon au
point d’arrêter la circulation du fang dans les
vaiffeaux qui le compolent, ce qui feroit pé-
jrir l’enfant ; mais li ayant rompu les membra-
|nes, on reconnoît, par le toucher, que la tête
lit Abbrégé de T Art
n’eft point trop engagée, on tentera de re-
pouffer en arriéré le cordon pour le faire
rentrer, à mefure que la tête avancera. Si!
là réduêlion du cordon n’étoit pas polïible,
if faudroit abfolument fe déterminer à re-l
tourner Fenfant, pour le faire fortir par les
pieds.
' 5 A Fégard de l’accouchement où Fenfant fe
préfente mal, & où quelqu’une de fes parties
|fi fortie avec le cordon, il n’efl pas fi dan¬
ger eux ? pourvu que Ton faffe rentrer le cor-
jdpn avant que d’aller chercher les pieds; ce
!qui (e fait facilement; & ne doit point être
jpmis afin que je cordon ne fe trouve point
jcpmprimé, ni refroidi.
CHAPITRE XXXIII.
l’Acçouchement de l'Enfant mort , & de
! la tête refée dans la matrice.
jf JL y a plufieurs lignes qui donnent à con-
1 -P- poître que Fenfant efi: mort dans la matri¬
ce. S'il Yeû. depuis longtemps , & qu’il pré-
fente le lommet de la tête, quoique la matrice ;
ine foit point trop dilatée , & que les eaux|
des Accouchemens. 12.13
s’écoulent, la peau chevelue fe fépare & s’at¬
tache au bout des doigts, Çc.à mefure qu’on
les remet dans l’orifice, quelque nouvelle
portion s’y attache encore ; mais fi la dilata¬
tion de l’orifice efl: fuflifante, & qu’il n’y ait
pas allez de temps que l’enfantfoitmort, pour
que fépiderme qui couvre la peau s’en dé¬
tache, l’on peut être afTuré qu’il a perdu la
vie, lorfqu’en tournant le doigt dans l’orifice ,
on fent la tête très-molle, & quelques-uns
des os du crâne pafTés les uns fur les autres *,
enfin fi le cordon fe préfentant le premier,
|es vaifTeaux qui le compofent font fans bat¬
tement, & s’il fe trouve flétri, toutes ces cir-
conftançes ne permettent pas de douter de la
mort de l’enfant.
L’on peut encore juger de fon état par l’exa¬
men de quelqu’autre partie qu’il préfente ; car
fl c’eft un bras , on jugera par le pouls s’il eft
vivant ou mort.
On ne doit point prendre pour un ligne
de mort, ainfl que le penfent quelques-uns,
la fortie du mœconium , puifque l’évacuation
jde cet excrément n’a d’autre caufe que la
preflion des boyaux qui le contiennent, foxt
que l’enfant foit mort , foit qu’il vive encore.
12,4 Abbrègé de l’Art
Il arrive quelquefois que la mere croit que
!fon enfant eft mort, parce que depuis quel-
'ques jours elle n’en a point fenti les mQuve-
mens. Il faut bien fe garder de donner trop
[aifément dans cette idée, & Ton ne doit rien
tenter qui foit capable de nuire à l’enfant, fi
fa mort n’eil conftatée par les lignes rappor¬
tés ci-defliis , & dont il eft bon que les Affif-
tantes foient infimités, pour éviter le blâme ,
auquel on fe trouveroit expofée, fi l’on n’a-j
voit cette attention.
Dans les accouchemens trop longs par le
rallentiffement des douleurs, fans pour cela;
que la mort foit certaine, on peut faire prem
dre à la Femme une infufion de deux gros
de féné, pour difpofer la matrice à fe div
later.
Si l’enfant préfentoit le fommet de la tête,
& qu’il fe trouvât au pafiage, il faudrait lui
mettre le doigt dans la bouche , en forme de
brochet, & par ce moyen on pourroit le ti¬
rer aifément ; mais H la tête nétoit point afi
| lez avancée , on pafieroit de chaque côté une
’ main étendue : comme efie efi alors aifez. fou-j
pie, on peut, en l’appl-atifîant, la faire entrer
un peu plus dans le paffagef L’on tâchera
12^
On r épi'es ente pat' cette Flanche un enfant décollé dont la tete este'es -
dedans le bafin pareequ’ayantptds une situation oblique cm a voulu
b tirer defarce ce qui n'a pu réufir, les deux épines des os Ischion^ 0
ayant formé un obstacle a sa sortie .
par P, Chappgrrc .
Gravés en Couleurs par J. Robert.
des Accouchemens . 12 5I
avec une main de dégager une épaule ,. eir
indnuant un doigt en forme de crochet fous
Faiffelle*
Quant à la tête reliée dans la matrice, j’â-
vois cru que rien n’étoit li commode pour
en procurer la fortie, qu’une bourfe. Je n’en
avois pas l’expérience par moi-même, ôc je-
ne Favois donnée pour relïburee que fur ce
que des perfonnes m’avoient alTurée s’en être
fervi avec fuccès* Mais ces malheureux ac-
cidens, qui ne font que trop communs dans
les campagnes , m’en ont appris Finutilitéi
Si la tête féparée du tronc fe trouve dans
un balîin bien conformé, & que la tête ne!
foit pas difproportionnée par fa grolfeur au
détroit du petit badin, que la face foit pofée!
fur l’os facrum^ les efforts de la mere fuffi-j
ront pour en procurer la fortie. On peut en-;
core lui donner des remedes ; M. Peu dit!
n’en avoir pas trouvé de plus efficace que les
lavemens un peu âcres, employés avec pru¬
dence. Il ajoute qu’en ayant fait donner un
où il avoit mis deux gros de fel polychrefle; !
à peine la Femme F eut-elle gardé, quelle
fut obligée de fe mettre fur le badin , où elle
rendit dans un effort la tête refiée.
né; Abbrégè de t Art
Si la tête eft trop groffe * elle contiendra'
alors par fon volume le détroit du graiid bâf-
fi n; au petit, on fent l’inutilité de la bour-
Ique Tignorance de là Sage-Femme de Gam-
Ipâgiiex Lorüque l’enfant fe prifente par les
:pièds, elle ié tire toujours ; elle ne s’attache
[point à mettre la tête en ligne direâe de l’é-
|pine_du corps de Fenfant; ce qui fait quelle
Irefte oblique,• M qu elle fe place * comme je
l’ai rendu daris dette Planche. r. 31
j Je me fuis déjà trouvée dans ces cas, &
'en préfence de perfounes:qui ne voulôientfe
jfervir que d’inftrumens tranclians je ne; me
ifuis- fervie que de ma main, en' remontant la
[tête dans le grandi badin, la retournant pour
lui mettre la face du côté de Fos facrmn , un
doigt alors dans là bouche , & le pouce for-
[ tement appuyé fur l’occiput, pour la baifler.
| fur le coccyx-^ de par cette direêtion la dé-
barrafler
dès Accouchèmens. iiy|
barralTef de l’arcade des os pubis , & j’en!
ai fait l’extraOion fans aucune violence.
CHAPITRE XXXIV:
De L'arriere-faix adhèrent , & de la matrice
rehverfée.
propofe déux méthodes, pour déli
vïer la Femnië. Les uns veulent qu’a-;
yant de couper le cordon, on aille chercher
farrieré-faix dans Finflant ; les autres préfe-!
rent d’attendre qu’il fe détache de lui-même ;
fans porter Ta main dans la matrice | & de
faciliter ce détâchemenf par de légères fric¬
tions fur le ventrej ou en faifant foufflef là
Femme dans fa main. Ce font les- circonftan--
.ces qui doivent déterminer à préférer Furie
de ces méthodes à l’autre. S’il y avoit perte
de fangj la première ferait k préférer, le feul
|moyen pour la faire céffer, étant la prompte
lextradion du placenta; ou h la matrice pa-
jrôiflbit difpofée àfe refferrer, ori devroit pro¬
jeter du. moment favorable, pour accélérer
[le détachement du placenta; mais fi Fori na-
Ivoit rien à craindre de la perte , & quen të-j
ji.2.8 Âbbrégé de L’Art
nant le bout des doigts dans la matrice, oh
ne feïitît pas quelle Té refferrât, on ne de¬
vrait rien précipiter, iT faudrait tâcher feu¬
lement de faciliter Ton détachement, comme
je Fai dit, par de legeresfri£Hons fur le ven¬
tre , & Tarnere-faix fortiroit naturellement,
en tirant un peu à foi le cordon , ce que Ton
a recommendé au Chapitre de F Accouche¬
ment naturel. Si ion s'appercevoit que la ma-
trice fût difpofée à fe refferrer, il faudrait
dans Finftanî porter la main dans fa cavité,
en iiiivant le cordon qui fert de guide, &
paffant le bout dés doigts entre la matrice &!
Farriere-faix, on le détacheroit tout douce¬
ment, prenant garde que les doigts ne por¬
tent que fur le placenta, & on retirerait lé
tout enfemble, & non par parties.
Il faudroit en agir de même pour le faux-
germe adhérent, en obfervant de le détacher
tout autour, pour l’avoir en entier.
Lorfque le cordon fe trouve rompu près;
du placenta, ou, comme Fon dit communé¬
ment, près de fa maffe, le détachement de
Farriere-faix mérite une attention particulière ;
car îÏQÛ k craindre qu en le féparanî, l’on
n’occ adonne un renverfement de la matrice,
Pl . XXIII.
Cette Planche représente une Æatrice ouverte pour Imper voir Carrière plia
collé a sonpond,avec une main droite t/ui l'ayant reconnu a déjà co/n -
mencé à pafiet' son petit doigt sous les membranes pour ypaire suc -
ce/Jivementpapier tond) les autres apùi de le rouler et Ceect/'aire tout
entier, pendant cette manœuvre le cordon est tenu pa/' la main y au ch e >
ayant deux tours parlés autour du doiytindice et du milieu de cette
meme main .
^•mt par P. Cimpparrc _ &W en Couleurs par J. Robert.
des Accôuchetnens. 129
en entraînant fon fond vers i'orifice, ce que
l’on a vu arriver plus d’une fois. Pour dif-
tinguer le corps du placenta d’avec la ma¬
trice, on fera attention que la furface de celle-
ci efi unie. & polie ; au-lieu que la furface
du placenta fe trouve inégale par la quantité
de rameau^ que forment les.artères & la veine
ombilicale. S’étant* aiïixrée qne c’eft le pla¬
centa, on le détachera, comme je l’ai dit,
■eh infirmant le bout des doigts entre les mem¬
branes & la matrice, tout autour des bords
| du placenta, pour découvrir l’endroit qui cede
le plus aifément.
L’on ne caufera jamais le renverfement de
la matrice , en féparant barrière - faix, lorf-
| qu’on y fera les attentions néceffaires pour le
|prévenir, & qu’on ne perdra point de vue
cç que l’ai recommendé. Mais fi: l’on étoit
appélîée pour remédier à cet accident, on
réufiiroit en prenant un linge fin , & en re-
pouffant tout doucement la matricejufques
dans fon fond : on y laifieroit la main, jufquà
ce que la matrice vînt à fe refîerrer, alors on
la retireroit peu-à-peu.
De la perte de fang qui précédé ou accom¬
pagne Tmcjouchementy & de celle qui le
B A perte de ïangfieCfouvent funefle à la
mere, fi l’on ny apporte un prompt fe-
cours. On doit, avant que de rien entrepren¬
dre , tâcher de connaître la caufe de cet ac¬
cident; car fi la perte etc cccailonnée par le
détachement du placenta, elle ne peut ceffer
que. par refferrement de la matrice, qui
n’aura lieu qu après la for fie de l’enfant. Dans
ces circoôftances^ il ny a point de temps à
perdre, il faut de toute néceffité accoucher
fia Femme. Si la matrice ntétoit pas fuffifam-
; nient dilatée, on s’y prendroit, comme je l’ai
enfeigné au Chapitre du Faux-germe,.
Si en touchant la Femme, c’ell le placenta
qui fe préfente,. on pourra le reconnoitre par
(a portion charnue, qui . ne reffemhle jn rien
|aux parties de l’enfant,; de plus, les caillots
de fang qui viennent coup fur coup , & l’a-
Ibondance de celui que la Femme perd, ne
fe préfentât au paffagé, ou qu’il fortît par l’o¬
rifice -, les membranes n étant point rompues ,
fil faudroit les déchirer pour aller chercher
les pieds de l’enfant, füppolé que la;t|fe ne
fut point trop avancée'. On ne doit pa ; 5 alors
faire rentrer le placenta, qui n’eâ plus, né-
ceflaire pour la confervatîon de l’enfant. Si
l’on a eu le malheur d’être appellée trop tard,
,ou que l’on ait été trop long-temps à opérër,!
la mort de l’enfant eû certaine , & cette mort'
eft le plus fouvent fuivie de celle de /la
mere.
S’il arrive que l’orifice de la matrice ne
foit point allez dilaté ,/pour permettre au pla¬
centa de paffer jufques dans le vagin, on le
reconnaîtra aux figues que j’ai donnés. L’on
aura foin , dans ce cas, de repouffer rarriere-
faix de côté, afin qu’il ne forte qu après que
l’enfant fera pâlie.
Il fùrvient allez fouvent des pertes avant
accouchement : lorfqu’elles ne font ocça-
fionnéçs que par l’abondance du fang-, & pour
n’avoir pas fâigné fuffiiamment la Femme pen-'
ï 3 x Abbrégé de l'Art
àmt fa groffeffé, une ou deux faîgnees arrê-|
tent alors ces pertes, & l’accouchement fe I
fait tout naturellement.
La perte de fàng qui fuit Faccouchement,
pas fait faigner
arrive foüvent pour n avoir pas rait iaignei
la femme au commencement dé fes douleurs,
ou pour avoir fait l’exîra&ien du placent;
enfin pour, ei
►n-dans là ma ;
avoir
tricé:
iurvieiît j on ne doit rren;
orter du re me de :1e plus '
ire la niâin- dans la ma¬
ître fi la perte eft occa-
corps étranger , foit par'
quelque portion dit pla¬
ne caillot de langé On
auffi-tat que la matrice
ces corps étrangers,- la
malgré cela elle
;es dans !
tnce, pour- reconnc
donnée par quelque
un faux-germe, ou
centa, foit par quelqi
doit être. ; allurée qu’a
fera défearraliêe
perte ceffera. Néanmoins d
CQntinuoit- >; Fon trempérpit- des ling<
Foxicrat, que Fonfçait rfê-tre qu’un mélange,
; d’eau & de vinaigre, qu’on feroit tiédir, d
la faifon étoit froide , on envelopperoiî avec
4 ces linges les cuiiTes de la femme/&- on paf-
iferoit fous fes reins un autre linge mpûillé de!
lia meme liqueur. On auroit foin de retirer
Ide la partie les caillots de fang , à mefure
qu’ils -s’y formeroient. La cire d’Efpagne en
poudre eft un très-bon remede, & la Sage-
Femme devroiî en avoir toujours fur foi. On
en prendra de la grqffeur d’une noifette, que
l’on mettra en poudre, pour la faire avaler
à la femme dans lîx cuillerées d’eau., & H la
perte continue , on lui en donnera une fé¬
condé dofe. C’éff un remede dont j’ai vu de
grands effets < .
Si l’on eff à portée de faire prendre à la
femme mie potion, on lui.en donnera une
[qui fera compofée de deux onces d’eau de
ùhicorée fauvage, d’une once d’eau de fleurs
d’orange, de demi-once de flrop de diacode,
]& autant de flrop de capillaire, qu’elle ava¬
lera tout à la fois.
On lui fortifiera le cœur en lui faifânt flai¬
rer des linges trempés dans l’eau de la Reine
de Hongrie, ou dans du vin, qu’on aura fait;
un peu chauffer. On la couvrira moins qu’à
l’ordinaire, & l’on aura foin que l’air de la
chambre ne foit point trop chaud : on ne lui
bandera point le ventre, crainte d’exciter la
jperte. Sa nourriture ne fera que d’un peu de
i"}4 Abbrégé de VArt
gelée donnée de temps en temps , & fà tifannei
fera faite avec la racine de grande confonde!
& le riz. On pourra lui faife prendre une!
once de fue de pourpier.
Si les forces de F Accouchée étoient fuffi-l
fantes ^ on pourrait la faigner du bras, dans]
la vué de détourner le fang de la matrice:!
cette faignée ne doit point fe faire tout de
fuite, il faut l'interrompre de temps en temps,
pour ménager fes forcés, & occafionner plus
de diverlion. On fermera ddnc la veine à
plufieurs fois, laiffant des intervalles plus ou
moins grands, fuivant l’état de FAccouchée;
i Cette méthode eft fort approuvée.
[es Convuljîons & de la Léthargie , qui
viennent a la Femme dans le travail.
Orfqu’il arrive qüe la Femme a des con-
. . j vulfions avant que d’être accouchée , il
a tout à appréhender d’un pareil accident,;
rit pour la mere que pourd'enfant; ainfi on
'pellera un Médecin, ou un Chirurgien ha-;
le, & l'on s'attachera à bien examiner l’état.
de la femme* pour leur en rendre uii compte
fidele.
En attendant les fecours néceffaires, poiif
délibérer fur le parti qu’il y a à prendre 4 il
faut faire faigner la femme* quand bien mê¬
me elle Eaurpit été, & ne lui faire ufer que
de l’e’au pure, prenant bien garde qu’il ne lui
en tombe fur le vifage & fur la gorge. Cette
fraîcheur la faifiifanî * redoubleroit les cori-
vulfions, les liqueurs fpirkueufes les rerï-
dfoient encore plus violentes. Si l’on ferif
que l’orifice de la matrice le dilate * & qui!
lies douleurs viennent par intervalle entre lés
Imouvement convulfifs, on peut eipérer pour;
ijvient pas la première* ne pouvant alors re¬
tourner l’enfant fans faire beaucoup de vio»
dence, ce qui 11e manqueroit pas d’irriter le
! genre nerveux* quife trouve déjà affeâé, orî
attendra patiemment le moment de l’accoii-
chement. La faignée à la gorge eft très-avan-
tageufe dans ces circonftances, pour dégagér
le cerveau de la quantité du fang qui s’y por-
i.3.6 Abhrégé de LArt
te, ce qui arrive lorfque cet ;
long-temps.
II eif encore un autre état qui
tel pour la femme
devient mor-
eft lorfqu’elle tombe en
[léthargie : cet afFaiffement de tous les reiïorts
jde Tœconomie animale ne laide plusde.ref-
ouchement ; ainfi il faut fe
e l’extraéHon de l’enfant le
promptement qu'il fera poffible, parce
c eû le feul moyen de fauver la mere.
iource
| - De la defcerne ou rélaxation de la matrice*
L Es quatre ligamens que j’ai dit défîmes
à maintenir la matrice dans fa {luxation
naturelle , fe relâchent quelquefois ; enforte
que le col de la matrice , au-iieu de fe trou¬
ver au fond du vagin, s’avance jufquau mi-
llelP^lé ce conduit. L’on a vu ce relâchement
des'Açcouchemens. 137
devenir fi confidérable , que cet organe fie
portoit jufqu’aux grandes lèvres, & s’ayan-
çoit même au-delà. C’eff ce dernier état que
l’on nomme chute^ de matrice , pour le diflin-
Iguer du premier , que Ton défigne par le
1er me de defcerne , ou de rélaxation de ma¬
trice* ;
Entre les- caufès capables dë produire ces
;accidens, les plus ordinaires font les travaux
lexcefïifs, ainfi que les efforts que caufent de
L_ 1_j _ C _ l - . ..rr
jettes;,' Le moyen de foulager celles qui font
| affligées de ces relâcjaemens 9 c’efl de leur in¬
terdire toute occupation pénible, & de les
|obliger même à garder le lit pendant un tems
convenable; à quoi on ajoutera i’ufage des
linjeélions fortifiantes dans le vagin, telles que
celles qui feront compofées de gros vin, où
Ton aura fait bouillir des rofes de Provins.
Si ce-s. moyens n’étoient pas fufflfans, ou q-u’il
ne fût pas poffible de les employer, l’on au-
roit recours aux peffaires, que
pofer de différentes matières „
; 11 aires font faits d’un morceau de liège afîezj
.épais, de la largeur environ d’un écu de fix 1
com-
livres , auxquels on donne une figure ovale,
& pn les perce dans le milieu de façon à y
pouvoir paffer le doigt ; le peffaire doit être
égal dans fà circonférence, & fa furface fera
rendue très-unie par la cire fondue, dans la¬
quelle on le plongera plufieurs fois , jufquà
ce qu’il s’en trouve entièrement recouvert,
& qu’il s’y foit formé plufieurs couches : on
pouffera jufqu’au fond de ce conduit , & lorfi
qu’il y fera parvenu, on le placera de ma¬
niéré que l’orifide de la matrice réponde à
j’puverture du peffaire. Par cette précaution
les humeurs qui s’écouleront de cet organe ,
fuiront la facilité de s’échapper, '& la femme
pourra concevoir. On aura l’attention, avant
S’introduire le peffaire, d’y attacher un lien,
'afin.de le retirer plus aifément; ce que l’on
fera de temps en temps pour le nettoyer,
Lorfque le peffaire fera placé, on fera met?
tre la femme en des fituations différentes,doit;
en la faifant affeoir, foit en la faifant mettre;
à genoux; on jugera, par là facilité avec la-j
quelle la femme le fupportera dans divërfes
i38
Cette Planche représente une Matrice dans le ha fin avec un Vaxjinfn
du dans le fond diujuel on aperçoit poser un refaire de cite par le
trou duquel on voit l’orifice de la Matrice .
par R. Chapparre .
(iraitf en Couleurs par J. Robert.
m
des Accouchemens. 139
fituations, fi le peffaire eft bien conditionne,
c’eft-4-dire, s’il n’eft point trop gros ni trop
petit, & l’on y remédierait alors différem¬
ment , fuivant l’état où il fe trouvera ; ceux
qui font trop gros, incommodent; ceux qui
font trop petits, ne tiennent pas, & il faudra
en augmenter le volume, en les remettant de
nouveau dans la cire.
L’ignorance de la plupart des Sages-Fem¬
mes de campagne leur fait regarder la ma-
jtrice, qu’elles appellent la mere' comme la
jfource de toutes les maladies, Dans cette
idée, elles y appliquent indifcrétement toutes
Fortes de remèdes, qui ont fouvent des fuites
trèsrfâcheufes ; ce que je n’ai vu que trop
fouvent arriver dans les différens voyages que
j’ai été obligée de faire.
CHAPITRE XXX VIIL
Des qualités requifes à une bonne Nourrice.
TL feroit à fcuhaiter que la mere de l’enfant
put le nourrir elle-même , à raifon de la
^conformité du tempérament, fur-tout fi elle
jouiffoit d’une parfaite fànté, & qu’elle fut
i 140 Abbrégé de l'Art
ibien conftituée, la bonne conftitution du corps
étant la première qualité d’une Nourrice;!
quoi il faut ajouter qu'il feroit bon quelle
de parens attaqués de*cer-
;ne tut point ne*
jtaines maladies
déliés que la pierre, la goutte, les écrouelles, I
l’épilepfie, &c,
J Les autres qualités de la Nourrice regard
tité de lait néceffaire à l’enfant; il faut qu'elles
ne foient ni applaties y ni attachées aux côtés;
elles doivent au contraire s’avancer en de¬
hors en forme de poire : Je mammelon ne
doit être ni trop gros, ni trop enfoncé. Un
mammelon trop gros, remplilTant la bouche
du nourrifîbn, l’empêcheroit de tetter ; en
un mot, la groffeur & la figure du mamme¬
lon doivent répondre à celles d’une noifette.
Il doit être percé de plufieurs petits trous,
pour qu'il lai fie échapper facilement le lait,
& que le nourrifidn ait moins de peine à iu-
cer; enforte que l’enfant quittant le tetton,
f|on voie fortir le lait par plufieurs rayons, ainfi
ifereux. rour en juger, il raut en faire rayer-
environ une demi cuillerée dans la main : fil
lien la penchant un peu le lait coule auffi-tôtJ
ijc’efi un ligne qu’il efi trop Iereux ; fi au con-j
jltraire les gouttes relient attachées fans couler!
fur la pente que fait fa main , c’efi une preuve!
jqu’il efi trop épais. Pour être cenfé bon , il
:eft néceffaire qu’il s’épanche tout doucement J
• ! & que la place en foit un peu teinte. Le lait!
Itrop féreux ne nourrit point affez, & celui;
qui efi trop épais, outré qu’il a de la peine!
à fortir j efi: difficile à digérer : entre les deux,-!
.néanmoins, quelques Accoucheurs de répu-j
tation préfèrent le lait le plus coulant, corn-!
,me plus aifé àfe difiribuer. Enfin, le lait doit;
être blanc , doux & un peu fuccré.
Il ne faut pas que la Nourrice foit trop;
jeune ni trop vieille ; lé premier âge efi trop'
chaud * & le dernier abonde trop en humeurs, j
Le bon âge efi depuis vingt-cinq ans jufqu’à
trente-cinq.
On préféré les Nourrices qui ont les che¬
veux noirs ou châtains, à celles qui les ont
blonds ou roux , & qui ont des taches de
Touffeur. Ces dernieres ayant pour l’ordinaire
142, Abbrégé de L'Art
une odeur défagréable. Si la peau ri’eO: pas
d’un grand blanc, il faut du moins quelle net
foit point livide, ce qui annonceroit un tem¬
pérament bilieux : elles doivent avoir un peu
de couleur , mais point trop. On doit exa¬
miner le côl, & le deffous du menton de la
Nourrice, pour fç avoir fi elle n a pas eu les
écrouelles^ En regardant les bras, on peut
juger, par la quantité des cicatrices des fai-
gnées , fi elle efi valétudinaire, On doit s’in¬
former iî elle n’eft point réglée pendant qu elle
nourrit ; car fi elle l’étok* f abondance du lait
en feroit diminuée. Il feroit bon encore que.;
jla nourrice ne fût point louche, ni qu’elle
n’éût point les dents gâtées, ce qui pourvoit
jlui donner une mauvaife haleine , capable
d’incommoder l’enfant.
On doit éviter de prendre une Nourrice;
nouvellement accouchée, & avant la fin des-
quarante jours néceffaires pour la purger de
fa couche j fou lait ne pouvant alors être bon
que pour fon propre enfant, tandis qu’il fe¬
roit contraire à un autre nourrifibn, par la
différence de tempérament. Si l’enfant de la
Nourrice efl mort, il faut s’informer fi ce
nef! point de quelque maladie contagieufe,
comme
des Accouchetîieris. iq.|j
comme font les fievres pourpreufes, quelques|
ulcères vénériens, la gale, &c. Tout cela:'
nannonceroit J)as une Nourrice bien faine ; !
mais fi fon enfant vit/on peut juger d’ellej
par lui-même ; fl fon teint efî: vermeil, fi fa
chair efl ferme; & fi, l’examinant toutnud,
on le trouve écorché entre les cuiffes, ceîaj
fera connoîtré la mal-propreté de la Nourri^
ce, qui ne manqueroit pas d’être encore plus
négligente pour un enfant quelle ne prend
que par intérêt. Une attention qui efl encore
néceffaire, concerné les mœurs de la Nour¬
rice. Il n’eft pas douteux que le caraàerede
celle qui allaite , n’influe beaucoup fur l’en-
j.fant qui face les vices avec le lait, & qui quef
quefois tient moins de ceux qui lui ont donné
le jour, que de celle qui l’a nourri. On doit:
s’informer avec foin fi la Nourrice n’efl point
fujette au vin, au vol, ou à quelqu’autre vi¬
ce, fi elle eft violente, ou fi fon humeur efl
inégale. Il efl effentieL auffi de fçavoir fi elle
jeft fujette au mal caduc, & quand même cê
|ne feroit que le mari qui y fut fujet, il ÿ
iauroit toujours à craindre que les accès de
icette maladie ne donnaient lieu au lait de
,fe troubler, & de devenir nuifible à l’enfant.
y
144 Abbrégé de ïArt des Accouchemens.
Il faut auffi s’informer fi le mari &la femme
vivent bien enfemble, pour ne point avoir à
craindre que lorfqu ils fe querellent, ou qu’ils
fe battent, Tes coups ne retombent fur l’enfant.
On ne doit rien négliger, pour s’infiruire
de toutes ces circonfiances, & il faut éviter
de fe laiifer gagner, foit par fes amis , foit
par l’efpérànce de recevoir des préféns de
celle à qui Ton donne la préférence. Quoi¬
qu’on ne croie point commettre un crime en
Te faifanî ; c’en eft pourtant un très-grand, &
l’enfant en eft fouvent Ta viéiime, foit qu’il
périffe bientôt, ou qu’il vive long-temps in¬
firme. i/on a d’autant plus à fe reprocher de
navoir pasufé de toutes ces précautions, que
c’efi; dans lès petits endroits, où l’on peut plus
aifément sinîlruire des moindres particula¬
rités.
OBSERVATIONS
Sur des cas Jinguliers , ajoutés a l’Ouvrage,
de rAuteur.
PREMÏERÆ OBSERVATION.
Sur la matrice double.
r|||pipjA matrice de la Femme , que Ton
iftAl n ’ av °i r pour l’ordinaire qu’une
feule cavité, s’eR trouvée quelque¬
fois en avoir deux.
M. Riolan , Médecin de Paris, en fournit
des exemples dans fon Antropqgrapliie, Li¬
vre //, cliap. xxxv , page 1$J.
Madame la Marche , dans fon Livre , ou Inf-
truâion familière aux Sages-Femmes, fait aulTi;
Imention dune matrice de cette efpéce, vue ;
1=_:_-_:_-A - 1|
1^.6 Observations,
jdans le corps d’uné femme, dqnt l’ouverture
fut faite à l’Hôtel-Dieu. |
M. Littré , Médecin de Paris, difféquant une
petite fille, morte à l’âge de deux ans, obferva 1 ;
qu’elle ayoit le vagin partagé en deux cavités
égales, l’une à droite , l’autre à gauche, par
| une cloifon perpendiculaire , de maniéré ce¬
pendant que cette cloifon n’étoit point entière,
ne formait ces deux cavités que depuis le
milieu du vagin jufqu’à la matrice : chacune
de ces cavités aboutiffoit à une matrice parti-j
culiere , qui avoit fon orifice, fbncol, & fon
fqnd. Çes matrices, qui étoient très-diftinôes
|f féparées dans l’intérieur ne montroient au
dehors qu’un corps fimple & continu, à Tex
çeption néanmoins de leurs fonds, qui étoient
féparés l’un de lautre , ou pour mieux dire
qui n-étoient réunis que par un ligament en for
pie de membrane triangulaire. Chaque fond
avoit une trompe * un ovaire,, un ligament lar
:ge > & un ligament rond *>
jf M. GraveL Médecin fournit auffi des exem-
flples de double matrice, dans une Thèfe qu’il
llfputint à Strasbourg en 1738,
|| Mémoires de F Académie Royale des Sçienç.es, anp&
Obfervations. 1 A7\
M. Philippe - Adolphe Boehmer , célèbre]
Profeffeur en Médecine, donne auffi un exem¬
ple d’une double matrice dans fon fécond Re¬
cueil d’Obfervations d’Anatomie, 175 6 . Laj
cloifon qui féparoit le vagin, fuivant fa lon¬
gueur en deux parties égales, setendoit depuis
jlunion des orifices de cette matrice, jufqu’à
jcelui du vagin, qui dans ce fuj et avoir deux
■ouvertures, lune à droite , l’autre à gauche ,j
réparées par l’extrémité delà cloifon verticale 1
qui partageoit le vagin en deux cavités.
' Il eft à préfumer, comme l’a dit M. Littré J
au fujet de la petite fille, à qui il trouva deux
^matrices, que les Femmes, ainfi conformées,
pourroient concevoir en différentes appro¬
ches, tantôt par l’une de ces matrices, &
tantôt par l’autre, félon que la femence virile
fé porteroit à lune ou à l’autre.
11 , OBSE RVAT ION,
Sur les vices de conformation du b afin.
1F% Arnii les vices de conformation, dont le
11 baffin efl fufceptïble, il y en a deux prin-j
cipaux, qui, portés à un certain degré, obil-j
1 iq.8 Obfervatmns.
|gent d’avoir recours à F Opération Céfarien-I
ne , ou du moins rendent l’accouchement!
très-laborieux. Le premier , ell le rétreciffe-l
ment de l’entrée du petit baffin, oçcafionné]
par l’approche de la partie fupérieure de l’os!
facrum & du corps de la derniere vertèbre;
des lombes vers l’os pubis , & dont il efi? fait
mention à la page 87 de ce Livre 7le fe-r
cond, qui eft contraire au premier, confifie!
dans le rétreciffement de la partie inferieure;
du baffin, formé par rapproche contre na-
f ture des branches & des tubérofités des os
; ifchion. On en a vu un exemple tout récem-j
| ment à THôtel-Dieu de Paris, fur une Fem-
i me âgée d’environ trente ans, à qui l’on a été
obligée de faire l’opération Céfarienne. L’en¬
trée du petit baffin étoit très-fpacieufe, la dif-
tançe de la partie fupérieure de l’os facrum y
à la fjmphife des os pubis , avoit cinq pouces
& quelques lignes ; celle d’un des os des iles
à l’autre, à l’entrée du petit baffin, étoit de
quatre pouces trois lignes j les tubérofités des
os ifchion ne laiiToient êntr elles'qu’un'inter-
jyalje de deux pouces moins un quart *, les:
jjpranches de ces os laiiToient entr elles un;
|pouçe & demi d’intervalle, & les épines, de
Obfervations. x 49
ces mêmes os n’en laiffoient que deux pouces
jentr’elles; & fi l’on fait attention à la difpo-
ifition des ligamens qui attachent ces parties ,
|on concevra aifément que cette ouverture
'inférieure du baffin fe trouvoit encore rétre- ;
jcie par leur moyen.
En traitant de la génération , l’on a dit que
quoique la matrice foit le lieu où bœuf * qui
'a été fécondé , fe développe le plus ordinai¬
rement , l’on avoir vu néanmoins cet œufs
jéclorre dans Fovaire, d’autre fois dans la trom¬
pe , & enfin dans la capacité du ventre. L’on
a ajouté que Ces générations extraordinaires!
font très-fbuvent mortelles : le fétus qui en
efl produit, ne pouvant iortir par la voie na¬
turelle. Entre les Obfervations que nous avons
fur cette matière, je vais en citer deux qui
prouvent que les meres peuvent fur vivre aux
^opérations néceffaires pour l’extraéHon des
.fétus morts.
| La première de ces Obfervations, efl d’A-
braham Cyprianus, Médecin & ProfefTeur;
en Anatomie & en Chirurgie , dans l’Aca¬
démie de Franeker, fiir un fétus de vingt-un!
mois, qui fut retiré de la trompe droite de lai
matrice, fans que la mere en foit morte. I
r un ri
de la tî
la mere
[pour la. r €
Ipagnie du
jde trente-
jfierne fois
jvieme me
:rien de di
les greffe
dant tout <
mammelL
deau étoii
fordinair
fitué un t
précédentes
l'u°
Obfervations .
Il La leconde,
eff de M. Littré , auffi fur uni
|[fétus tiré du ventre de fa mere par le fon-i
dement.
Obfervatiüns. içt
précédentes,' fe remuait avec vivacités Àr-|
'rivée au terme de l’accouchement, elle fentit;
de grandes douleurs, &: fon enfant Je remua;
plus que de coutume, ce qui lui rit efpéréf
quelle accoucheroit bientôt : fes efpérances
furent vaines ; car outre qüe ces mouvemens
fe faifoient fentir dans un lieu extraordinaire ;
il ny avpit aucune préparation du côté de
l’orifice de la matrice qui annonçât un accou¬
chement prochain : dès-lors l’enfant ceffa de
fe mouvoir, & la mere commença à fe mieux
porter. ■
Après le dixième mois, les menfirues, qui
avoient été fupprimées depuis le commence¬
ment de la grofTeffe, reparurent, &la mere
ne fentit plus mouvoir l’enfant, mais feule¬
ment un poids très-lourd, & fur-tout vers le
dix-huitieme mois, auquel tems elle fe trouva'
fi incommodée ^ qu elle fut obligée de garder
le lit. Peu de temps après elle commençâ à
fe plaindre d’une grande douleur aux parties
voifînes du nombril, & cètte douleur fut fui-
vie d’un ulcéré fongueux dans cette région.
Plufieiirs confultations furent faites, tant de
Médecins que de Chirurgiens, dont les avis
fe trouvèrent partagés; les uns voulant que
ji 52 Ubjervduons.
le. fétus fût dans la matrice, & les autres lé!
[ niant.
Il y .avoir vingt-un mois que la groffeffe!
:avoit commencé, lorfque Cyprianus fut ap-|
pelle à Louvarde, où il fe rendit avec lesl
j premiers Médecin & Chirurgien du Prince
de Naffau. Des qu’il eut vu la malade , con-
1 fîderé les cireonftances de fon état, & feu
tout ce qui a voit précédé, il afiiira quelle!
;portoit un enfant mort. Gn découvrit, par
lie toucher ,,T|p rlnrp+p p n ri ri p r a KIp afn
jie toucner, une aurete comiaerame au nas
de l’ulcere voifin du .nombril, lequel ülcere
j étant fongueux, donna facilement entrée à
lune fonde , au moyen de laquelle la dureté
J fut reconnue être un os. Cyprianus ayant in¬
troduit dans l’ouverture le petit doigt, jugea
ique c’étoit un des pariétaux de l’enfant, ce
qui l’ayant enhardi, il fe détermina à faire
d opération néceffaire, malgré la grande fôi-
iblefie de la malade.
Ayant fait porter le lit au milieu de la
chambre , il commença par introduire, le doigt
dans l’endroit où il avoit fenti un des parié¬
taux, & conduifant fur ce doigt une branche
de cizeaux, il fit une incifion auffi grande
qu’il fut poflible : elle comprenoit nondeule-
Observations, 153
ment les tégumens, mais auffiles mufcles, le
péritoine, enfin, la poche dans laquelle le
fétus fut trouvé avec fon cardon ôr fon pla^
centa, qui étoit très-mince ,& dont une por¬
tion étoit même confirmée,
Cyprianus ayant reconnu que cette poche
étoit continue à la partie latérale droite de la
matrice, ne douta pas que ce ne fût la trompe |
de ce coté, d’autant plus qu’on a beaucoup;
d’exemples de fétus trouvés dans ce conduit.
Ayant retiré le fétus avec fon placenta, "&
enlevé en meme - temps * au moyen d’une
éponge trempée dans de l’eau tiède, toute
la mucofité & le %ig qui s’y trouvoient épan¬
chés, il ne s occupa plus que de la réunion
de la plaie , qui avoit environ un pied de
longueur : il fit quatre points de future en-
chevillée, qui fe trouvoient également difians
les uns des autres , & comprenoient le péri¬
toine, & toute répaiffeur des mufcles & de
la peau. Cyprianus crut devoir laiffer à la par¬
tie inférieure de la plaie , une ouverture pour
l’écoulement des matières qui viendroient de
l’intérieur, .& dans laquelle il mettoit une
petite tente très-mollette, qui ne s’oppofoif
point à l’écoulement de ces matières. Enfin,
ij4 Kjbjerv citions.
au moyen d’un régime' convenable, & des
attentions néceffaires en pareil cas, la femme
fut parfaitement rétablie au bout de trois mois,
& continua à fe bien porter ; enforte que neuf
mois après fon rétabliffement, elle devint en¬
ceinte, & accoucha hëüreufement d’une fille ,
êc Tannée fuivante> d’un garçon & d’une hile
jumeaux»
IV, OBSERVATION.
Sui un fétus tiré du ventre de fa mere pat le\
fondement ,
A. U mois de Mars de l’année 1702., M. Caf-
fini * donna avis à TAcadémie Royale |
des Sciences , qu’une feinnie , fans avoir eu
laueun ligne apparent de groffefTe , a voit vuidé
par le liège plufieÏÏrs os, qui fembloiçnf être
peux dun :; fétus. chargé de vëri-
|fier un fait fi fingulier, fe tranfporta chez h
jmalade : il trouva au lit une femme âgéé de
itrente-deux ans , autrefois fort grade, alors;
[horriblement décharnée, & très-foible., Uj
Mémoires de l’Académie Royale des Sciences , année
ObfervatLons. i5 5 1 ]
apprit qu’il y avoit douze ans qu’elle étoitj
mariée; que pendant les fix premières années!
de Ton mariage elle avoit eu trois enfans; que!
dans les trois fuivantes, elle avoit fait quand
■faudes-couches ; que vers le 15 du mois d’Aoüt
de l’année précédente , elle avoit fenti une
douleur aigue à la hancfie droite;que cet te dou¬
leur, qui avoit diminué quelque temps après,
avoit entièrement cede au bout de cinq fe¬
rmâmes ; qu’au commencement du mois de
Novembre de la même année, la malade avoit
encore fenti fous le foie une douleur accom¬
pagnée d’ün grand étoudement; & qu’en ap¬
puyant fur cet endroit, on y avoit remarqué
iune tumeur ronde , & groffç comme les deux
poings ; qu envirôn deux mois après, cette
; tumeur étant tombée dans le côté droir du
baffin de fhypogâlïre, la douleur &. rétoude-
jment avoient cede fur le champ; que huit
'jours après, la douleur de la hanche étoit re-
jVenue avec plus de violence que la première
bois; & qu’enfîn la femme avoit des hémor-
jrhôïdes intérieures & extérieures, une diffi-
•cülté d’uriner, d’aller à la belle, & une im-
IpuiiTance de marcher, principalement ducpté
ï! droit. ' : v '- v
15 6 Obfervatiom.
Vers la fin du mois de Décembre fuivant,
il lui prit unefievre, qui dura quatre mois
fans relâche, avec plufieurs redoublemens,
la plupart précédés de friffons ; elle avoit une
averfion pour toute forte d'aÜmens r des dé¬
faillances, des hoquets, des vomiffemens de
fang, .& un cours de ventre purulent pu fan-
glant, qui entraînoit des osdes chairs pour¬
ries, des cheveux, &e. Tout celaétoit fiiiyi
d’épreintes, de coliques cruelles, de toux,
de crachement de fang, d’infomnies conti¬
nuelles , & de douleurs infuppoçtables dans’
toutes les -parties du corps , jufquçs dans. la
moelle des os.
M. Littré apprit auffl que cette femme avoit
commencé à rendre des os les premiers jours
du mois de Mars de Farinée précédente, à la
fuite de grands efforts, pour aller a la ftlle.
Le premier os qui parut , fut celui d’un bras
d’un fétus , dépouillé de fes chairs, qu’on lui
tira avec beaucoup de peine du gros boyau,
ou il s’étoit engagée Cet os fut fuivi pendant
quelques jours de quelques autres, mais plusj
petits, avec des matières épaifîes, purulentes
:èç dune odeur eadavéreuiç.
| L’on reconnut que ces, os etoient ceux dhnf
demandé
tétas denviron lix mois, ôt ayant
|à la femme de combien elfe çroyoït être en-
! ceinte; elle répondit qii’elle nenfçavqit rien,
; quelle n’avoit pas même eu aucun fdupçôn
de l’être, parce que fesrégies ne lui avoient
pas manqué depuis fa derniere couche ; que
fon ventre n’étoiî pas groffi confidéfablement;
quelle n’avoit point fenti remuer l’enfant com¬
me dans les groffefTes précédentes; que fon
fein n’étoit pas devenu plus gros, & quil n y
avoit point paru de lait, & qu’enfin elle ne
fe fouvenoit pas d’avoir eu aucune des in¬
commodités qu’ellè avoit reffenties dans fes
premières groffefTes*
Cependant, quelques jours après, on la fit
fouvenir qu’au mois de Mai 1701, elle avoit
eu une forte envie de manger du maquereau,
quelle n avoit pu fatisfaire à caufe de la cher¬
té, On la fit encore fouvenir que dans le mê¬
me temps elle avoir été dégoûtée des alimens
ordinaires, & qu’elle avoir eu des maux de
cœur. Or, de fortes envies de manger des
alimens dont elle n’ufoit que rarement, les (
dégoûts, les maux de cœur étant des lignes
de groffeffe, on peut conclure , dit M. Littré ,
que cette femme étoit devenue enceinte dans
11 5 o (JbJervationSi
ce temps-là, d’autant pluâ que la grandeur
des os du fetuk marquoit la même choie.
M. Littré ayant touché la femme, trouva
la matrice dans fpn état naturel, rien n’en
étant forti durant le cours de là groffeffe $ que
ce qui, fort dans le temps réglé chêz les fem¬
mes faines, & qui ne font point enceintes.
imorrhoides noires cxulcerees, ex iop ouver¬
ture étôit fi rétrécie par ces hémorrhoïdes J
;& par.,une dureté qui en occupôit toute la
icireonférenCe, qu’il ne put introduire deuxj
doigts à la fois dans le rectum , fans de grands!
efforts , oui firent tomber la Femme en foi-
jblefle. / _ : / ; . f , Q 1
[ Cet inteffcin fe trôuvoit uicéré intérieure¬
ment en plufieurs endroits, & percé d’un trou
:de la largeur d’environ un pouce & demi y
butant qu’il fut permis d’en juger par le doigt.
! L’ouverture étoit fituée du côté droit à la
(partie poftérieure du boyau, & à deux pou-
yes au-defiiis du fondement, où à peine le
doigt indice pouvoit atteindre. Alors il n’y
but plus lieu de douter du chemin que les os
& les autres matières étrangères , rendues par
le liège, avoient pris.
Observations. I 59i
M. Littré , examinant avec le doigt la plaie jjl
ou le troii d’un boyau , feritit la tête d’un fétus ,|
qui étoit fi fortement appliquée contre cette
ouverture, qu’il ne put la déranger, & lâl
face qu’il préfentoit, fermoit fi exaéfement le
trou , que la malade,, depuis trois jours | ne
rendoit par le liège aucune dés matières ex¬
traordinaires qui en fortèierit auparavant. Gët
habile Médecin crut ne devoir faire l’extfac¬
tion de cette tête; quaprès avoir rétabli les
forces de la femme, qui fe trouvent trop affoi-l
blie; ce qu’il fit par 1’ufage des bons coîifôîU"
més, des oèufs frais , dé la gelée , du vin d’A-
licant, &c. après quoi il ën tenta l’extraâiôri ;
en détachant d’abord la peau dè la face; &
enfuite les petits ôs des mâchoires : à l’égard
des grands oS du crâné , tels que leS pariétaux
ôt les deux portions du coronaî, comme leur
; volume rie permettoit pas de traverfer l’oU-
! vertu re latérale de l’intedin, il crut devoir
les divîfer en plufieurs pièces; au moyeri des
pincettes Courbes & tranchantes, & il travailla
|enfuite à réparer les altérations confidérablés
[de finteflin & des parties voifines , ce qu’il,
ifit par l’ufage des inje£Hons déterfîves * & âü-|
très remedes convenables. L’üfàge de toüsj
Y
ifeo Vbjervationh
çes differens moyens, prudemment employés
pendant plusieurs mois, fut fuivi d’un fuccès
des plus heureux , & la malade, quelque
temps après le traitement, jouit dune par¬
faite fanté,
tes différentes.. circonftances qui avoientj
accompagné cette grolTeffe particulière, ne
permirent payé M. Lime■ de croire que le
| fétus eût été contenu dans la matrice, d’autant
| plus que la femme avoit été très-bien réglée
; pendant tout ce temps-là ; qu’il n’y avoir eu ,
| durant le traitement , aucun écoulement de
■ matière' étrangère par l’orifice dece yifcere,
j II fe petfuada donc que le fétus ayoit été con-
| tenu dans une des trompes ou dans Fovaire,
Lôç-ll lé crut d’autant plus aifémeut, quuhaypitj
vu deux exemples particuliers de fétus trou-j
yés dans, l’un & dans l’autre• Or les memhra-j
nés de çes partie^, dit M. Littne^ rfayant pasj (
de yaifieaux confidérafiles;, & en ade^ grandi
I nombre, le fétu§ : a dû manquer de inc nqnti
rider, ce qui.lui a occafionné des mouve-j
mens çonyulfifsj, qui ont donné lieu à la rup 4
ture de la poçlre. gû il étoit renfermé, à quoi
ont pu contribuer aufii les efiprtadeja mere J
tant pour vomir, que pour aller à la felle ;
Qbferv aüoûs. iéi
efforts càufés par la violence des renie des dont
là femme .faifoit ufage, ôt cette perche étant
rompue y le fétus a dû tomber dans la capa¬
cité de l’hypogâHfëy où, étant mort peu de
temps après i il eontraâa la pourriture dont
il a été fait mention, ÔC qui! communiqua
parties voMnes.
aux
ï6z Vbjervatiohs.
cette Ville : elle efl conçue en ces termes.!
Une pauvre Blançhifleufe de la Ville de!
Troyes, mariée depuis quatre ans, & qui
gvoit fait une fauffe-couche dans les premiè¬
res années de fon mariage, deyint grofle une
fécondé fpis. Au terme ordinaire , elle eut,
Içs douleurs & les figues qui annoncent uiy
accouchement naturel très-prochain. Ces fi¬
gues fe fournirent dans le même état pendant,
deux jours t alors on remarqua que 1k matrice
étoit vuide, quoique l’enfant remuât dans le
çorps de la mere ayec plus de force & de
facilité qu’auparavant. Dans le courant du
mois fiiivant, la femme eut quelques douleurs
yives, mais pafîageres, & tomba dans un état,
dé foiblefle & d’affaiffement, qui fit craindre;,
pour fa vie : elle s’en remit cependant peu-;
§-peu , & au bout de huit mois , elle reprit;
|!jes pénibles fondions de fa profeffion : elle ad
jjÿéou' dans cette fituation pendant trente an-;
; nées, dont elle a pafie les cinq dernieres àj
jjoigny, toujours greffe, n’ayant depuis foui
jlaccident ceffé d’être réglée, & eu du lait dans:
jjfon fein. Enfin, le 12 Juillet 1747, elle mou-
1 , 1 itta . ’ - fluxion;
irut a 1 Motel-JJieu de Joigny, dune
'de poitrine, âgée d’environ foixante-un an,
O bferv citions. 163
A l’ouverture du cadavre, on trouva dans
le bas-ventre une maffe ovale, grofTe comme
lia tête d’un homme, attachée au fond de la
matrice, & qui fembloit fortir de la trompe
droite/ L’on ouvrit cette malTe , qui pefoit
près de huit livres ; on y découvrit un en¬
fant, parfaitement confervé, fans être envi¬
ronné d’aucune liqueur. La peau de cet en¬
fant étoit fort épailTe : il avoit des cheveux,
|& deux dents, inciliv.es, prêtes à percer, a
chaque mâchoire. L enveloppe étoit en par¬
tie- dlfeufe, & en partie cartilagineufe ; elle
avoit prefque par-tout deux lignes d’épailfeur,
& quatre dans la partie contiguë à l’arriér é-
faix, lequel avoit la même confiftanee,' Sa
forface externe étoit garnie de. petites r émi¬
nences graveiëufes, & l’interne étoit comme
moulée for les ; parties de l’enfant quelle em-
braffoit étroitement. Une ouverture dans Far
fiére-foixr fembloit déligner Finfertion du cor
don ombilical, qui étoït defféché à un travers
de doigt du nombril, comme li l’on y éût
fait une ligature; d’ailleurs, toutes les parties
;de la mere, & notamment la matrice, étoit
très-faine,' & dans l’état naturel. Cet enfant
ja été montré à l’Académie des Sciences, pari
164 UbJ ervations.
le Chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Joigny.j
M. Morand f . 9 qui fut chargé de l’examen!
de ce fait fingulier, en a trouvé , par fes re¬
cherches s plufieurs femblables dans les Au¬
teurs; il fe borne néanmoins à l’hiftoire de
trois feulement, qui ont paru les mieux cortf-
tatés ; fçavoir, Fenfant de Leinzelle, en Sua-
be ? en 1,720; l’enfant de Touloufe, en 1678;
& celui de Sens, en 1582,.
j L’enfant de Leinzelle a été vu à F Acadé¬
mie Royale de Chirurgie, M. le Duc de
iWirtemberg, qui le garde dans fon Cabinet,
avoit permis à fon premier Chirurgien de
Renvoyer à Paris. Cet enfant a refié cpia*
; rahte-ôx ans dans le corps de fa mere, la¬
quelle a vécu quatre-vingt-leize ans : il étoit
renfermé dans une efpécè de boëte greffe
comme une efpéce fe boule à jouer aux quiF
les ,, cartilaginemfe, dans l’endroit par. où elle
temoit à la matrice * & fi dure ailleurs,- quelle
foutint les coups, de, hache, avec laquelle elle
fut ouverte.
La mere fentk les douleurs de l’enfante-
■ment pendant fept femaines, après quoi elle
l] * Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, année
IIX748.
(Jvj erv allons, 165j
fe porta bien, à fon fardeau près; cependant'
jelle eut depuis deux couches heureufes, &
:&c lès enfans ont vécu. Le volume de fon
'ventre étant toujours le même* & lui cau-
jiant quelques incommodités, lorfqu’elle fe
'donnoit certains mouvemens : elle afiiira tou¬
jours quelle étoit refiée groffede fon premier
enfant.
Celui dëTouloufe a refté vingt-fix ans dans
le ventre de fa mere, qui eut du lait dans le
fein, & quelques fymptomes pareils à ceux
■de Faccouchement, pendant deux mois, avec
des douleurs afiez vives pendant trois , au
bout duquel temps elle reprit un peu fes for¬
ces, &conferva jufqu’àla mort la même grof-i
feur, fe plaignant toujours du poids qui Fin-]
.commodoit, & quelquefois de douleurs, com-|
*me pour accoucher.
j L’enfant de Sens a refié vingt-huit ans dansj
lie ventre de fa mere. Il fut placé ,*en 165 9 J
Idans le Cabinet des curiofités de Frédéric ,!
'troifieme Roi de Dannemarck. Des quatre-
jEnfans dont je viens de parler, les deux pre-
fmiers, celui de Joigny & celui de Souabe,
J ont été formés dans la trompe, & les deux
i66 UbJ ervatioTis.
autres, celui de Sens & de Touloufe^ Font
été dans la matrice. ,
Le fétus de Sens étoit ramaffé en boule ,
ayant les extrémités du corps pliées de ma¬
nière à favorifer Farrondiflement de la mafTe ,
les tégumens fort durs , les doigts des pieds
comme pétrifiés, & fi ferrés, qu’ils repréfen-
toient Ÿ ouvrage d’un Statuaire, qui les auroit
Obfervâtions. i 6 f
mort, caufée par des acçidens tout-à-fait in-
dépendans; de cette ; circonftânce.
On lit dans la Bibliothèque Italique , an¬
née 172,8 , tome ï\ une OÊferyation fur üii
fétus qui a refié près de quinze ans dans lé
ventre, & a été trouvé hors de la matrice;
& renfermé dans fes membranes, fans être
corrompu; ni defféché; mais gras, frais* &
plein dé fuc, quoique la mere fut morte de
la maladie vénérienne.
VI. ÔBSERVÀTÎON.
Sur La Membrane Hymen,
T 5 On a dit que dans les Filles, quLn avoieht
JL à permis dans le vagin Fintroduêlion d’au¬
cun corps capable d ’y faire violence, on troti-
voit, pour l’ordinaire a fon orifice, un cerclé
charnu & membraneux , parfemé de vaifîeàux
capillaires fànguins. Ce cercle a une ouver¬
ture pour l’écoulement des menftrues ; elle
efl fi petite dans le premier âgé, qu’à peine
ün petit pois pourroit la traVerfer f elle fe
dilate dans la fuite peu-à-peu, enforte que dans
les adultes , elle pourroit admettre rextrémitê;
- - Z
.11 6 8 Obfervadons .
du petit doigt. Les Anciens Font nomme Hy¬
men; fon intégrité a été regardée comme^m
témoignage certain de la virginité, & Ton a
jappellé Fleur de virginité^ l'écoulement fan-
‘guin qui accompagne ladivifion de ce cercle,
|ou pour mieux dire, celle des vaiffeaux qui
s y diftribuent, occafionnée par laf partie du
mâle, dont on à cru Fintromiffion néceffairé
pour la génération ; mais depuis que l’expé¬
rience a fait voir que la génération a eu lieu,
fans que Fon pût foupçonner aucune intro-
miffîon, vu l’extrême rétreciffement du va¬
gin, Fon a ceffé de regarder l’intégrité de ce
cercle, comme une preuve abToluè delà fa-
geffe d’une fille, mais feulement comme une!
préfomption avantageufe pour celle en qui;
elle fe rencontre.
VII. O B SE RVATIO N.
Sur l’extrême rétreciffement de Vorifice du
Vagin.
O N lit , dans FHifiôire de F Académie
Royale des Sciences, année 174S, qu’u-
1e Femme de Brelt avoit le vagin fi étroit.
UbJ try allons . 169
[qu’à peine il permettoit l’entrée d’un tuyau
[de plume. Malgré cette difpofition, elle de¬
vint enceinte, & accoucha heureufement après
trois heures de travail, d’un,enfant fort ôd
puifiant. On trouve un femblable cas dans
l’Hiftoire de la même Académie, année 1712,J.
avec cette ; différence feulement que dans ce
dernier, le vagin commença g fé dilater dès
le cinquième mois; au-lieu que dans la femme;
de Breft, la dilatation ne fe fit qu’au moment!
! des plus fortes douleurs,,'& qu’il fallut forcer!
les voies par le moyen du doigt.
On lit dans l’Anthropographie à^ Riolan ,
Livre IX, chapitre 3 5 ; , page 197, qu’une
femme , ( par les cicatrices qu’a voient produi¬
tes les plaies, des parties extérieures de la gé¬
nération, dans un accouchement laborieux,
n’avoit au-dehors qu’une ouverture a. permet¬
tre l’entrée dl un fiilet : malgré cette difpofi-
fion elle devint enceinte, &. accoucha par
des fecours de l’Art/ Qn lit dans le même en-
; droit, qu’une femme-, regardée comme imper-
for ée , ayant accufé fon mari d’impuiflance,
le Juge ordonna la vifite, dans laquelle, à fon
Igrand étonnement, elle fut trouvée enceinte.
eryations «
VIII. OBSERVATION.
&/z<? membrane qui fermoit [orifice du
| euies myrthiformes , une membrane affez forte
qui ferme exaâement ce conduit : cette mem¬
brane ed contre nature, auffi eft-on obligé
:àe la divifer pour procurer Técdulement des
mendrues, dont la rétention pourroit caufer
jdes accidens très-fâcheux.
I V -'M. Saviard , ancien Chirurgien de ^Hôtel-
Dieu de Paris, dit, dans la quatrième de fes
Obfervations, qu’une fille imperforée, par-'
venue au temps de fes écouleqiëns périodi¬
ques, fe trouvant très-incômmodée d’une pe-
fauteur fous les os pubis, fe détermina à l’o¬
pération que Ton jugea néceffaire ; elle fut
ifaité avec une lancette à abfcès, que Y on
plongea dans la tumeur qui fe faifait âpper-
| ce voir à l’entrée du vagin : il en fortit deux
'pintes de fang, qui avoit la conddance de lie
de vin, & une odeur très-fétide ; ce qui en-
gagea le Chirurgien a mettre en mage, pen¬
dant trois -femaines, des injeâions déîérfives,
auxquelles il fit fucceder les defïicafives, qui
terminèrent là guérifon.
Cette memtbrane à donné lieu à des mé-
prifes cohfidérables. On lit dans A. Paré ,
Livre XXIV, Chapitre 5 0 , qu’une hile fut
déclarée enceinte par des Matrones, à caufe
du gonflement confidérable du ventre 5 & de
la tendon de la matrice, que produifbiî un
amas confidérable de iarig menftruel ; mais
cette prétendue gr-offeffe difpafut, lorîqu’on'
eut incifé la membrane, que le fang, dont
jla quantité étoit de Huit livres -, fie fut écoulé,
j * Si les Matrônes, nommées pour juger de
’l’état de cette fille, ayoient bien connu la dif-
pofition naturelle des parties extérieures de
la génération g elles né feroient point tombées
dans une faute auffi grofiiere. Eh 1 à quelles
erreurs ne font point expofées les ignorantes,
qui font obligées de porter leur jugement fur
des filles foupçonnées d’avoir été dédorées.
ervattons.
IX. OBSERVATION,
Sur Le terme de
neuf mois , qui n ejt pas af~
Juré, mais feulement le plus ordinaire, i ac¬
couchementpouvant être retardé, & aller au-
delà de ce terme .
M de la Motte n’adopte point le fentiment
« reçu des Auteurs au fuj-et du terme de;
neuf mois complets. M. Maurice au dit qu’un
jpur de plus ou de moins çaufe toujours quel¬
que çhofe d’extraordinaire dans l’accouche¬
ment; mais M. de la Moite- allure qu’entre
pluAeurs milliers d’accouchemens, il n’en a
trouve que deux Air lefqueis il ait pu comp¬
ter juAe pour, le terme de neuf mois; U ajoute
n’avoir jaijaais remarqué que quelques jours
de plus ou de moins , fuffent d’aucune, cpnfé-
quençe au terme de la grofleife. Un enfant,
Obfervàtiojisi ij |
au treizième mois : on ne doit point regarder
ces accouchemens avancés ou retardés , com¬
me l’effet de quelque accident particulier,
mais plutôt comme le produit d’une nourri¬
ture plus ou moins abondante que le fétus a
prife dans le commencement de la grofTeiTe
pour fon entière formation, & qui le met en
état de faire, fur les parois de la matrice, des
jirritations plus OU moins fortes, capables de
jla mettre en contra&ion , c’efl-à-dire, de pro-
jeurer un refferrement qüi produiféTà fortie
Idu fétus ou l’accouchement.
X. OBSERVATION.
Sur un moyen peu iijitè de rappeller a la vie
un enfant nouveau nè qui fembloit en être
privé , pour avoir eu le cordon ombilical j
long-temps comprime.
O N lit dans le fécond voulume du Traité
des Accouchemens de M. Smellîé , Doc¬
teur en Médecine, Recueil 21, Obfervation
II, que cet habile Accoucheur Anglois, après!
avoir donné fes foins à une femme dans uni
accouchement contre nature, il jugea par lej
174 Ubjervations.
défaut de battement des artères du • cordon
ombilical * qui avoit été long-temps compris
me, que l’enfant étoit dans un péril imminent:
de perdre la vie. Les fecours ordinaires em¬
ployés en pareils ca§ * & dont oh a fait men»
tion, page 6 8, ayant été inutiles, il imagina
de faire paffer de l’air, dans le poumon, au
| moyen de la fonde à : femme, qu’il mit dans
la bouche. À peine l’air y fut-il introduit,
•que l’enfant fe mit à bâiller, & ce fecours,
; répété par intervalle , le fit revenir éntiëre-
'mento
Objervàtionsï ïyj
lëûoùooà
XL OBSERVATION;
ir un nouveau moyen de remédier aux accu
dens produits par le féjour de quelques
portions du Placenta , reflets dans la Ma*
trice.
(N trouve dans le troilîeme volume des
Mémoires de F Académie Royale de
rurgié i, année 1757, un moyen imaginé
Mi Rëcolin , Membre de cette Acade-
, pour prévenir, ou faire celer les acci-
5 fâcheux qui proviennent dé réitération
Quelque portion du placenta, tedée daiis
latnce. Ce moyen 5 qui a été employé
ieurs fois avec un heureux füccésy cori-
dans Fiifage répété dés inje&ioils d éâü
ë, faites dans la matrice même > aïiftioÿëii -
le feringue à femme, dont le tuyau fera
gé, comme il convient,- pour être porte ;
s la cavité de ce vifcere. On conçoit âi-j
eut que l’eau pénétrant la fubftance dé,
portions du placenta , les met comme
dilfolution ; ce qui en facilite la fortie,
eft déterminée d’ailleurs par les chdcl
1 1 y 6 Obfervations.
|réitérés de l’eau pouffé e à chaque injec-
jtion.
XII. OBSERVATION.
Sur l'expérience quon a coutume de faire fur
le poumon d'un Enfant , pour juger fi la
mere , accufée de l'avoir détruit , efl coupa¬
ble , ou non.
\ |^Uolque l’expérience du poumon jette
| dans l’eau femble être décifive, comme
il efl dit, page 28-, - pour abfoudre ou con-
|; damner une mere accufée d’avoir détruit fon
j[enfant ;, cependant il efl prouvé par piufieurs
[faits que cette expérience ne montre pas in-j
| faillibîetnent que l’enfant foit né mort, ou s’il
[a vécu; qüelque temps après fa naiffance.
L’on a obfervé que les poumons d’un en¬
fant mort dans le fein de fâ mere> nagent
quelquefois fur l’eau ; ce qui arrive, fi, des
qu’il efl né , on lui foufîle dans la bouche ,
ainfi que le pratiquent quelques Sages-Fem¬
mes, quand elles doutent de fa vie. Cela ar
rive encore lorfque l’enfant efl mort long¬
temps avant de naître, la pourriture produi-
Ubjervations-. ' • ijj\
iast dans les poumons une raréfa&ion qui les;
[fait furnager, comme on voit dans les rivières!
des gens noyés flotter fur l’eau après avoir;
été long-temps au fond.
Quoique l’enfant foit né vivant, fes pou- 1 ;
mons ne laifFent pas quelquefois que d’aller
au fond; cela arrive, lorfque l’enfant, quoi-;
qu’il foit né, ne refpire point, & meurt dans
jcet état : car c’eft une erreur de croire que
;fenfant ne nuifTe vivre quelque temps fans
Obfervations .
Il arrive quelquefois que de plaideurs mor¬
ceaux qu’on a coupé au poumon d’un enfant
qui aura vécu, les uns enfonceront dans l’eau J
les autres furnageront ; ce qui vient de ce!
qu’auffi-tôt que l’enfant eff né, toutes les par¬
ties du poumon ne fe rempliffent pas d’air éga¬
lement , parce qu’il faut aux unes plus de tems
pour l’admettre, & aux autres moins.
L’on a vu un enfant qui ayant pouffé quel-:
ques cris après fa naiffançe, &par conféquentj
ayant refpiré, fut mis en terre, quoique vi¬
vant , d’où étant retiré, fes poumons enfon¬
cèrent dans l’eau comme une pierre.
Il réfulte de ces faits que fi d’après l’expé-:
fience des poumons, l’on ne peut tirer une
conféquencê abfolument décrive, elle" fournit
‘du moins des motifs très-forts pour engager,
. les Juges à examiner foigneufement la conduite
de la mere, qu’on accuferoit d’avoir tué font
|enfant, fur le corps duquel un Chirurgien,
éclairé & attentif , pourra d’ailleurs dikerner
les caufes violentes de fa mort.
I F I N.
Contenus dans ce Traité,
''U Es qualités requifes aux.femmes qui. fq
dejlinent cl. l’Art des Accoucher j
mens. Page i
Ch AP. II. De la Matrice , 14
Ch AP. IÏI. Du Vagin. iB
1 Ch ap. IV. De la gènérœtwm de. I’Homme. z,z
; Ch AP. Y* Du Fétus y du F lac entq y du Cor¬
don ombilical y &c. 24
iCHAP. VI, De la vraie & de la fauffe Grof
Chap. VIL De F Attouchement y improprement
appelle Toucher . 3 1
Ch AP. VIII. De la nécejjité de la faignée dam
la Grojfejfe. y t
,Chap 5 IX. Du faux germe & de la mole, y
|A,HAP. A. Jue La jaujje-couctie % ou de L avor¬
tement. 41
Chap. XI. De la fauation naturelle de l’en¬
fant dans la matrice . 47
Ch AP. XII. De la préparation a Taccouche¬
ment naturel. 50
CHAP. XIII. De l’accouchement naturel. 56
|ChAP. XIV. De la manière de lier le cor-
ChAP. XV. De la maniéré de délivrer lafem-
Chap. XVI. De la maniéré dé emmailloter
V enfant. 74
ChAB. XVII. De la maniéré d’accommoder
l’Accouchée , & du régime,quel¬
le doit obferver. 7 J
GhaP. XVIII. Des tranchées qui arrivent a
lé Accouchée ? des hémorrhoides
& de la née effilé de b affiner la
partie. 83
Ch AP. XIX. Du dévoiement quifurv lent a la
■ la femme les premiers jours des
couches. 85
[ Ch AP. XX. De V Accouchement laborieux a
caufe du paffage trop étroit , &
des. vices, de conformation. 87
DES CHAPITRES. ,8t
CH AP." XXI. De F Accouchement où lenfant
ejl arrêté au paffiage par des
épaules trop larges. 90
Ch AP. XXII. De la difficulté d'accoucher,
lorfque lorifice de la matrice\
fe rejferre tout- cl- coup, après
avoir laiffiépaffier la tête. 92
CHAP, XXIil. De l'Accouchement où la ma¬
trice précédé la fortie de Fm-
jChAP. XXIV. De T Accouchement accompa-
~ gné du relâchement du Vagin,
Chap. XXV. Des diffiérentes obliquités de ta
Matrice. 98
Chap. XXVIi De lAccouchement où l'En¬
fant préfente un pied, ou tous
lès deux enfemblè. 163
Chap. XXVII . De FAccouchement où l'en¬
fant préfente les genoux, ou le
fondement. 108}
I ChAP. XXVIII. De l'Accouchement où F en-\
faut préfente le ventre, la poi-\
trine, ou le dos.
ChAP. XXIX. De F accouchement où Fe ;
pré fente le bras ou le coude .
-ant\
i8t TA B L È-, &c.
ChAP; XXX. De F Accouchement où F enfant
préfente F épaule , F oreille ou
le menton, ng
ChÂP, XXXI. De F Accouchement où fe ren¬
contrent plufieur s enfans. i17
Ch AP; XXXII. De F Accouchement où le cor¬
don fe préfente le premier avec !
'quelque partie de F enfant, ni
ChAP; XXXI II, De F Accouchement de F en¬
fant mort ) & de la tète réfléè .
dans la matrice. nz)
Ch AP. XXXIV .De F arriéré-faix adhérent J
& de la matrice renverfée: 1 irj\
ChAP. XXX-VV De la perte de fa-hg qui pré -j
cédé ou accompagne T accouA
chement y & de celle qui le
ChAP. XXXVI. Des Convulfons & de la Lé¬
thargie , qui furvicnnent a la
Femme dans le travail. 134
rélaxa¬
tion de la matrice^. 13 (
ChAP. XXX V I II. Des qualités requifes a unt
cerne ou
bonne Nourrice.
Fin de la Table des Chapitres,
DES OBSERVATIONS
Sur des cas fnguliers , ajoutes à
de T Auteur.
PREMIERE ObSË ÜV AT I O N
t r plusieurs exemples de double matrice.
Page 145
)bs. Sur les vices de Conformation dubaf
III. (JBS. dur un retus de vingt-un mois, qui
fut retiré de la trompe droite de
la matrice -, fans que la mere en
foit morte. 15 o
IV. Obs. Sur un Fétus tiré du ventre de fa
mere par le fondement. 154
V. Obs. Sur dès Fétus qui ont demeuré plu-
fieuts années dans le ventre de
leur mère , fans fe corrompre.
184 TABLE, &c.
VI. Obs. Sur la Membrane Hymen. 167
VIL Obs. Sur rextrême rétrecijfement dé l'o¬
rifice du Vagin. 168
VIII. Obs. Sur une membrane qui fermoit l’o¬
rifice..du. Vagin. .. 170
IX. Ob'S. Sur le terme de neuf mois, qui nejl
: ,pas ajfuré, mais feulement le
plus ordinaire , Vaccouchement
pouvant être retardé, & aller au-
delà de ce terme .
)bS; Sur un moyen peu ufité de rqppeller\
à la vie un enfant nouveau nè
qui fembloit en être privé, pour\
avoir eu le cordon ombdical\
long-ternps comprimé. .173
Obs. Sur un nouveau moyen de remédier j
: y aux accidens produits par le
féjour de quelques portions du
Placema^refiées dans la ma¬
trice. rarx 175
Obs .. Sur Vexpérience qu on , a coûtante
éde faire fur le poumon d’un en-
. faut , pour juger fi là mere , ac-
. cufée de l’avoir détruit , efi cou-
- pableou non. 176
Fin de la Table des Obfervations.
Extrait des Regijlres de VAcadémie de
M Ümeurs Verdier 6 c Levret , qui avoient
été nommés par l’Académie, pour exa¬
miner une Machine, inventée par la Dame
du Coudray , MaîtrdTe Sage - Femme, reçue
à Paris, établie à Clermont en Auvergne,
mens, en ayant fait un rapport tres-avanta-
geux, F Académie a jugé cette Machine digne
de fôn approbation. En foi de quoi j’ai donné
le préfènt Extrait de nosRegiflres, ce premier
Décembre 1758.
M O R A N D, Sécrétaire perpétuel.
J ’AI examinée, par ordre de Monfeigneur
le Chancelier, un Manufcrit intitulé : Ab-
[brêgéde F Art desAccouchemens , ou T on dorme
des préceptes nécejfaires pour le mettre heureu-
\fement en pratique , par Madame le Bourjier
j dp Coudray % Maîtreffe Sage-Femme de Paris.
Je nai rien trouvé dans cet Ouvrage qui puiffe
en empêcher l’impreffion ; & je le crois très-
utile aux Sages-Femmes de la Campagne , peu
fufceptibles d’inftru&ions plus étendues* A
Paris ? ce z Juillet 1757.
M GRAND, Çenfeur Roy ah
Approbation de M. Sue rainé. Maître
Chirurgien & Accoucheurancien Prévôt du\
Collège des Chirurgiens de Paris , & Adjoint
au Comité dé VAcadémie Royale de Chi¬
rurgie.
J ? Ai lu, avec attention , XAhhrégé de F. Art
des Accouchetnetis, compofé par Madame
le. B ourjîer du Cou dray, ancienne Maîtreffe
Sage - Femme de Paris. Jpet Ouvragé, qui
çf abord n’avojt été entrepris que pour i’inf-
fruÊüon des Sages-Femmes de Campagne, m’a
paru pouvoir être très-utile à celles des Vil¬
les, par le grand nombre de remarques de!
pratique que Y Auteur a jugé à propos dyj
inférer : & fi l’on a égard aux Obfervations
iingulieres que l’Editeur a placées à la fin de!
ce Traité, l’on conviendra que la leéhire nem
peut être que très-intéreffante. A Paris, ce'
20 Décembre 1758, Signé, SUE.
•gHfH
PRIVILEGE DU ROI.
"T OUÏSj par la Grâce de Dieu, Roi de France
1 a 8c de Navarre : a nos amés 8ç féaux Confeillers,
les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des
Requêtes ordinaires de notre Hôtel , Grand Çonfeil,
Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieute-
nans Civils 8c autres' nos Jufticiers qu’il appartien¬
dra ; Salut. Notre amée Dame le Boursier du
Coudray, Maîtreffe Sage-Femme de Paris, P en lion-
naire du Roi pour démontrer l’Art des AcçoucHemens
dans tout le Royaume, Nous a fait expo fer qu’elle dé-
lîreroit faire réimprimer 8 c donner au Public ; VAb-
brégé de l’Art des Accouchement ; s’il Nous piaifoit lui
accorder nos Lettres de renouvellement de Privilège
pour ce nécéffaires. A ces causes , voulant favorable¬
ment traiter l’Expofante, Nous lui avons permis &
permettons par ces Préfentes, dé faire imprimer ledit
Ouvrage autant de fois que bon lui femblera, 8c de
le vendre, faire vendre 8c débiter par tout notre
Royaume pendant le temps' de fix années, çonfécuti-
ves, a compter du jour de la date des Préfenîes.
Faisons défenfes a tous 1 Imprimeurs , Libraires, 8c
autres perfonnes , de quelque qualité 8c condition
qu’elles foient, d’en introduire d’im preflion étrangère
dans aucun lieu de notre, obéiflance : comme auflï
d’imprimer, ou faire imprimer, vendre, faire ven¬
dre, débiter,'pi contrefaire ledit Ouvrage,'ni d’en
faire aucun Extrait fous quelque prétexte que ce puiffe
être, fans la permilTîon expieffe 6c par écrit de ladite
Expofantè , ou de ceux qui auront droit d’elle, à
peine de cpnfifçation des Exemplaires contrefaits, de
trois mille livres d’amende contre chacun des con-
rrevenans, dont un tiers a Nous, un tiers a l’Hôtel-
Dieu de Paris, de l'autre tiers a ladite Expofante, ou
a celui qui aura droit d'elle , de de tous dépens, dom¬
mages de intérêts. A la charge que ces Préfentes fe¬
ront enregifirées tout au long fur le Regiftre de la
Communauté des Imprimeurs de Libraires de Paris,
dans trois mois de la date d’icelles i que l’imprefTion
dudit Ouvrage fera faite dans notre Royaume de non
ailleurs, en beau papier, de beaux carâéteres , confor¬
mément aux Réglemens de la Librairie^ de notam¬
ment a celui du dix Avril mil fept cent vingt-cinq, a
peine de déchéance du préfent Privilège î qu’avant de
•l’expo fer en vente, le manuferrt qui aura fervi de co¬
pie a rimpreffion dudit Ouvrage, fera remis dans, le
meme état où l’approbation y aura été donnée, ès
mains'de notre très-cher de féal Chevalier, Chance¬
lier de France, le Sieur de Lamoignon , de qu’il en
fera enfuite remis deux Exemplaires dans notre Biblio¬
thèque publique, un dans celle de notre Château du
Louvre, un dans celle de notredjt fleur de Lamoignon,
& un dans celle de notre très-cher de féal Chevalier,
fur ce requis, de faire pour l'exécution d’icelles tous
adles requis 8 c néceffaires, fans demander autre per-
miffion y 8 c nônobftant clameur de Haro, Charte-Nor¬
mande 8 c Lettres a ce contraires; Car tel eft notre
plaifir. Donüé a Paris le premier jour du mois de
Juin Pan de grâce mil fept cent foixante-huit 8 c de
notre Régné le cinquante-troifieme. Par le Roienfôn
Confeü. LE BEGUE.
Regîflrë fur le Regiftre XIV> de la Chambre Royale
des Libraires & Imprimeurs de Paris y N Q . 444 y fol.
393 y conformément aux anciens Régiemens y confirmés
par celui du 28 Février 1723. A Paris y le 22 Décem¬
bre 1758^
Pi G. LE MERCIER j Syndic .